mardi 30 janvier 2018

Aucun rebondissement sur le centre des congrès


J'entends depuis quelques heures un émoi, relayé par certains média, suite à la validation du SCOT par le tribunal administratif de Grenoble, saisi par une association environnementale qui voulait le faire annuler.

Pourtant, je le dis ici, il n'y a aucun retournement dans la décision du tribunal qui reste parfaitement cohérent dans ses arrêtés. Il n'y a ici aucun rebondissement. Le centre des congrès n'est pas mieux engagé après cette décision qu'avant.

J'ai toujours eu une différence de lecture de la loi littoral avec l'avocat de cette association. Pour moi : peu importe que la presqu'île soit urbanisée (comme le dit à juste titre le tribunal) ou pas. Ce combat n'a aucun sens. La loi littoral s'applique pareillement que la zone soit urbanisée ou non. La différence est : si la zone est non urbanisée il est impossible de construire quoi que ce soit. Si elle est urbanisée (et qui pourrait prétendre que la presqu'ile ne l'est pas ?), les propriétaires peuvent reconstruire leurs immeubles du moment qu'ils restent, en terme de volumes et de surfaces, identiques (moyennant une tolérance de + 10%) à celles détruites.

La loi littoral prévoit qu'un propriétaire peut rénover son bien, l'embellir, l'isoler, bref, le garder en état. la loi littoral ne fait pas table rase des propriétés situées dans son périmètre.

Attaquer le SCOT pour empêcher la construction du centre des congrès n'était pas pour moi pertinent aux yeux de la loi littoral et c'est pour cela que je n'ai pas déposé un recours.

Le tribunal dit aujourd'hui cela : la presqu'ile est urbanisée. Ok, dont acte, mais cela on le savait déjà. Il n’empêche, même urbanisée l'agglo ne peut pas multiplier par 10 les surfaces de construction comme le prévoit le projet de centre des congrès. C'est exactement cela qu'il a dit aussi en annulant la DUP.

Je crois que la confusion, suite à ce jugement, est voulue par l'agglomération qui veut faire croire à un rebondissement et semer le trouble dans la population. Je regrette que certains média relaient cette mauvaise information.

Ce soir je suis toujours aussi serein car pour moi, rien n'a changé. Cette procédure de recours (si elle visait à faire arrêter le projet de centre des congrès) était inutile et vouée à l'échec. Je regrette que la lecture (que je ne partage pas) d'un avocat de la loi littoral offre ainsi le flanc à l'agglomération pour dérouler sa désinformation.

Le projet de centre des congrès à Albigny ne se fera pas parce qu'il est trop grand, pas parce qu'il serait interdit de construire quoi que ce soit sur la presqu'île. 

Nous sommes sur le bon chemin. Le tribunal est cohérent et dit le droit. J'y vois une parfaite fluidité. Nous pouvons continuer à être très optimiste sur le dénouement de cette affaire et l'abandon prochain de ce projet. La validation du SCOT ne dit absolument rien du projet de centre des congrès.

5 commentaires:

  1. Denis Duperthuy, vous êtes absolument épatant! Je ne sais pas de quels medias vous parlez dans votre prose et en fait, je m'en fiche. Ce que j'ai à vous dire est valable pour tous. Si une décision de justice ne va pas dans ne sens qui vous convient, vous ne pouvez pas vous empêcher de blâmer les médias... Si ces derniers relatent les faits -un arrêt de CAA en est un, point- ils sont forcément en train de l'interpréter... C'est bien triste de voir des élus confondre encore, en 2018, le message et ceux qui le racontent.
    Il semble que dans votre esprit les médias ne soient dignes de s'exprimer que quand ils relatent des faits qui vous arrangent (étrangement on ne lit jamais vos commentaires lorsque tel ou tel média vous donne la parole). C'est absurde. Les faits sont les faits.
    A la fin, cette mise en cause permanente des journalistes, ces attaques contre les salariés qui font leur métier, devient aussi absurde qu'agacante. Et a force d'en faire, comme d'autres au niveau national, une attitude permanente je crains qu'elle ne vous conduise aux portes du populisme...
    (J'ajoute pour le clin d'oeil que vous avez dans votre post un certain talent. Celui d'expliquer que puisque l'action en justice n'est pas favorable à vos positions -respectables au demeurant- elle fait évidemment partie de celles que vous n'aviez pas decide d'engager. Et sur ce coup là vous êtes très fort... Même si j'aurais été curieux de vous lire si le juge avait dit le contraire...)
    Cordialement
    Julien Estrangin

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  2. M. Estrangin, cher directeur du Dauphiné afin que les autres lecteurs comprennent qui vous êtes, je suis toujours très honoré de voir que vous lisez attentivement mes textes. J'espère qu'ils vous inspirent. Cette lecture assidue, suivie d'une volonté farouche de voir dans chacune de mes prises de position engageant la presse une attaque contre le DL (au passage je vous invite à lire l'article de librinfo comme cela vous verrez que vous n'etes pas seul) est assez amusante et vire généralement à l'obsession (cache-t-elle inconsciemment une forme de fascination d'une liberté de ton que vous vous interdisez ou bien plus secrètement un tendre sentiment amoureux ?) ou à l'hystérie.

