mardi 14 novembre 2017

Orientations budgétaires pour la ville en 2018

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Hier soir avait lieu le conseil municipal de la commune nouvelle avec, au menu, le débat d'orientations budgétaires (DOB) pour 2018.

Je suis intervenu pour dire ceci :

D'abord sur la forme, à quoi sert un DOB ? Comme son nom l'indique il sert à l'exécutif et la majorité pour exposer les orientations qu'ils comptent donner au budget 2018. L'exécutif fait des propositions qui sont ensuite débattues AVANT la rédaction finale du budget. De son côté l'opposition apporte les orientations, les infléchissements, les propositions qu'elle entend soumettre et qu'elle espère voir être repris dans le budget.

Or, d'après le calendrier budgétaire, il se trouve que pour la partie "fonctionnement" du budget 2018, les 7 maires se sont réunis le 23 octobre dernier pour valider les derniers arbitrages en vue de la rédaction du budget 2018. Dit simplement sur cette partie, le budget est déjà défini avant que le DOB n'ait eu lieu... Bref, le DOB est un théâtre (d'ombres) qui ne sert à rien puisque les propositions que nous pourrions faire... ont déjà été arbitrées avant que nous les fassions...

Sur la partie "Investissements" du budget 2018, la réunion d'arbitrage entre les 7 maires aura lieu ce vendredi. On pouvait donc avoir l'illusion qu'on pouvait au moins débattre des investissements et des orientations données par l'exécutif. Sauf que, dans le DOB présenté, il n'y avait aucun investissement de détaillé. Donc on ne débat sur rien. "Trop tôt" a répondu Rigaut. Trop tôt le lundi pour présenter les choix de l'exécutif aux élus; mais dans les temps le vendredi pour les présenter entre soi, entre maires ? Franchement de qui se moque-t-on ?

J'ai donc fortement hésité à participer à cette mascarade. Mais je me suis dit que les citoyens avaient le droit d'entendre d'autres orientations budgétaires, une autre vision politique pour notre ville que cette bouillie insipide servie par cette majorité bleue-rose-verte.

Fonctionnement

La fusion a créé une des communes les plus riches de France et les moins endettées. On pouvait s'attendre à ce que cette bonne santé financière bénéficie aux Annécien.ne.s dans leur quotidien. Or, qu'est-il proposé ?

Après la fin de la quasi-gratuité du périscolaire, la fin des activités sportives municipales gratuites et la dégradation de l'encadrement de nos enfants dans les écoles par les ATSEM, sans compter la souffrance au travail que subissent nos agents et dont on ne parle pas assez, pour cette année on nous propose :
- un gel de la masse salariale (hors réévaluations réglementaires). Je rappelle que notre ville voit sa population augmenter chaque année de plusieurs milliers d'habitants. Les besoins sont croissants pour simplement maintenir un niveau de service public identique à celui qui est actuellement, notamment dans les domaines du social, de l'éducation, du logement ou encore de la sécurité.
Par ailleurs, la charge de travail pour les services supports (RH, marchés publics, finances...) devient intenable. Pour rappel, depuis le 01 janvier, la ville a repris les compétences "Sports" et "Culture" de l'agglo. Ce sont 300 agents qui nous ont rejoint, sans aucune embauche pour leur gestion par les services supports qui ont absorbé cette hausse d'activité sans soutien supplémentaire.
On ne peut pas réfléchir à la masse salariale de la ville d'Annecy, démographiquement dynamique, de la même façon que sur des villes en stagnation ou en déclin. C'est pourquoi j'espère que les négociations actuelles sur les contrats avec l'Etat concernant la maîtrise de la dette publique et les niveaux de dotations pour les années à venir tiendront compte de cette réalité. On accepte bien les nouveaux habitants pour leurs taxes et impots (qui augmente sensiblement dans les recettes de la ville) mais on refuse d'assumer leur prise en charge par un service public de qualité ?

On peut toujours trouver des gains de productivité et il faut les rechercher à chaque fois que c'est possible. Mais je rappelle que depuis 3 ans les communes historiques ont réduit leur masse salariale. Peut-on continuer encore avec des besoins croissants ? Je ne le crois pas.

- un gel à l'euro près des subventions aux associations, soit avec l'inflation anticipée à +1.2%, une baisse de pouvoir d'achat. Là encore quel intérêt d'être aussi riche si ce n'est pas pour permettre une dynamique de nos associations, porteuse de dynamique économique, sociale et démocratique ? Une porte est entrouverte pour les associations qui ont du personnel, c'est bien car elles voient leurs charges augmenter quasi-mécaniquement de 2.5% à 3% par an. Sauf qu'il est dit que l'on va regarder leurs fonds propres avant de les accompagner. Que veut-on pénaliser les dirigeants d'associations qui ont été prudents, qui ont bien géré ?

