dimanche 12 février 2017

Commune nouvelle et démocratie de proximité

Lundi soir, nous aurons droit à notre premier conseil communal de la commune déléguée historique d'Annecy.

Ces conseils communaux des communes délégués ont été institués pour, soit-disant, garder un lien de proximité entre les élus et les citoyens... Certains se sont battus pour que ces conseils consultatifs d'élus subsistent. Pour ma part, j'ai toujours émis de nombreuses réserves et cela m'a valu les foudres de pas mal de maires.

Mais c'est vrai que le maintien de ces conseils communaux permet de maintenir aussi les maires-adjoints qui y sont rattachés (sans rôle réel pour la majorité d'entre eux) et les indemnités qui vont avec...

Car prenons le cas de ce premier conseil communal. De quoi va-t-on parler ? Il y a 11 points à l'ordre du jour (quand on en avait plus de 40 en conseil municipal avant la fusion):
- un point d'information sur les décisions déjà prises par le maire (c'est déjà fait, donc on se demande où est la démocratie de proximité)
- un point d'information, sans vote, sur le rapport de développement durable (qui donnera l'occasion à la majorité de se gausser de faire chaque jour d'Annecy une ville plus écolo... où on continue à suffoquer sous la pollution)
- 3 points sur le financement de logements sociaux (Ce genre de point est toujours voté à l'unanimité du conseil, sans discussion, car tout le monde est d'accord)
- 6 points sur des opérations de rénovation liées à la vieille ville  "dite opération Sainte Claire", (là encore systématiquement votées à l'unanimité)

Et c'est tout ! Voilà, on aura fait de la démocratie de proximité. Ou plus exactement on aura amusé les élus, la presse et les citoyens en maintenant un semblant de démocratie locale. Car aucun de ces points n'est sujet à polémique ou discussion.


Quand certains s’arque-boutaient sur la conservation de ces conseils fantoches (et des fonctions et indemnités qui vont avec), je défendais l'idée que la démocratie de proximité ce n'est pas plus d'élus, plus d'assemblées d'élus. Mais plus d'implication des citoyens dans le fonctionnement de notre commune.

Or, même si la loi oblige les communes de plus de 80 000 habitants, de créer des conseils de quartier, on ne voit toujours rien venir.

J'ai posé la question lors du dernier conseil municipal : quand vont être créés ces conseils, quelles seront leurs prérogatives et leurs moyens ? Le maire m'a répondu que ce n'était pas la priorité, qu'il fallait se donner du temps. on verrait bien cela à l'automne...

Satisfaction générale des élus de la majorité, gauche, droite et verts unis dans ce même tempo.

Moi, je dis que je ne suis pas d'accord. Et je maintiens (même si cela m'a brouillé avec certains) qu'il aurait été plus judicieux, pour promouvoir la démocratie de proximité, de d'abord s'interroger sur le nombre, le périmètre, la composition, les prérogatives et les moyens des conseils de quartiers. Plutôt que de se battre pour des conseils communaux sans substance mais qui coûtent chers au contribuable.

Certains s'interrogent sur le fossé qui s'est créé entre la gauche cran-gevrienne et moi. La raisons est ici exposée. J'ai toujours défendu l'idée que la proximité passait par les citoyens directement (grâce aux conseils de quartier) et non par les élus (et les conseils communaux). J'ai toujours poussé pour qu'on avance sur cette thématique des conseils de quartiers.

Résultat : on a avancé sur les conseils communaux, les places pour les élus et on a l'armée mexicaine qu'on connait. Mais les citoyens eux, peuvent toujours attendre... attendre qu'une majorité largement conservatrice et réticente à l'expression citoyenne nous ponde un projet de conseils de quartiers à minima.

Pourtant, on aurait pu AVANT DE SIGNER LA FUSION (quand on pouvait faire encore pression), mettre tout notre poids sur cette question de la place des citoyens dans la commune nouvelle et en faire une condition préalable à la fusion. Là on aurait pu arracher quelques avancées significatives. Mais non, ils ont préféré se battre pour des conseils communaux sans grand intérêt.

Ma rupture est donc, de mon point de vue, fondamentale. C'est celle de la révolution citoyenne contre le conservatisme de la caste des élus.

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