mardi 14 mars 2017

Nos orientations budgétaires pour 2017


Hier soir, lundi, le conseil municipal a été amené à débattre des orientations budgétaires pour 2017.

Sur la forme, cela n'avait rien d'un débat puisque les remarques des conseillers municipaux ont été prises les unes à la suite des autres avant une réponse globale de la part du maire. On est loin d'une ambiance d'échanges et de discussions... Sans compter que certains (comme M. Accoyer) ont bien évidemment les yeux rivés sur la montre pour couper la parole à ses opposants (en vertu de la limite fixée à 2 min. de temps de parole inscrite dans le règlement intérieur que j'avais d'ailleurs été le seul à critiquer et à en demander la suppression).

Sur le fond, les orientations proposées nous interrogent. La majorité bleue-rose-verte souhaite contenir d'ici à la fin du mandat les dépenses de fonctionnement à leur niveau de 2016. Cela signifie que les dépenses de fonctionnement (dont celles de personnels) de 2020 devront être égales à celles de 2016.

Avec mes collègues Evelyne et Claire nous ne partageons pas cette vision. Pour deux raisons au moins.
1) D'abord un montant "absolu" en euros n'a aucune signification. Nous savons que chaque année la population de la ville augmente. C'est une chance. Mais cette réalité nous oblige à accompagner ces évolutions en termes de services publics. La règle du maintien des dépenses publiques, dans ce cadre de croissance démographique, signifie une dégradation du service public apporté aux citoyens. Ne soyons pas sur des slogans démagogiques ! Et arrêtons les grands écarts entre les paroles ("la fusion doit permettre le maintien d'un bon niveau de services publics") et les actes (les orientations pour le budget 2017 proposées).

2) Pour contraindre les dépenses de fonctionnement, il faut s'attaquer aux dépenses de personnels (qui représentent environ 60% du budget de fonctionnement). La majorité a choisi la voie, là encore, de la compression de la masses salariale. Aucun recrutement (hormis les postes inscrits mais non pourvus) n'est programmé. Cela signifie deux choses:
a) Dans certains services, les communes historiques qui étaient les mieux dotées et qui avaient (sans être gauchistes !) un niveau de service public intéressant qu'elles pouvaient se payer, vont voir leur niveau de services diminuer (on est loin du maintien d'un "bon niveau de services publics"). Je pense notamment aux ATSEM dans nos écoles et aux taux d'encadrement des élèves annéciens. Annecy (historique) avait le meilleur taux d'encadrement. Si on ne recrute pas de nouvelles ATSEM, cela signifie que l'on va répartir un nombre donné d'agents sur tout le territoire de la nouvelle commune et donc Annecy historique va en pâtir.

Nous demandons que la fusion serve à un alignement du service public d'encadrement de nos enfants sur le mieux disant et non pas sur une vision comptable démagogique.

b) Certaines communes historiques, pour certains de leurs services, ont fait le choix d'avoir recours à des entreprises extérieures. Alors que d'autres ont fait le choix (toujours sans être dirigées par des bolchéviques !) de se doter des ressources humaines nécessaires pour assurer ce service public. Sur des services comme les espaces verts, la propreté urbaine, la restauration municipale, l'entretien des locaux, etc... la commune historique d'Annecy avait des services internes dédiés. Cela a l'avantage d'être moins cher (n'en déplaise à certains), plus efficaces et plus réactifs. D'ailleurs le maire, à chaque vœux aux personnels, se targe bien d'être leur défenseur, il déclame son amour des agents territoriaux pauvres victimes des discours de certains hommes politiques nationaux qui leur veulent du mal (pense-t-il à son candidat Fillon en disant cela???).
On aurait pu s'attendre à une harmonisation des pratiques. Pas du tout. Le maire a décidé de maintenir ces systèmes en place à l'identique : ici des services faits par des agents publics, là par des entreprises privées... Cela aura pour conséquences directes : 1) une inefficacité du travail en combinant les inconvénients des deux systèmes, 2) d'augmenter encore la pression sur les agents déjà en poste en leur demandant de faire plus avec autant de moyens (j'ai pris l'exemple des maçons de la ville historique d'Annecy, qui faisaient donc leurs 35 h rien que sur le territoire d'Annecy car à ma connaissance on ne payait pas des gens à rien faire !; et qui aujourd'hui, à effectifs constants, doivent travailler sur un territoire 5 fois plus grand !)

Nous avons donc demandé que le choix de la municipalisation de ces services soit acté. Pour cela, il s'agit de recruter les agents nécessaires (tout en diminuant les frais pour services extérieurs) et de mettre fin aux contrats avec les entreprises privées. Cela prendra du temps mais c'est la voie à suivre.

Vous voyez que, insidieusement, les choix politiques (qui sont d'ailleurs présentés comme des non-choix : "c'est un budget d'assemblage") qui nous sont annoncés, loin d'être dans la continuité des choix faits par MM. Bosson sont une rupture nette. C'est le service public "à l'annécienne" qui est menacé sur l'autel de l'idéologie. 

Avec mes deux collègues nous tenions à alerter les Annéciens de ces choix et à nous élever contre eux.

1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Votre post est intéressant, parce que vous dénoncez l'idéologie de vos opposants en portant vous-memes des propos très idéologiques... :-)
    Alors ceux partageant votre idéologie applaudissent, vos opposants crient, et au milieu... les gens comme moi sont circonspects devant ces débats un peu stériles...
    En fait, pour moi, on attend de nos élus qu'ils fixent le Quoi?, quels services publiques avec quelle qualité de services et autres critères. Ensuite, la question du Comment? (en interne ou externalisé) devrait faire l'objet d'une analyse au cas par cas, sans idéologie, avec pragmatisme et responsabilité face à la dépense publique (et son retour pour la société).
    Et sans tomber dans les caricatures: public et privé peuvent aussi bien faire les choses, comparons alors le cout (mais attention pour le public, il faut calculer le cout complet, avec les salaires, le management, la gestion RH, les engagements pris à long terme comme emploi à vie et retraites, le cout et la gestion des absences, la formation, etc.). Regardons aussi la flexibilité : faire appel au privé donne peu de flexibilité pendant la durée du contrat, mais tout est ouvert après ! A l'inverse, le public peut être plus flexible à court terme, s'il faut faire évoluer les missions, mais pas à long terme (emploi à vie, rigidité de la focntion territoriale, et ). Alors tout dépend de la maturité du serive public dont on parle !

    Bref vous avez une chance incroyable: les anciennes communes avaient des manières différentes de faire ! Alors comparez objecivement et en détail les choses, sans parti pris, au lieu de vous enfermez, chaque "camp", dans vos idéologies :-)

    Cette fusion doit etre une opportunité de faire mieux ensemble !

    Ludovic

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