samedi 11 mars 2017

Ma vision de la société et de la politique

Au cours de la rédaction de ma thèse de doctorat, j'ai acquis la conviction que la société humaine formait un système clos, fermé. C'est-à-dire un ensemble cohérent regroupant tous les individus, y compris ceux qui se disent et/ou se pensent hors système. Nous sommes tous les fruits du système, mais aussi les acteurs de son évolution permanente.

Pour comprendre, on peut prendre l'image d'un ballon de baudruche que l'on remplirait pas totalement d'eau avant de le refermer. La forme globale du ballon est ce que l'on appelle la société. Les milliards de gouttelettes d'eau à l'intérieur ce sont les individus. L'eau ne peut pas sortir du ballon. Les individus ne peuvent pas sortir de la société.

L'eau dans le ballon peut émettre des pressions sur les parois et modifier la forme de la société. Par exemple si vous mettez votre doigt sur le ballon, cela fait un creux et des plis apparaissent à la surface du ballon. L'espace où le ballon était avant présent a été libéré et il y a maintenant de l'air. Mais ailleurs autour du ballon qui s'est déformé l'eau, le ballon a trouvé un autre espace à conquérir.

La société est ainsi faite : parfois ce qu'elle tolérait hier (esclavage, maltraitance animale, fessées) n'est plus toléré aujourd'hui. La zone de tolérance a changé. La société a changé. Réciproquement ce qui hier n'était pas toléré (homosexualité, liberté de la presse...) est aujourd'hui devenu la norme.

A la surface du ballon, il existe, nous expliquent les physiciens, des minuscule différences de densité de matière qui font que, l'on pourrait en théorie prédire les endroits où le ballon va se déformer. Avec la société humaine c'est pareil : les normes sociales changent et si on connait suffisamment bien la société on peut agir sur les endroits où on peut modifier ses normes (soit parce que la pression sociale y est plus forte, soit parce que les convictions sociales y sont moins ancrées).


Faire de la politique c'est faire l'analyse de la société. On comprendre les tensions, les points de rupture, les déformations, les dynamiques d'évolution. C'est faire l'analyse du réel.

Mais c'est aussi être en capacité d'offrir une perspective, un idéal. Veut-on que le ballon qui est informe, devienne rond ou carré ?

Enfin et surtout !!! c'est tracer un chemin entre la réalité et l'idéal. Comment passer d'un ballon informe à un ballon rond ? Par où commencer à "modeler" la société ?

Il y a les politiciens qui vous promettent de passer de l'informe au rond du jour au lendemain, oubliant au passage que tout changement entraine une (ou des) réaction (déforme le ballon ailleurs) parfois prévisible, mais souvent imprévisible. L'apparition d'internet a entrainé une baisse des envois postaux (réaction prévisible) mais aussi une virtualisation des rencontres amoureuses par exemple (réaction imprévisible). Les chantres du grand soir ou de la société parfaite commettent pour moi deux erreurs :
- imposer à la société un idéal immanent, parfait pour eux, auquel je ne crois pas (ex; l'homme nouveau soviétique). Un idéal parfait et absolu, par nature fixe et définitif. Refuser la critique de cet idéal.
- ils ignorent la nature "vivante" d'une société et le fait que ses individus réagissent aux changements imposés, de manière parfois surprenante. Ils oublient la notion de "temps" nécessaire au changement, et donc l'absolue nécessité de créer un chemin pour y arriver qui soit réaliste et réalisable.

Je suis profondément réformiste. Je crois à un idéal de justice sociale, de respect de l'environnement, d'émancipation individuelle, de prospérité économique. J'ai une idée assez claire de la société dont je rêve. Mais j'accepte aussi parfois, de réviser mon idéal.

Mais je sais aussi que la société actuelle en est encore loin. Qu'il y a du chemin à faire pour y parvenir et que ce chemin s'il doit aboutir à une transformation radicale ne peut lui-même être radical, c'est-à-dire oublier le temps nécessaire au changement pour qu'il soit accepté et digéré. Je préfère la politique des "petits pas" au mythe des grands soirs.

Parfois la société est prête pour un changement plus grand, plus rapide, il faut alors l'encourager s'il va dans le sens de son idéal. Et parfois la société est plus frileuse, plus fermée à certains changements. Il faut alors le temps de la conviction pour "assouplir" les rigidités, permettre l'acceptation (ou le changement d'idéal).

Pour moi, Emmanuel Macron offre en 2017 un idéal, une vision. Il a aussi une vision claire et, je le pense, assez vraie, de notre société actuelle. Il offre un chemin pour relier l'un et l'autre. Pas une ligne droite, pas une autoroute qui de toute façon se heurterait au mur de la réalité. Non un chemin, fait de virages, de détours, parfois pour contourner les difficultés, parfois pour faire sauter des verrous. Un chemin certes plus difficile à comprendre que les autoroutes du revenu universel ou de la suppression de centaines de milliers de fonctionnaires (deux projets qui se prendront le mur de la réalité en pleine figure) mais un chemin que l'on peut parcourir pour arriver à bon port. Un chemin sur lequel on avance plutôt que de piétiner. 

Emmanuel Macron nous offre un chemin vers un idéal qui me parle. D'autres peut-être ont un idéal finalement pas si éloigné, mais leurs autoroutes ne mettront pas la société en marche. Ils offrent des chemins bouchés. Macron est le seul, de mon point de vue, à offrir un chemin qui certes doit parfois faire des détours par le libéralisme mais qui au final aboutit à une société plus juste, plus fraternelle et plus émancipatrice.

On a le droit de critiquer mon choix d'idéal. On a le droit de penser que le chemin proposé par Macron ne conduit pas à cet idéal. On a même le droit de penser que ce chemin est aussi un cul-de-sac. 

Mais si la Politique est bien affaire de raison, d'analyse, elle est aussi affaire de convictions, et de confiance. J'ai confiance en Emmanuel Macron et en son programme. Je suis intimement convaincu qu'il nous mettra en marche tous, la France entière, sur un chemin d'avenir. C'est pourquoi je suis dans ce mouvement, celui de ceux qui veulent marcher (d'autres collectifs sont aussi le fruit de cette irrésistible envie de la société française de bouger) et en ont assez de lire des cartes et des plans qui depuis des siècles nous disent qu'il faut aller au paradis sans jamais être capables de nous offrir un vrai chemin pour y parvenir et qui, au final, nous laissent sur place.

1 commentaire:

  1. La comparaison avec la baudruche est originale, mais guère convaincante.
    Quant au choix Macron, pourquoi pas. Mais de là à en faire un "idéal"....

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