mardi 6 juin 2017

Lutter contre les violences sexuelles sur enfants


Dans le monde, on estime que 20% des filles et près de 10% des garçons ont été victimes d'agressions sexuelles durant leur enfance.

On pourrait croire que ces chiffres sont liés majoritairement aux zones de conflits. Il n'en est malheureusement rien. Toutes les études montrent que ce sont tous les pays du monde, pauvres et riches, et donc y compris la France qui sont victimes de ce fléau.

Notre territoire annécien n'a aucune raison d'être épargné par cette réalité. Statistiquement, sur une classe de collège de 30 enfants, la probabilité est forte pour 4 ou 5 d'entre eux aient été victimes de violences sexuelles : attouchements, agressions, viols.

Cette réalité est trop souvent passées sous silence, malgré le travail remarquable fait par de nombreuses associations qu'il faut ici remercier. Mais les autorités publiques n'ont pas encore assez pris la mesure des conséquences dramatiques de ces chiffres, même si des progrès ont été faits.

Il reste encore beaucoup de travail pour libérer la parole des enfants et enrayer ce cancer qui détruit nos enfants et gangrène nos sociétés.

Les agressions sexuelles sur mineurs restent encore trop le tabou de nos sociétés. La raison en est malheureusement simple : la très grande majorité des faits sont commis dans le cadre de la famille. La réalité de la pédophilie est bien funeste : ce sont d'abord des proches qui abusent des enfants.

Le poids du silence vient alors recouvrir de sa pesanteur la dénonciation des faits. L'enfant s'enferme souvent dans le silence (sa parole n'étant pas prise au sérieux), le refoulement qui peuvent avoir des conséquences psychologiques, émotionnelles, sociales et affectives désastreuses.

La lutte contre les agressions faites aux enfants est une lutte que doivent mener les autorités avec une grande détermination, beaucoup plus que ce n'est le cas aujourd'hui. Mais c'est aussi un combat que toute la société doit mener pour extirper cette réalité de nos territoires.

Le poids des traditions, notre culture latine peu encline à écouter la parole des enfants, la minimisation des actes et de leurs conséquences par la société toute entière, tout cela doit changer !

Je souhaite m'y engager avec détermination et pugnacité. Les hommes politiques ont été trop longtemps frileux sur ce sujet, minimisant sa réalité et ses conséquences. Il est temps que cela change résolument. En d'autres temps (et sur un sujet fort différent) nous avons su collectivement réduire drastiquement la violence routière, il nous faut à présent lutter avec la même énergie contre les agressions faites aux enfants.

Dans les prochains jours, je prendrai contact avec les élus en charge de l'enfance, de la jeunesse, de la sécurité et de la vie scolaire pour que l'on réfléchisse ensemble aux moyens d'agir localement.

Il me semble cependant que quelques pistes peuvent déjà être évoquées (même si je suis conscient que, ça et là de telles initiatives existent déjà) :
- la mise en place dans nos écoles d'une information/formation pour nos enfants qui vise d'abord à libérer la parole des potentielles victimes. Il ne s'agit pas, comme je l'entends encore trop souvent d'apprendre aux enfants à dire "non". Un enfant ne peut pas dire non face à de tels agissements faits par des proches, souvent personnes de confiance. Il s'agit de libérer la parole.

- la mise en oeuvre d'un cycle de formation pour les personnels éducatifs en lien avec les acteurs habilités (psychiatres, associations spécialisées, policiers...) pour recueillir la parole des éventuelles victimes et faire les signalements nécessaires auprès des autorités.

- faciliter l'accueil et la reconnaissance des témoignages d'agressions en mettant en oeuvre un dispositif simple et connu de tous pour signaler les suspicions d'abus sexuels.

- enfin, mobiliser la société toute entière, en lien avec les associations d'aides aux victimes, grâce à des campagnes d'affichage, à des informations dans le bulletin municipal, des actions de terrain pour sensibiliser tous les citoyens à cette funeste réalité.

La lutte contre les violences faites aux enfants est trop longtemps restée un sujet tabou ou minoré. Des progrès ont été faits qu'il faut saluer, mais les chiffres montrent que ce n'est pas assez. Il faut faire plus, y compris localement.

C'est un véritable sujet de santé publique, car les victimes d'agressions sexuelles, si on ne libère pas cette parole, ont du mal à se construire. Nous savons que malheureusement chez les enfants qui n'ont pas parlé, le taux de suicide est très largement supérieur à la moyenne. Nous ne pouvons plus accepter cela. Nous devons agir avec détermination, sur des actions de long terme. C'est aussi un sujet sociétal majeur.

Des centaines d'enfants attendent de nous, citoyens, élus, que nous brisions le silence, que nous les libérions de leur chape de plomb. C'est un combat culturel majeur. Nous allons le mener ensemble pour réduire enfin ici puis ailleurs le nombre d'enfants victimes d'agressions sexuelles. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire