mardi 3 janvier 2017

Candidature au poste de Maire

Hier soir s'est tenu le premier conseil municipal de la commune nouvelle. J'y reviendrai en détail dans les parutions suivantes.

Il s'agissait tout d'abord d'élire le maire. J'ai posé ma candidature en demandant à ma collègue Claire Lepan de lire la déclaration suivante en mon nom (étant temporairement retenu à l'enterrement d'un ami très proche) :

"
Chers collègues,

le vote de ce soir est une nouvelle étape dans le processus de fusion de nos communes qui a commencé il y a un peu plus d'un an. Si j'ai toujours dit que j'étais favorable à une fusion des communes urbaines, avec mes collègues, nous n'avons eu de cesse de regretter l'absence de légitimité démocratique de ce choix. En effet, aucun candidat en 2014 n'avait annoncé cette fusion qui pourtant, j'en reste convaincu, était déjà dans la tête de plusieurs maires.

Depuis rien, ou si peu, a été fait pour associer la population à cette fusion. D'ailleurs, les témoignages d'Annéciens publiés ces derniers jours dans la presse montrent leur manque d'implication, leur manque d'informations et l'absence de transparence qui a entouré tout ce processus. La population a été tenue à distance de son avenir. La presse a été mise à la porte des conseils privés.  Les agents municipaux ont été largement oubliés provoquant des questionnements, des stress légitimes. Et les élus ont été mis sur la touche, relégués au rang de simples spectateurs, dépouillés de leur pouvoir pourtant démocratiquement acquis.

En vérité, le processus de fusion a été plus un processus de copinages que de politique sérieuse. Il ne peut déboucher de cette réalité qu'une défiance plus grande encore de la population vis-à-vis de ses instances et de ses représentants. Un tel projet, pourtant si enthousiasmant sur le papier, s'est vite transformé en un projet personnel oubliant le bien commun pour se concentrer d'abord sur la distribution des postes et des indemnités. Un exemple ? Jamais encore nous n'avons eu à échanger sur la future composition des comités d'habitants, sur leurs attributions, leurs composition... Par contre, combien de conciliabules, de réunions pour définir le nombre de maires adjoints, le nom des heureux élus ; le montant de leurs indemnités. Ce décalage entre bien commun et pouvoir personnel heurte profondément ma sensibilité républicaine et démocrate.

Pour habiller cette nouvelle fusion d'un semblant de légitimité et de diversité politique, il a été décidé de maintenir des communes déléguées en confondant au passage la notion de proximité et celle de clientélisme. Car je n'ai jamais considéré que c'était le nombre d'élus qui faisait la proximité. Vous pouvez avoir de nombreux élus, mais sans pouvoirs et sans écoute de la part d'un exécutif droit dans ses bottes. La proximité se gagne en donnant une place aux citoyens dans les processus de réflexion et de délibération, pas en multipliant les élus fantoches de fait.

Cette armée mexicaine, avec ses 202 conseillers municipaux et sa cohorte de  maires adjoints qui se demandent encore quel sera leur pouvoir réel au sein des conseils délégués, sera ingérable. Elle va ajouter des lourdeurs aux lourdeurs, sans rien apporter de plus au processus démocratique.

C'est pourquoi, ce soir, je vous propose ma candidature au poste de maire. Pour prendre en compte cette réalité et reprendre enfin le chemin de la démocratie, du bon sens et du pragmatisme.

Je ne vous propose pas une candidature avec un programme, je n'en ai, et personne ici n'en a, la légitimité. Je vous propose une candidature pour repartir du bon pied. En votant pour moi, vous accepter le chemin du retour aux urnes au printemps en décidant la dissolution de ce conseil municipal pléthorique. Cette dissolution collective ne sera effective que si, évidemment, j'obtiens la majorité. Dans le cas contraire c'est la voie des 6 maires délégués qui sera suivie à savoir l'affreuse machinerie pléthorique qui vous sera présentée par le biais de la candidature de M. Rigaut. Je continuerai alors à siéger car je n'ai pas moins de légitimité que d'autres.

Je vous appelle à bien réfléchir mes chers collègues. 3 ans avant 2020 c'est court, mais c'est long aussi. On veut nous faire croire que ces 3 années ne seront que des années "techniques", de mise en place de la fusion. Durant ces 3 années, certains voudraient nous faire croire que l'on doit mettre nos convictions, nos idées politiques de côté. 3 années de parenthèse politique pour n'être plus que des gestionnaires, comptables. Si c'était cela la réalité, s'il fallait mettre la politique de côté pendant 3 ans, alors notre légitimité d'élus serait encore plus faible. Mieux vaudrait organiser un concours de beauté de super-énarques, bien plus qualifiés que nous pour mener à bien cette transition "technique". La vérité est bien différente. En réalité, ce sont durant ces 3 années que nous allons faire le plus de Politique car les choix à opérer sont innombrables et nous en avons déjà eu la démonstration avec l'armement de la police municipale, les choix concernant les tarifs, etc...

Faire de la politique ce n'est pas mal. Dire que l'on n'est pas toujours d'accord, c'est noble. Croire encore qu'il peut exister des familles politiques différentes, dont les choix sont différents, ce n'est pas être dogmatique. Mais pour faire de la politique, opérer tous ces choix, il faut être légitimes. La légitimité vient des électeurs. Et je suis candidat pour proposer la dissolution de ce conseil pléthorique, le retour aux urnes et l'élection d'une équipe légitime, motivée et efficace pour mener à bien la réalisation de cette fusion."

Au final le vote a permis l'élection par 150 conseillers municipaux sur 202 de M. Rigaut. Pour ma part, j'ai recueilli 7 voix. Certains pourront en rire, mais je trouve cette posture plus noble et cohérente que de décider de voter blanc tout en acceptant les postes d'adjoints et donc d'intégrer la majorité, choix opéré par la gauche locale et les écologistes. 

Je remercie les élus qui m'ont fait confiance. Cela me touche. La base est encore faible mais l'espoir est grand de construire une alternative citoyenne. Le décalage entre le cirque qu'est devenu le conseil municipal et les préoccupations des citoyens ne peut pas durer longtemps. Les postures de façade non plus. Viendra le temps de la clarification et de la vérité. Je suis convaincu que les citoyens sauront reconnaître ceux qui ont tout essayé pour les impliquer et leur faire confiance. Ceux qui n'ont pas jouer les contorsionnistes politiciens.

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