lundi 5 février 2018

Notre vote sur les subventions aux associations


Ce lundi soir 05 février aura lieu le conseil municipal où seront présentées puis votées les montants des subventions aux associations de notre ville.

Comme beaucoup, je me réjouis du dynamisme de nos associations et de leur diversité : sport, culture, loisirs, petite enfance, sénior, social, militante, etc... toutes ont un intérêt pour la ville et ses habitants. Elles sont le ciment de notre cohésion, de notre vivre ensemble. Elles doivent être choyées car il ne faut jamais oublier que 90% des actions menées par les associations le sont à titre bénévole, gratuitement.

La ville verse des subventions aux associations pour deux raisons : 1) parce que ces associations font des "travaux" qui normalement devraient être assumées directement par la ville (on peut penser par exemple aux crèches associatives, ou aux MJC), 2) pour permettre un dynamisme de rayonnement, d'animations, de vivre ensemble.

Voila un peu plus d'un an, les 6 communes ont fusionné donnant naissance à une des communes les plus riches de France. On s'attendait à ce que cette bonne santé financière profite aux habitants et aux associations. Il n'en sera rien. Ce lundi soir, la majorité proposera que le "gros lot" ou le "pactole" (pour reprendre une expression utilisée dans la presse qui de mon point de vue n'a aucun sens) en stagnation par rapport à l'année dernière. Pas un centime de plus !

Pourtant,
côté recettes (entrées d'argent pour la ville) : on estime que la hausse des montants des impôts payés par les contribuables en 2018 sera de +5.5%. Avec la croissance économique qui est là, l'argent (droits de mutation, contribution genevoise, etc...) sera au rendez-vous. De son côté, pour la première fois depuis bien longtemps, l'Etat ne réduira pas ses dotations cette année.

côté dépenses (pour les associations) : l'inflation (qui mesure la hausse des prix) est estimée à 1.5% pour cette année. Cela signifie que la ramette de papier, les stylos, etc... risquent fort de voir leurs prix augmenter. Je ne parle même pas des associations qui se payent leurs fluides (eau, chauffage, électricité). Ne pas augmenter les subventions, c'est réduire de fait le pouvoir d'achat et donc d'action des associations. 
Quant aux associations qui ont du personnel, elles sont soumises à des obligations salariales de diverses natures (ancienneté, déroulé de carrières, etc...) dont le coût annuel est estimé (d'après les principaux intéressés)  en hausse entre +2.7% et +3%. Comment vont faire ces associations pour faire face à ces hausses "subies" ? Celles qui ont encore (elles sont très très rares) un petit peu d'économies vont tenter de survivre en attendant un changement de majorité. Pour les autres, les choix sont simples : réduire leurs activités ou bien augmenter les cotisations des adhérents ou bien tenter de mettre la pression sur le personnel pour gagner en productivité.

Je crois qu'ils 'agit là d'un très mauvais signal envoyé au monde associatif et donc au dynamisme de notre ville.
Pour les crèches associatives, par exemple, cela signifie une hausse des coûts pour les parents, pour les clubs sportifs une hausse des adhésions pour les licenciés, pour les amateurs de culture une probable hausse du coût des concerts et autres spectacles.
Cette politique mène à la ségrégation sociale entre d'un côté ceux qui pourront payer et de l'autre l'immense majorité qui ne pourra pas.

Si l'on peut entendre, en bon gestionnaire, qu'il ne s'agit pas d'ouvrir grand les cordons de la bourse, il s'agit d'accompagner l'évolution d'une ville en croissance démographique, qui a le soucis de lutter contre les inégalités et d'offrir à chacun les mêmes services et les mêmes chances (de garder son emploi plutot que de rester à la maison pour garder ses enfants par exemple).
Proposer une hausse de 1.5% des subventions (permettant d'accompagner les associations avec personnel et d'offrir une petite aide à celles sans) aurait coûté à la ville 200 000 € de plus sur un budget municipal de 265.5 M€ soit un coût de 0.07%...

Pour la ville, c'est rien (face à la hausse des recettes des impôts de 5.5%). Pour les associations c'est énorme !

La politique de désengagement de la ville mise en place, de retrait des services publics, conduira à une hausse inquiétante des inégalités entre les citoyens. Je n'ai pas été élu pour ca, surtout quand on connait la santé financière de la ville. Derrière ces chiffres ce sont des difficultés réelles, des tensions, des pressions.

Je voterai donc ce lundi soir contre la proposition des subventions proposées aux associations (jusque-là nous nous abstenions) par la majorité car j'estime qu'elle porte atteinte au contrat social annécien qui lie les habitants et notre commune.

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