lundi 12 mars 2018

Vote des canons à neige au Semnoz ce mercredi


Comme je l'annonçais récemment sur ce blog, le SIPAS (Syndicat Intercommunal pour la Protection et l'Aménagement du Semnoz) se réunira ce mercredi 14 Mars à 18h dans la salle hors sac alpin de la station pour voter son budget.

Ce budget contient la mise en place de canons à neige au pied des pistes.

J'ai dit mon opposition à cette fuite en avant, à ce gaspillage d'argent public alors que tous les experts en climatologie ainsi que la cour des comptes, prônent de se tourner vers d'autres solutions pour adapter les stations de moyenne montagne au changement climatique.

Une entreprise privée, face à une telle incertitude sur la rentabilité effective d'un tel investissement, n'aurait jamais pris une telle décision. Mais avec l'argent public, c'est différent...

Cette décision a été prise pour faire plaisir à des lobbys, des personnes dont la courte vision empêche de penser l’intérêt collectif mais ne pensent que leurs intérêts individuels. Malheureusement c'est devenu une habitude à Annecy avec ce maire qui n'écoute que les bétonneurs, les chantres du fric et du bling-bling et en oublie son rôle de protecteur de l’intérêt général.

Au passage je regrette tout l'égoïsme de certains citoyens, en particuliers certains parents d'élèves, qui ont signé des pétitions sans connaitre le fond du sujet. J'espère qu'ils ont bien évalué les conséquences de leur prise de position et sont fiers de la planète qu'ils souhaitent laisser à leurs chers bambins.

Politiquement, les fossoyeurs du Semnoz s'appellent Francoise Camusso (présidente du SIPAS) et Pierre Hérisson (vice-président), Jean-Luc Rigaut (président du Grand Annecy qui leur a donné sa bénédiction) et Frédérique Lardet (députée LREM qui soutient à fond ce projet). Je n'oublie pas les élus du SIPAS qui votent pour, et tous les élus locaux qui n'ont rien dit.

Tous ces gens en ont plein la bouche de l'écologie et du respect de l'environnement. Pour faire de grands discours ils sont tous présents mais pour agir... plus personne.

Cet épisode montre comment une poignée d'élus fait selon son bon vouloir, sous influence des lobbys locaux. Comment cela est rendu possible par l'indifférence des citoyens qui ne pensent qu'à leur intérêt personnel et comment malgré les messages alarmistes de tous les scientifiques du monde, la prise en compte du changement climatique et notre adaptation à celui-ci pour nos enfants et petits-enfants n'est que Paroles... Paroles... Paroles...

Les Annéciens (avec tout ce brassage qui fait perdre la mémoire et rend indifférent les nouveaux arrivants aux combats qui ont commencé hier et se poursuivent aujourd'hui) sont devenus des enfants pourris gâtés égoïstes. Ils ont les élus qui leurs ressemblent.

En lisant hier soir "L'eau et les rêves" de Gaston Bachelard je suis tombé sur ce passage où il cite Marie Bonaparte (femme de lettres et psychanalyste française) qui écrit dans son ouvrage Edgar Poe, Etude Psychanalytique  (p. 371):

" Ce n'est pas parce que la montagne est verte ou la mer bleue que nous l'aimons, même si nous donnons ces raisons à notre attrait, c'est parce que quelque chose de nous, de nos souvenirs inconscients, en la mer bleue ou la montagne verte, trouve à se réincarner. Et ce quelque chose de nous, de nos souvenirs inconscients, est toujours et partout issu de nos amours d'enfance, de ces amours qui n'allaient d'abord qu'à la créature, en premier lieu à la créature-abri, à la créature-nourriture que fut la mère ou la nourrice... "

J'ai alors compris pourquoi ces attaques répétées contre notre environnement, au Semnoz, au bord du lac, le long du Fier, aux Capucins, me touchaient tant. Ils touchent au lien profond qui unit chaque femme et chaque homme à la nature, chaque véritable Annécien à sa montagne, ses rivières, ses arbres et son lac. En attaquant ainsi notre environnement, ils s'attaquent à notre Pacha Mama, cette mère de toujours qui nous accompagnera tout au long de notre vie, nous régalant souvent généreusement et sans contre-partie de ses bienfaits et de ses cadeaux.

Il existe, pour moi, une différence fondamentale (bien que la frontière soit difficile à tracer) entre l'apprivoisement de la nature (pour satisfaire l'homme et ses besoins dans un respect mutuel) et sa domination, qui comporte un aspect essentiellement prédateur.

1 commentaire:

  1. Vous avez du lire Jean Cazeneuve ( L'ethnologie 1967 ):" la distinction entre les deux types de vie matérielle, celui qui consiste à piller la nature et celui qui la transforme....correspond à quelque chose de très profond."

    R.JULIEN

    Aussi profond que ce qui sépare le consommateur du citoyen .( Hegel aurait dit " le bourgeois et le citoyen " ).

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