    Sur le fond de ce dossier, comme sur de nombreux dossiers, vous ne connaissez que les aspects que la ville veut bien vous donner. C'est dommage. Et vous mélangez tout. D'ailleurs je vous invite à relire mon texte : l'arret du tribunal va parfaitement "dans un sens qui me convient" (pour reprendre vos mots). Dommage que vos oeillères dogmatiques vous empêchent de lire jusqu'à ce que j'écris... et vous oblige à reprendre de fausses informations... pour coller à vos croyances.

    Moi, c'est vrai, je n'ai pas de pub à vous vendre.

    Il est toujours facile pour les "gens du monde" de traiter de populiste tous ceux qui, à un moment, dans une démocratie, émettent des contradictions, y compris au travail des journalistes. Car quand on publie un texte sur facebook intitulé "centre des congrès : la justice valide l'urbanisation de la presqu'île" avec un chapeau disant : "Avec la validation du Scot, les porteurs du projet de centre de congrès sur la presqu'île d'Albigny enregistrent une bonne nouvelle", on commet une double erreur journalistique. 1) On véhicule une information fausse : il n'y pas "d'urbanisation de la presqu'ile" (la justice valide le fait que la presqu'il est urbanisée, la nuance est de taille... celle de l'idéologie ; et la justice ne valide rien du tout. Et 2) On prend position en utilisant le verbe "valider" et en disant, sans interroger les opposants au projet, que cela est une bonne nouvelle pour les porteurs du projet.

    Prendre pour argent comptant les arguments d'une des parties n'a jamais fait un bon travail journalistique.

    Quant aux faits, puisque vous y etes à juste titre très attachés, ils sont têtus. Oui je n'ai pas déposé de recours contre le SCOT. Vous pouvez en rire ou insinuer je ne sais quoi, c'est juste la vérité, alors que je l'ai fait sur d'autres aspects du dossier. Vous pouvez expliquer que j'ai bon dos de ne pas l'avoir fait, mais il se trouve que je ne l'ai pas fait. Demandez-vous pourquoi.

    Oui c'est vrai, je suis fort, très fort. Votre admiration m'émeut presque. Mais je vais juste vous donner la manière de devenir aussi fort que moi : travailler ses dossiers, prendre tous les points de vue et non pas favoriser l'un par rapport aux autres (j'attends au passage de voir la réaction des associations à votre titre du jour sur le "gros lot" quand on sait que les subventions n'ont pas augmenté), et prendre du recul. Peut-etre aussi fréquenter moins souvent les arcanes du pouvoir.

    Je pense que cet échange mettra notre collaboration entre parenthèse pour quelques mois, comme vous savez si bien le faire pour répondre à des gens qui ne sont pas de votre avis. Mais voyez-vous j'assume. je ne vends pas ma liberté de penser et d'écrire pour quelques articles dans le Dauphiné.

    Soyez certain que je regrette votre attitude.

    Sur ce, je vous souhaite une bonne journée... de méditation déontologique.

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  3. L'incroyable agressivité de votre réponse prouve que J'ai visé juste dans mon analyse... Je passerai pour ma part sur l'ineptie du début de votre argumentaire qui est presque risible pour ne pas dire ridicule.
    Pour le reste, je demeure attristé que vous ne parvenir à toujours pas différencier le récit des faits de ceux qui les portent. Je cesserai de vous l'expliquer car c'est peine perdue.
    Je vous remercie aussi de vos leçons de déontologie. La mienne va très bien merci. En revanche, vous seriez bien aimable de cesser de nous expliquer comment faire du journalisme. Je ne vous enseigne pour ma part ni la manière de faire de la politique ni celle de faire pousser des bambous.
    Quand à votre tirade sur notre "collaboration elle est aussi déplacée. D'abord parce qu'il n'y a pas de collaboration entre nous et vous le savez parfaitement. Ensuite et ça aussi vous le savez tres bien parce que je n'ai pas l'habitude d'adopter les méthodes dont vous semblez rêver et que vous aimeriez avoir dans votre manche. Contrairement à vous je ne juge pas sur que je pense mais en fonction de l'intérêt des faits et des prises de position. Vous seriez bien inspiré pour une fois de faire de même.

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  4. Je ne vois pas très bien où se situe cette supposée "incroyable agressivité" alléguée...quant à la "juste" analyse, certains devraient aller prendre quelques cours de droit... dans leur intérêt...mais aussi et surtout dans l'intérêt général. Ce qui est certain en revanche, c'est qu'il n'y a que la vérité qui blesse, et à en lire la réponse susmentionnée du 31 janvier, c'est une sacrée vérité qui a été assénée! ça fait plaisir.. Bien à vous Denis

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  5. Bon , et bien on va bientôt trouver copie de cet échange en première page du Dauphiné !

    Sur le fond , l'analyse juridique et la signification du jugement sont exactes dans la traduction qu'en fait Denis Duperthuy . La justice , sinon les journalistes , reste objective et quant à faire , je préfère l'objectivité de la justice républicaine à celle auto-proclamée du journalisme .

    On aimerait connaître à quelle aune se mesure l'objectivité d'un projet dit public , selon le Dauphiné et selon Denis Duperthuy .

    Car , c'est bien le sujet qui est sur la table au XXI ème siécle , que l'on parle de démocratie ou de marché ( y compris celui de l'information) , et que des citoyens conscients et responsables ne peuvent ni ne doivent se satisfaire d'un état du droit menacé et ridiculisé par les baronnies locales , comme d'une opposition par la violence sous des formes "hors débat" .

    René JULIEN Annecy .

    PS : Anonyme , comme Société anonyme le Dauphiné Libéré ?

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