jeudi 30 mars 2017

Budget 2017


Lundi, en conseil municipal de la commune nouvelle, Claire, Evelyne et moi-même avons voté contre le budget de la commune pour 2017. Nous avons ainsi voulu montrer nos divergences avec le projet porté par la majorité bleue-rose-verte de l'assemblée.

En ce qui concerne la partie fonctionnement, sur 2016, le total des 6 communes ont dégagé un excédent extrêmement élevé de 25 millions d'euros !!! Largement de quoi financer les investissements et de voir venir.

Le budget 2017 est certes un premier budget de la commune fusionné mais ce n'est pas pour cela qu'il n'est pas politique. Par exemple.

Alors qu'à Annecy "historique" les dépenses de personnels représentaient environ 62% des dépenses de fonctionnement, elles ne représentent plus que 57% dans la commune nouvelle. Cette contraction de la masse salariale, qui suit deux années de baisse des effectifs dans les communes historiques, est vertigineuse et conduira à une dégradation très sensible du service public rendu à la population.

Il faut le dire clairement, c'est une politique de réduction drastique de la masse salariale qui est appliquée sous influence de M. Accoyer qui transforme ainsi Annecy en laboratoire filloniste.

Certes, les services peuvent faire des efforts de productivité. Mais ceux-ci ont déjà été réalisés. Aujourd'hui baisser la masse salariale c'est réduire le service à la population.

Un exemple de pression mise sur les services ? Depuis le 01 janvier, la ville a récupéré 300 agents de l'ex-C2A, ceux qui travaillaient dans les domaines de la culture et des sports. En parallèle, l'agglo reverse en plus 600 000 euros par an à la ville pour compenser les frais d' "encadrement" de ces agents. Or,  personnel supplémentaire n'a été embauché pour encadrer ces agents. Les services RH, comptabilité, gestion, etc... ont donc vu leur charge de travail augmenter sans hausse du personnel.

L'absence d'embauches a une signification claire : l'abaissement de la qualité de service sur Annecy historique. Si on n'embauche pas d'Atsem (par exemple) pour les écoles, et étant donné la règle d'égalité du citoyen devant les services publics, cela signifie un redéploiement des effectifs au détriment des mieux lotis, donc d'Annecy historique.

De même, ce budget d'assemblage ressemble à un budget de frilosité politique. Aucun choix politique n'est fait entre gestion de certains services en direct par la commune via ses employés ou par des entreprises extérieures. Le poste d'achat de prestations extérieures s'élève à 5.1 millions d'euros (il était ridicule à Annecy historique). C'est qu'on continuera à faire coexister deux systèmes par exemple pour l'entretien des bâtiments : à Annecy historique ce sont des agents municipaux qui le font, à Annecy-le-Vieux, une  entreprise privée.
Cela multiplie les frais : d'un côté du personnel d'encadrement et dans les services supports (paies, RH...), de l'autre le coût des appels d'offre, du contrôle... Donc on perd sur les deux côtés... On gaspille l'argent public.

Nous avons demandé une hausse des subventions aux associations. Avec une inflation prévue de 0,8 à 1%, il nous semble légitime, sur un territoire démographiquement dynamique, d'aider nos associations en compensant la hausse des coûts (personnel, fournitures...). Le budget prévoit une stricte stagnation. Une première sur Annecy historique car jusque-là, l'opposition avait toujours réussi à arracher une petite hausse...

Enfin sur les tarifs, on nous propose de voter une recette globale alors que les modalités de fixation des tarifs (scolaire, périscolaire, culture, sports...) ne sont pas connues et qu'elles nous inquiètent beaucoup.

En matière de vie quotidienne, ce budget n'a rien d'un progrès. C'est un budget idéologique qui ouvre un abîme de casse du service public et de notre tissu associatif, sans raisons puisque nous avons vu les excédents réalisés.

La majorité bleue-rose-verte a les yeux rivés sur la masse salariale qu'elle souhaite réduire drastiquement, remettant directement en cause le contrat social historique d'Annecy faits d'impôts modérés (Annecy était dans la moyenne basse des villes de sa strate) pour un service public de qualité, réalisé principalement par des employés dévoués et attentifs au bien-être des Annéciens. Un tel consensus met des décennies à se stabiliser. Il repose sur un équilibre subtil entre prix (impots) et qualité du service, tout en garantissant des capacités d'investissement élevées. Annecy avait, sous les mandats de MM. Bosson, trouvé cet équilibre.

J'ai bien peur que l'UMP se soit emparé de la ville et change radicalement cet équilibre...

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