jeudi 15 décembre 2016

Logement des travailleurs saisonniers


Le débat concernant l'acte 2 de la loi Montagne est actuellement en discussion au Sénat. J'en lis le compte-rendu dans le Dauphiné, notamment en ce qui concerne le logement des travailleurs saisonniers. 

C'est un sujet, vous le savez, qui me tient particulièrement à cœur, notamment depuis le drame de la mort de deux jeunes dans leur camion à La Clusaz début janvier 2013.

J'avais porté, comme candidat à la députation en 2012, des propositions à ce sujet, s'appuyant notamment sur les expériences menées dans d'autres stations.

Pourtant la réponse est toujours la même de la part des autorités en place : "les stations ne sont pas responsables"... "C'est un choix de vie de ces travailleurs".
Une très bonne manière de se cacher derrière son petit doigt et de ne surtout rien faire.

Estomaqué une nouvelle fois, je le suis, en lisant les prises de position de nos sénateurs haut-savoyards concernant deux propositions contenues dans le texte porté par le gouvernement. Le gouvernement souhaite améliorer l'hébergement des travailleurs saisonniers (dont je rappelle qu'ils participent largement à la vie économique de notre territoire, à sa richesse et à son attrait) par deux propositions :
- permettre aux bailleurs sociaux de louer des logements vacants à des propriétaires privés pour ensuite les sous-louer à des saisonniers à des tarifs modérés. C'est l'expérience qui est menée depuis plusieurs années aux Deux Alpes, avec succès.
- mettre en place un plan d'actions, avec tous les acteurs concernés, pour trouver des solutions pour héberger tous nos saisonniers (constructions de logements spécifiques, installation d'aires pour camions, etc...)

Ces mesures semblent bien pragmatiques et empreintes de bon sens. Et pourtant voilà que nos sénateurs montent de nouveau au créneau pour "desserrer la contrainte" (sic Le Dauphiné) (c'est-à-dire les amendes pour les communes qui refuseraient de réfléchir à ce plan d'actions).

Je regrette personnellement ces postures politiciennes, soumises à des intérêts économiques qui visiblement font peu de cas de la situation parfois inhumaine du logement des saisonniers. Car qui peut s'opposer à l'obligation de réfléchir et de mettre en place des actions pour loger des saisonniers ?

S'il ne s'agit pas d'étouffer financièrement les stations, il s'agit d'être clairs et fermes avec ceux qui refusent de s'intéresser à ce sujet et qui préfèrent "traire les saisonniers" comme des vaches à lait sans en assumer les responsabilités... Et qui préfèrent dire : "Les camions, c'est leur choix de vie..."

Faudra-t-il d'autres drames ? Alors M. les Sénateurs, un peu de pragmatisme et moins d'idéologie et de soumission aux intérêts financiers.


3 commentaires:

  1. Ils ont oubliés que la devise de la République se termine par FRATERNITÉ.
    Un valeur qui aurais dû être placé en premier, avant Liberté et Egalité.

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  2. Quand on sait par ailleurs qu'à La Clusaz, le maire s'insurge contre ce même projet de loi. Qu'il vient de vendre un magnifique tènement immobilier dont la commune était propriétaire à un promoteur sans réserve ou conditions particulières si ce n'est de faire de petits logements pour multiplier le nombre de candidat à l'achat de forfait de ski saison!!! Claude Lansard cluse d'origine!

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  3. quel scandale que les propos de ces 2 sénateurs de Haute Savoie qui osent dire que c'est un choix délibéré de coucher dans une camionnette à l'endroit le plus froid de la station; il y a tellement d'appartements vides à toute saison et les bailleurs sociaux pourraient peut être faire un effort!

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