dimanche 5 mars 2017

"Tous pourris"

Le climat politique actuel est nauséabond. On a envie de vomir, de crier ou de s'exiler tant la corruption de certains élus, les passe-droits du système nous écœurent.

M. Fillon et ses affaires, Mme Le Pen et la justice, la presse huée, les juges pris à parti... Le débat national de cette présidentielle a de quoi dégoûter les citoyens. Même les représentants des partis dits "Républicains" s'en prennent aux institutions de notre République. Le populisme s'invite partout.

Ce sentiment d'impunité de certains élus, de corruption généralisée trouve en plus un écho localement. Quand on paye des maires-adjoints des communes déléguées à ne plus rien faire (les commissions communales d’Annecy ne se réuniront plus d'ici la fin du mandat), quand un maire s'augmente de 2000 euros par mois pour compenser la perte d'un mandat, qu'un maire-adjoint fraîchement élu préfère quitter le conseil municipal pour aller chanter...

J'avoue ne plus trouver beaucoup de sources d'inspiration pour rédiger des billets sur ce blog tant la fronde légitime des citoyens tend à emporter tout ce qui, de près ou de loin, s'apparente à de la Politique. "Tous pourris" crient les citoyens légitimement courroucés. Et les sites internet de désinformation s'en donnent à cœur joie, sur ce fond de suspicion généralisée vis-à-vis des élus, pour faire prospérer toute sorte de rumeurs, de mensonges pour finir de décrédibiliser les femmes et hommes politiques.

Pourtant, il faut toujours rappeler que la Politique, c'est-à-dire la gestion de la cité, est nécessaire et pour tout dire inhérente à la vie humaine. Il y a toujours eu et il y aura toujours de la politique, et donc des femmes et des hommes pour faire de la Politique. Méfiez-vous de ceux qui veulent tuer la Politique, ils préparent souvent des lendemains sinistres. Il ne faut donc pas se passer de Politique mais changer les mauvais acteurs politiques.

Il faut aussi rappeler qu'en la France compte près de  500 000 élus qui pour une très large majorité d'entre eux font du bon travail, honnêtement, souvent bénévolement, sans compter ni leur temps ni leur énergie. Ces élus méritent le respect des citoyens et méritent que l'on torde le cou à ce "tous pourris". J'aimerais un peu plus de finesse et de retenue dans certains commentaires, notamment sur les réseaux sociaux quand il s'agit de taper sur certains politiques (qui le méritent bien), inutile de parler DES politiques...

C'est vrai que la corruption, en tant qu'élu, nous y sommes confrontés régulièrement. Non pas la corruption par l'argent. La corruption des idées, le chantage au pouvoir, à la parole. "Tu es pour la fusion des communes sinon on fera tout pour que tu n'existes plus" (phrase prononcée devant moi), c'est déjà de la corruption. Il faut savoir rester droit, confiant dans ses convictions, et sûr de sa légitimité que l'on ne doit qu'aux électeurs et non pas à des réseaux formels ou informels de politiciens adversaires sur la scène et amis dans la vie.

Pour ne pas tomber dans le piège j'ai, pour ma part, deux réflexes : 1) le terrain et 2) le recul et l'analyse. Quand la pression est trop forte, que les doutes m'assaillent, je vais à la source, devant les électeurs pour échanger et discuter. Reprendre pied avec la réalité et voir si ma mission politique reste en accord avec mes engagements. Je prends aussi le temps de réfléchir et de respirer. Le monde politique est un microcosme où des contre-vérités peuvent finir, à force d'être ressassées, par être prises pour des évidences.

Et puis je vois aussi une société civile qui se lève et qui veut faire de la Politique. Le mouvement "En marche !" en est un exemple flagrant. Loin de rejeter la Politique, le dégoût du spectacle actuel donné ici et à Paris incite de nombreux citoyens à s'engager et à porter une autre manière de faire de la politique. Cet élan citoyen est salvateur et nous permettra de sortir par le haut.

J'appelle tous ceux qui en ont marre de cette manière de faire de la politique, à s'engager pour changer, eux directement, les pratiques. On ne peut rester dans un constat de dégoût et d'échec. Il faut agir. La démocratie donne aux citoyens un pouvoir dont ils n'ont pas idée. Les citoyens se sont trop longtemps laissés déposséder de leur pouvoir par le monde politique. En changeant de personnel politique, en sortant du carcan des partis politiques, les citoyens peuvent faire émerger de nouvelles têtes et de nouvelles pratiques. N'attendons pas les hommes ou femmes providentiel-le-s, saisissons les opportunités qui émergent pour en faire des instrument du changement.

La démocratie a besoin aujourd'hui que les citoyens se réveillent. Elle besoin de sentir que les citoyens la chérissent. La démocratie (c'est-à-dire la séparation des pouvoirs, le respect de la presse, des juges, la protection des minorités, l'égalité des chances...) est fragile tant que les citoyens n'auront pas sifflé la fin de la partie et renvoyé les mauvais joueur dans les vestiaires.

Je crois aux pulsions démocratiques de notre peuple. Je crois au respect des institutions (même si on devrait en changer certaines). Je crois en l'exemplarité des élus. Reprenons le chemin de la politique, des idées, des programmes en nous engageant auprès de ceux qui proposent des idées et des actions pour améliorer notre futur. Auprès de ceux qui donneront demain une place aux citoyens dans le processus de décisions politiques.

3 commentaires:

  1. Bonjour monsieur
    Vous êtes encore bien naïf de croire que l'on peut changer les choses (mais cela fait du bien de vous lire). Pour obtenir une investiture et financer une campagne il faut les fonds d'un partis. Or ceux-ci sont gangrenés par la corruption, et le soucis du profit personnel.
    Pensez-vous que allez arriver à être Maire d'Annecy en ayant quitté le PS ? Je suis sûr que c'est impossible. C'est pourtant tout à votre honneur et vous êtes ce qui ressemble le plus à un politicien intègre, et j'apprécie de vous suivre sur votre blog. Mais les politiciens comme vous n'aurons jamais le vrai pouvoir tant le système est verrouillé par les pourris.
    J'ai été engagé auprès de Laurent Viotto, vous avez vu comment c'est terminé cette histoire à laquelle je (et tant d'autres) croyais, les intérêts personnels ont prévalus sur l'intérêt général, et Me Camusso a pu être ré-élue. Et ce n'est qu'au niveau local, ou une campagne ne coûte pas trop chère, donc est envisageable par un electron libre. Mais financer une campagne de député est une autre histoire... Et nos députés, sénateurs députés européens avec leurs salaires indécents ( de plus de 10000€ en ajoutant les frais de représentations non imposables et non justifiable, qui doubles leur salaire) leurs avantages en tous genres (billets sncf gratuits, retraite rapidement acquise...) sont en dehors de la vie réelle.
    Et Un Wauquiez qui se fait ajouter des frais de déplacements, lui qui voudrait qu'un chômeur passe sa paye dans les transport en acceptant un job même à plus de 50 kms de chez lui.
    Mais qui va se tirer une balle dans le pied en changeant les règles des frais de représentation ? Même un Mélenchon vote contre..
    Quand je vous dis déplorable, pitoyable et misérable, j'ai résumé ce que je pense de la politique.
    Le plus triste étant d'être résigné.
    Alors bravo à vous de ne pas l'être... encore.
    Cordialement

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    1. Comme disait Mme de Stael, "l'ordre social et la paix du monde reposent sur la patience et la résignation des pauvres"...

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  2. Ne faut-il pas aussi laisser un peu de place aux idéalistes, histoire de ne pas sombrer dans la sinistrose ?

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