vendredi 3 mars 2017

Une agriculture de qualité

Depuis quelques jours, le monde agricole fait, comme chaque année, la Une des journaux grâce au Salon International qui se tient à Paris.


Il y a deux jours, les pays de Savoie ont été mis à l'honneur. Sans les déboires judiciaires de M. Fillon, cette journée aurait pu raisonner plus fortement dans les oreilles des Français. Car les agriculteurs de nos deux départements méritent qu'on les honore et qu'on les félicite.

Leur savoir-faire, leurs compétences, la qualité de leurs produits sont un atout indéniable pour notre territoire, ses paysages, son image et son économie.

Grâce à la politique de valorisation de nos fromages (Reblochon, Tomme, Raclette, Abondance, Beaufort...) et aux labels associés l'agriculture savoyarde se porte plutôt bien. Cela n'est pas le fruit du hasard. Mais le résultat d'un travail et d'une vision transmise de génération en génération. C'est aussi la nécessité d'un territoire contraint par son relief qui ne permet pas le développement d'une agriculture trop intensive avec des fermes-usines sans morale.

Pour s'en sortir l'agriculture haut-savoyarde a su unir ses efforts, diversifier son offre et monter en qualité. C'est de mon point de vue l'exemple à suivre.

Alors bien sûr tout n'est pas rose et je n'oublie pas les dizaines de fermeture d'exploitations, les suicides beaucoup trop nombreux. Il faut agir, c'est nécessaire. De nouvelles solutions d'aides au financement d'investissements, de trésorerie, des relations rediscutées avec la grande distribution, une stabilisation des normes sanitaires, une protection des terres agricoles contre la spéculation immobilière, la création de nouveaux circuits locaux de distribution... 

La profession agricole, que je côtoie de près depuis plusieurs mois dans ma nouvelle activité, a beaucoup changé en quelques décennies. Localement, elle aspire à une reconnaissance et une valorisation de son travail. Elle demande pas seulement des discours de la part des politiques mais aussi et surtout des actions.

L'agriculture haut-savoyarde fait peu de bruit, signe qu'elle préfère le travail à la gesticulation médiatique. Mais jour après jour, traite après traite, récolte après récolte, vendange après vendange, elle participe à la prospérité économique de notre territoire et à sa beauté.

Je crois que les politiques doivent accompagner le monde agricole dans sa restructuration en marche. Il ne s'agit pas de tout casser, de mettre une profession à l'index comme le font certains politiques en totale méconnaissance du sujet. Il s'agit d'expérimenter AVEC les agriculteurs : l'agro-foresterie, le passage à des formes coopératives de transformation et distribution, la mise en place de lieux de vente directe en circuits-courts, la potentielle rémunération forfaitaire du travail d'entretien des paysages plutôt que les subventions à la production, la mise en place de cultures raisonnées et potentiellement biologiques, etc...
Les collectivités locales ont un rôle à jouer. 

En politique, il faut bien sûr corriger les faiblesses d'une société. Mais il ne faut jamais oublier d'accompagner nos succès, ce qui marche bien. L'agriculture fait partie de nos joyaux. Localement, elle fait peu de bruit mais ce n'est pas pour cela qu'elle doit être absente de nos politiques concrètes, y compris au Grand Annecy.

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