mercredi 6 décembre 2017

Ecologie punitive à Annecy


Le premier épisode de pollution de l'air vient de débuter à Annecy. C'est malheureusement devenu une habitude au fil des années : dès que le froid arrive et qu'il ne pleut pas, on y a droit.

Chacun connait les responsables de cette pollution : chauffage, voiture, industrie.

L'agglomération semble  prende conscience du problème. Ce fut long, très long quand on se souvient que le Préfet d'alors et le maire avaient balayé d'un revers de main il y a seulement quelques années l'étude de l'OMS classant Annecy comme la seconde ville la plus polluée de France.

Pourtant la voie choisie par l'agglomération et la ville est exclusivement punitive. On fait de l'écologie punitive alors que partout, dans le monde où les choses changent, on sait qu'il faut combiner punition et incitations.

Sur le chauffage, où sont les incitations au changement de cheminées, de poêles, de chaudières ? Avec Claire Lepan nous avions demandé une aide, à l'instar de ce qui se fait en vallée de l'Arve, pour inciter au changement des vieux matériels. C'est le meilleur moyen d'agir efficacement sur la pollution générée par ces anciens modes de chauffage. Mais non, on préfère subventionner des panneaux solaires dont le bilan carbone après "recyclage" est aujourd'hui plus que discutable.

Sur la circulation, on fait encore les choses à l'envers. On punit avant d'inciter. On rend payant la place des Romains, pénalisant ainsi de nombreux salariés de la commune, pour qu'ils ne viennent plus en voiture, sans offrir d'alternative, de nouveaux parkings. Mais où sont les parkings-relais en périphérie de ville pour garer sa voiture et prendre un moyen de transport en commun efficace, rapide et pas cher ? 
Le résultat, pour les instruits qui ont pondu ce genre de changement punitif : plus de voitures dans les quartiers périphériques ! On le voit actuellement avec la fête foraine, il est impossible de rentrer chez soi le soir, toutes les places sont prises par des personnes qui arrivent le matin sortent la trottinette ou leurs bottes et se dirigent vers la vieille ville.

On nous parle d'une zone de circulation restreinte sur Annecy pour le 01 janvier. D'abord personne n'en connait le périmètre. Ensuite on va en exclure les voitures les plus polluantes (celle dont la vignette crit'air dépasse 3). Quelle incitation au changement de véhicule ? Je viens de recevoir ma vignette pour mon fourgon qui est mon outil de travail. Il est classé 4 parce que je me suis installé il y a un an et que quand on monte sa boite on n'a pas les moyens de s'offrir un véhicule neuf à 20 000€. Alors quoi je vais être verbalisé parce que je suis pas assez riche pour rouler en véhicule électrique ? C'est mon outil de travail, je n'ai pas le choix, pour livrer mes clients ou faire mes marchés.
On punit les pauvres sans offrir d'alternative. C'est pratique.

Franchement ces discours de bobo écolo me fatiguent. Ils vivent en dehors des réalités. C'est facile quand on habite le centre-ville qu'on est payé par le contribuable pour être élu de dire aux autres comment ils doivent faire en les culpabilisant individuellement alors que collectivement rien ne bouge. Où sont les transports en commun efficaces d'une ville de 130 000 habitants ? Les parkings-relais ? Les aides à la conversion écologique ? 

Vous savez combien je suis attaché à notre environnement et comme je me bats pour que l'on ait une qualité de l'air qui s'améliore. C'est une question primordiale, excessivement importante pour notre santé et celle de nos enfants.

Mais les moyens mis en oeuvre pour lutter contre cette pollution par cette équipe municipale sont choquants. Et personnellement ils ne me révoltent. Financer un tunnel sous le Semnoz, des routes à gogo pour obliger chacun à prendre sa voiture ; puis leur taper dessus en leur disant : "bouh pas bien, méchants pollueurs, salopards de pauvres", c'est d'un cynisme qui donne envie de vomir. 

Mais peut-on encore tenir un discours raisonnable sur ce plan de la pollution de l'air. Entre d'un coté les jusque-boutistes de la voiture qui peuvent tenir le même discours que celui que je viens d'écrire mais pour dire : alors ne faisons rien en terme de transports en commun ; et d'un autre côté les idéalistes écolo qui oublient la réalité sociale et économique de notre bassin et qui veulent tout interdire tout de suite, puis-je encore être audible lorsque je dis qu'il faut commencer par offrir des transports en commun et des parkings-relais, puis, une fois l'alternative crédible proposée, alors oui mettre en place des mesures pour restreindre l'accès de la ville aux voitures ?

Je suis parfaitement à l'aise pour écrire cela sans qu'on puisse me taxer de vouloir "ne rien faire" car cette logique était celle développée dans le programme que je vous avais présenté avec mon équipe en 2014. Aujourd'hui à la ville on a deux voix dont on se demande si elles se parlent (schizophrénie??) : tout faire pour promouvoir collectivement la voiture ET EN MÊME TEMPS taper sur les utilisateurs de voiture individuellement. 

" - Mais mes bons messieurs c'est pas de notre faute cette pollution, ce sont vos chauffages, vos voitures qui polluent.
- Et comment je fais pour en changer ?
- Ah ca c'est votre problème, nous on tape au porte-feuille ! "

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