mardi 20 février 2018

Rapport de la cour des comptes sur les stations de ski et le réchauffement climatique

La cour des comptes a remis, il y a quelques jours, un rapport intitulé : "Les stations de ski des Alpes du Nord face au réchauffement climatique". Ce rapport est visible sur internet à l'adresse suivante : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/14-stations-ski-Alpes-nord-face-rechauffement-climatique-Tome-2.pdf 

Mme Camusso et M. Herisson, présidente et vice-président du SIPAS qui gère le Semnoz et se prépare à mettre des canons à neige seraient bien inspirés de le lire avant de faire n'importe quoi avec l'argent public.

Voici quelques extraits de ce que l'on peut lire dans ce rapport  :

"1 - Un déficit d’enneigement désormais visible

a) Une dégradation de l’enneigement en début et en fin de saison

 L’exploitation de séries longues de température et d’enneigement permet d’illustrer, aux différentes altitudes de l’échantillon examiné , l’évolution de l’enneigement naturel des stations de basses et moyennes montagne. Sans être prédictive pour un massif donné, ou pour l’altitude critique à l’horizon 2050, ces données confirment l’ampleur de la baisse de l’enneigement de début et de fin de saison pour les stations les plus basses comme Les Gets (1 172 m) ou Pralognan-la-Vanoise (1 420 m).

Ces projections illustrent les défis auxquels doivent faire face les domaines skiables dont l’altitude moyenne est inférieure à 1 700 m, soit la totalité d’entre eux dans l’Ain et la Drôme, 85 % en Haute-Savoie, 72 % en Isère et 28 % en Savoie."

Plus loin 

"Le déficit d’enneigement fragilise plus fortement encore les saisons en basse et moyenne montagne.

La viabilité économique de l’exploitation d’un domaine skiable suppose une durée minimale d’ouverture de 100 jours (généralement entre le 1er décembre et le 15 avril).

En réduisant la période ou le périmètre de « sûreté en neige » 327 l’élévation de température affecte la fréquentation dans des proportions qui peuvent devenir critiques pour l’équilibre des finances locales. Le SIVU des sites alpins Saint-Pierre-de-Chartreuse-Planolet gère en régie la station éponyme située entre 900 et 1 789 m. Orienté plein sud, ce domaine souffre d’un déficit croissant d’enneigement. L’insuffisance d’enneigement durant sept saisons a placé le SIVU en déséquilibre budgétaire, le contraignant à surseoir à divers investissements et à différer des visites de sécurité. Son besoin de financement a été reporté sur les collectivités adhérentes, les plaçant à leur tour en difficulté, notamment Saint-Pierre-de-Chartreuse, qui a dû mettre en œuvre un plan de redressement assorti d’une forte hausse des impôts locaux. Après la dissolution du SIVU dans le cadre du SDCI, l’activité a été transférée à la communauté de communes, et le passif réparti entre les communes."

Encore plus loin 

"2 - Des interventions privilégiant le court terme

La préconisation du rapport de la Cour de 2011 relative aux nouveaux investissements, soulignait la nécessité d’une appréciation du risque et de la soutenabilité financière. Les politiques d’équipement mises en œuvre méconnaissent pour certaines ces préoccupations de moyen terme. L’objectif de préservation d’un enneigement suffisant conduit à recourir à des expédients coûteux qui seront difficilement soutenables : aménagement de nouveaux espaces skiables, déplacement en altitude, remodelage des pistes, apports de neige artificielle."

Et l'on peut lire

"b) L’enneigement artificiel : une solution partielle et onéreuse 

Initialement destinée à compenser des manques ponctuels, la neige de culture est aujourd’hui généralisée avec un taux d’équipement des stations de 32 % et qui progresse, conforté par des politiques publiques facilitatrices. La production de neige nécessite cependant des températures suffisamment basses, désormais moins fréquentes en début et en fin de saison, mais aussi une ressource en eau dont la production, le stockage et le transport incombent souvent aux collectivités publiques."

Pour enfoncer le clou

"Qu’il s’agisse de dispositifs d’enneigement ou de retenues collinaires nécessaires à leur fonctionnement, ces investissements impliquent des financements importants engageant les collectivités sur le long terme alors que l’aléa climatique s’accroît.

En sécurisant l’enneigement ou en permettant l’ouverture d’espaces nouveaux, l’enneigement artificiel conforte les grandes stations d’altitude (Morzine, Tignes, Les Deux-Alpes, Chamonix) sur un marché concurrentiel, tandis que, pour les stations de basse et moyenne montagne, il ne permet, au mieux et à un coût élevé, que la préservation d’un enneigement minimal qui ne dissuade pas les skieurs, grâce aux forfaits inter-domaines, de se déplacer vers les domaines les plus élevés ou les mieux enneigés. "

Alors que faire ?

"B - Un développement durable et plus diversifié

Outre une contribution nécessaire aux préoccupations environnementales, le tourisme en montagne doit rechercher une diversification prudente de l’offre d’activité et préparer la reconversion des sites les plus menacés.

1 - Mieux intégrer les préoccupations environnementales

Les objectifs environnementaux sont insuffisamment pris en compte dans l’exploitation des installations existantes comme dans les projets de développement."

Ou bien encore 

"2 - Diversifier les axes de développement

Indépendamment de l’aléa climatique, la baisse de fréquentation résulte également d’évolutions sociologiques. La pratique du ski tend à se réduire pour les nouvelles générations, et les touristes hivernaux mettent en concurrence la montagne avec des destinations moins onéreuses et climatiquement moins aléatoires. Dans ce contexte, les stations doivent à la fois rechercher une diversification mesurée de leur offre d’activités, voire une reconversion, et mieux accueillir les touristes."

Pour finir

"Une transition rapide des stations les plus basses, aux finances fragilisées, souvent proches des grandes agglomérations alpines, vers un tourisme de proximité diversifié et mieux réparti entre les saisons, permettrait de limiter des cessations d’activité traumatisantes."

Dans tout cela je ne vois rien qui pousse les experts en finances publiques à faire dépenser entre 600 000 et 800 000 euros pour investir dans des solutions du passé, les canons à neige, écologiquement discutables, à la capacité de production aléatoire (selon les températures) et à la rentabilité plus que discutable à moyen terme.

Mais à Annecy on est surement meilleurs que tout le monde !


1 commentaire:

  1. Ils sont totalement inconscient. Comme s'il n'y avais rien de plus important à faire.
    J'habite à 650 mètres d'altitude. J'ai 82 ans. j'ai connue des années ou la neige tombait en une couche de plus de 35 centimètres en novembre, et disparaissait en mars. Cette année, il y a eu plusieurs chutes de neige, jamais plus de 3 centimètres. elle n'as jamais tenue plus de 1 jour 1/2

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