vendredi 20 avril 2018

Parc des capucins : ne lâchons pas


L'association des Amis du domaine des Capucins qui avait fait des recours contre le saccage et la bétonisation du parc des capucins annonce ce matin que ses recours contre le permis de construire délivré par la ville ont été débouté pour vice de forme.

L'association avait tout d'abord remis un recours gracieux à M. le maire pour demander l'abandon de ce projet qui va détruire le dernier espace vert naturel en coeur de ville d'Annecy. 13 000 m² de nature préservée, d'arbres centenaires, un véritable havre de paix, de sérénité et de fraicheur en plein coeur d'un quartier populaire... Voilà ce que le maire a décidé de saccager au profit de ses amis promoteurs.

Je rappelle que, sous la pression populaire et nos différentes interventions en conseil municipal, après un premier projet qui incluait la destruction de l'église et du couvent, la ville avait préempté pour "sauver le parc et l'ouvrir au public". Ces déclarations ont été faite devant le conseil municipal, de façon officielle.

Depuis le maire, qui n'a aucune parole, s'est renié. Il s'est fait parjure devant la représentations des citoyens, et devant les citoyens eux-mêmes. 

Après ce recours gracieux, dont la réponse du maire fut certes négative, mais surtout indigne par sa violence et ses menaces de la fonction même de maire, l'association, n'ayant pas le choix, a déposé un recours contentieux devant le tribunal.

Elle avait également alerté le promoteur de sa démarche comme cela était mentionné dans le permis de construire. Mais le permis de construire ne mentionnait pas l'obligation d'avertir la ville. Cette obligation figurait sur les panneaux posés sur le terrain, bien en retrait de la route, et loin des regards, dans les petites lignes en bas.

La ville a donc décidé de plaider le vice de forme n'ayant pas été avertie par lettre du recours. Le tribunal lui a donné raison. Le recours de l'association qui avait fait un travail urbanistique, de collecte d'informations, de détricotage du permis, etc... avec l'aide d'avocats qui ont couté plus de 3500 €... ne sera jamais ouvert sur le fond. 

La voie juridique s'arrête là. Elle me laisse un sentiment de révolte, de colère et de tristesse. Colère contre un maire qui ment et se parjure. Révolte contre une justice qui ne sert que l’intérêt des plus puissants, de ceux qui peuvent se payer des avocats aux frais du contribuable en plaidant l'ignorance du recours alors que toute la presse en parlait et qu'un recours gracieux avait été envoyé. Tristesse pour ce parc, ces arbres (je sais que pour M. le maire, les arbres en pleine terre ça n'a pas d'intéret. On plantera quelques pelouses sur des dalles en béton pour faire du "green washing") mais surtout pour les Annéciens, ceux qui vivent et habitent les quartiers et qui sont toujours bon à vivre dans la grisaille et le béton, pendant que les bords du lac et le centre-ville auront droit à leurs parcs.

On peut toujours faire des couverture de bulletin municipal en papier glacé vantant la nature en ville à Annecy... On peut toujours faire des grands discours sur le respect de l'environnement et saccager des parcs quand tant d'autres villes essaient d'en reconstruire. On peu toujours parler de la nécessité de construire des logements à Annecy et EN MEME TEMPS sanctuariser des hectares d'un aérodrome pour quelques bobos en mal de grands frissons aériens ou de quelques oligarques russes en mal de blanchiment d'argent sale.

Ce maire a depuis bien longtemps choisit son camp : celui de l'argent des promoteurs, du saccage de la nature en bords de lac, au Semnoz ou aux Capucins , celui des touristes fortunés du centre-ville au détriment des habitants qui pourtant SONT Annecy.

Pour ma part, parce que je crois que c'est l'histoire d'Annecy et que c'est cette Annecy que j'aime, j'ai choisi un autre camp celui du Docteur Servettaz qui disait : "On ne bâtit pas des arbres centenaires, c'est un héritage à transmettre". Le même docteur Servettaz, adjoint d'un grand maire classé pourtant au centre droit, qui s'est battu pour le Semnoz, pour les bords du lac et pour le respect du Fier.

Si l'action juridique est maintenant éteinte, l'action citoyenne doit continuer. Je ne me résous pas à abandonner ces arbres et les habitants de ce quartier à ce triste sort que le maire leur promet. Nous allons nous réunir avec Claire et Evelyne pour envisager ensemble les actions possibles à mener.

Ce patrimoine a besoin des Annéciens, de leur mobilisation. Ne détournez pas le regard, ne tournez pas la tête : regardez-le en face. Ces arbres, cette histoire ont besoin de vous. 

Vous êtes aujourd'hui le seul rempart entre leur écorce et les tronçonneuses.

2 commentaires:

  1. D'accord... mais que peut-on faire qui puisse être efficace ?

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  2. Sur la seule forme , plutôt qu'accabler la justice un peu vite , je m'en prendrais davantage aux avocats qui ne connaissent pas leur boulot .

    R.JULIEN

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