J'en ai profité pour poser la question sur l'état d'avancement de l'étude menée depuis des lustres sur l'avenir de nos structures socio-culturelles (MJC, centres sociaux). C'est une étude dont on n'entend plus parler...
De même, j'ai demandé quel était le montant du budget qui serait consacré aux futurs conseils de quartiers. Sur ce point JL Rigaut m'a répondu que leur création serait voté en décembre et qu'aucun budget n'était prévu pour leur fonctionnement... On voit déjà à quoi ca va servir...

Investissement

Sur l'investissement, je vous l'ai dit : rien sinon l'inscription d'une enveloppe de 50M€ présentée comme "extraordinaire" par l'exécutif.
Sauf que c'est très loin de l'effort que faisait Annecy historique quand elle était seule. Au DOB, à Annecy, on débattait sur 30 à 32 M€. Or Annecy historique représente 40% de la population de la commune nouvelle. Pour fournir le même effort d'investissement qu'avant il faudrait une enveloppe autour de 75 M€ à la commune nouvelle.
On me répond que l'on ne réalisait pas tout. C'est vrai, à Annecy historique on réalisait autour de 70% de l'enveloppe (20 à 22 M€/an). Mais c'est vrai dans toutes les collectivités. Il faut bien sûr toujours chercher à améliorer ce taux de réalisation. Mais cette logique sera aussi vraie, j'en suis convaincu, sur la commune nouvelle. Ce qui devrait vouloir dire qu'on réalisera au mieux 35 à 37 M€ en 2018... Un montant très loin des investissements des autres grandes villes de France...

Je ne peux rien vous dire sur le détail de cette enveloppe on ne l'a pas eu: quid des rénovations des écoles et de leurs équipements pédagogiques et informatiques ? Le Haras ? La réalisation de nouveaux parkings en ouvrage ? L'avenir de la chapelle des Capucins ? etc...

Pour moi, ces orientations budgétaires 2018 ne permettent pas de tenir la promesse du contrat de service public signé par les 6 ex-communes. Le niveau de service public va se dégrader. Le manque d'ambition en matière de subventions et d'investissements va peser également sur le secteur économique local, sur le lien social et sur nos politiques en faveur du cadre de vie.

Il ne s'agit pas d'ouvrir grand les cordons de la bourse. Mais il s'agit de prendre acte de la santé financière de notre commune nouvelle et de la mettre au service d'un territoire pour avancer, évoluer, innover. La gestion de "petit comptable" n'amène que dégradation, conservatisme et immobilisme.

J'ai, pour finir et sans grand espoir, fait une dernière proposition. Je souhaite que pour la rentrée de septembre 2018, en concertation avec les personnels concernés, une expérimentation pour ouvrir le dimanche une bibliothèque municipale puisse être mise en place. Il s'agit d'offrir, en ce jour de congés, la possibilité à une population qui travaille la semaine, d'avoir un accès facilité à ce lieu de culture. L'accès à la lecture, mais aussi aux activités culturelles seraient ainsi facilité créant un lien social pour des personnes qui parfois peuvent se retrouver isolé le dimanche. Cette expérimentation devrait être suivie d'un bilan pour voir si la démarche mérite d'être ensuite pérennisée. Cela fonctionne très bien dans de nombreuses villes (même s'il existe aussi des contre-exemples). Nous verrons bien si l'idée est reprise ou pas.


Il n'y a dans cet exposé de nos orientations budgétaires aucune volonté de polémique comme a tenté de le faire croire M. Rigaut. Au contraire, il y a une volonté de mener à bien son mandat d'élu avec sérieux et rigueur en profitant de ce temps qu'est le DOB pour exposer notre vision, notre politique. On fait juste de la politique pour les Annécien.ne.s comme c'est notre rôle en exposant calmement et sereinement nos priorités. Je regrette que M. Rigaut se complaise dans une caricature absurde de nos prises de parole. Certainement préfère-t-il les lèches-bottes qui n'interviennent que pour encenser sa politique sans faire aucune proposition ? Ou bien ceux qui critiqueront au moment du budget sans jamais avoir exposé leurs attentes avant ?

C'est difficile d'être systématiquement traité de démagogue ou de polémiste. Mais je n'ai pas à avoir honte d'exposer mes choix et visions politiques quand c'est le moment, même si ce ne sont pas les mêmes que M. Rigaut. Il parait que c'est aussi le signe qu'il commence à avoir peur... il cherche ainsi à décrédibiliser un adversaire menaçant... La rançon de la confiance que vous m'accordez de plus en plus nombreux. Merci

1 commentaire:

  1. Presque d'accord sur tout... mais je suis farouchement opposé au travail le dimanche tant que faire se peut (or activité hôtellerie). Alors ouvrir les bibliothèque le dimanche, non merci. On peut par contre envisager une soirée ou deux avec ouverture plus large, mais de grâce laissez nous nos dimanches.

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