samedi 25 février 2017

Lyon-Turin : un projet européen utile


Le projet de ligne trans-européenne de chemin de fer reliant Lisbonne à Kiev passe par le tronçon Lyon-Turin.

C'est un projet, après avoir écouté les arguments des uns et des autres, auquel je suis favorable et que je soutiens.

Le Lyon-Turin doit se faire. Pourquoi ?

La Savoie a toujours été le portier des Alpes. Le rêve des hommes depuis des siècles a été de franchir les Alpes pour relier les hommes. Cela a commencé par les chemins pédestres, l'aménagement des cols (y compris routiers), le passage du chemin de fer (Modane ou bien encore Chamonix et Saint Gingolph), puis enfin les tunnels routiers (Mont-Blanc et Fréjus).
Le Lyon-Turin est un nouvel élément pour franchir les Alpes, un équipement du XXIe siècle.

Nous vivons dans un monde globalisé, mondialisé. Si cette réalité pose des questions au niveau du laisser-faire économique et de la libre circulation des capitaux, avec des Etats qui jouent sur le dumping (fiscal, social, environnemental) pour fausser la concurrence, la réalité de la libre circulation des femmes et des hommes ne souffre aucune contestation. Nous sommes tous des touristes qui aimons visiter d'autres cultures, d'autres pays. Le Lyon-Turin sera un formidable trait d'union entre les peuples grâce au transport de personnes. Les Savoyards pourront ainsi multiplier les échanges avec nos "frères historiques" italiens. (Je rappelle que c'est le roi de Savoie-Piémont-Sardaigne qui est à l'origine de l'unité italienne). Turin a été des siècles durant notre capitale.

L'attachement des Savoyards à l'amitié de nos voisins italiens valdotains et piémontais d'abord, est indestructible. Le même sang coule dans nos veines.
Le Lyon-Turin nous permettra d'avoir deux gares "internationales" en Savoie, une à Chambéry et l'autre à Saint Jean de Maurienne. Par Chambéry, Annecy sera à quelques pas "ferrés" de Turin et donc de Milan, Rome, Venise, Ljubljana, Zagreb, Bucarest... C'est une ouverture formidable vers toute l'Europe, nous qui sommes en son coeur !

C'est aussi un outil utile au transport des marchandises et une alternative crédible au transport routier si polluant. Je préfère personnellement voir des camions sur des trains que sur nos autoroutes avec les particules fines qui vont avec ! Nous n'arrêterons pas les échanges économiques (même s'il faudrait mieux les contrôler) alors nous devons construire les équipements modernes pour les transporter. Là encore c'est une nécessité européenne, mais c'est aussi une exigence locale pour nos entreprises et leurs débouchés internationaux. Donc pour l'emploi local.

Alors oui, cela coûte cher. C'est vrai. Mais ce projet est cofinancé par l'Europe, la France et l'Italie. Et puis, les Suisses eux arrivent bien à financer des tunnels comme le Gothard (à 7 millions d'habitants) !
C'est de l'Europe concrète, au service des peuples. Relancer le rêve européen par des réalisations concrètes est une obligation. Nous en avons ici la preuve ! Pourquoi cracher dessus ? D'ailleurs les travaux ont déjà commencé et coûté des millions d'euros. Il faut les mener à bout.

Je vois cela comme un grand investissement capable aussi de relancer la croissance économique, comme les grands travaux du temps du New Deal. Je suis favorable aux politiques de relance par l'investissement. Cela crée déjà de l'emploi sur place. Des centaines de travailleurs (souvent qualifiés) ont été embauchés et participent déjà aux travaux.

Pour finir, j'entends bien que ce tracé va impacter certaines emprises foncières, notamment agricoles. Chacun sait mon attachement à la préservation des terres agricoles. Mais il faut tout de même reconnaitre que le tracé retenu est le moins impactant puisque 86 km sur 140 (62%) du tracé est en tunnel enterrés, donc à l'impact paysager et naturel assez limité.

Au fond on peut toujours voir uniquement les problèmes et ils existent (que faire des "déchets" du percement des tunnels, quel est côté italien le rôle des mafias, le coût très élevé...). Moi je préfère voir les côtés positifs.

Unir les populations, multiplier les échanges culturels, personnels, créer des emplois, relancer l'Europe... Voilà ce que je pense du Lyon-Turin et pourquoi j'espère qu'il ira au bout, au-delà de certains arrangements électoraux qui ne font pas honneur à ceux qui les prennent.


1 commentaire:

  1. Ce qui pose problèmes et le désaccord (ou la concurrence) entre Grenoble et Chambéry sur le parcours

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