vendredi 23 décembre 2016

Commune nouvelle : ca commence fort !


Ma collègue, Claire Lepan, m'a fait parvenir le texte suivant où elle exprime à merveille ce qui se passe avec la commune nouvelle. La grande braderie du service public a commencé. Finalement, le programme droitiste de Bernard Accoyer finira bien par se mettre en place sur Annecy et sur toute la commune nouvelle. Il est bien loin le temps où JL Rigaut se posait en rempart contre l'UMP et P Hérisson. Aujourd'hui c'est lui qui met en action ce programme, sous couvert de fusion de communes. Force est de constater que face à cette réalité, les pouvoirs de résistance sont faibles. Mais ils existent : la preuve ? On continue à défendre une certaine idée du service public à l'Annécienne.

Claire Lepan : "

Denis DUPERTHUY a relayé à plusieurs reprises nos interrogations, nos inquiétudes sur ce que recouvrait la notion de "bon niveau de service public" mise en avant par les promoteurs de la fusion des communes pour la justifier. Nous avons été renvoyé à la lecture du contrat de service public fixant les grandes orientations de la commune nouvelle, dont la lecture n'a jamais rien eu de rassurant pour les "Annéciens historiques" que nous sommes.

A quelques jours de la fusion effective, nous commençons à y voir plus clair : nous avons eu connaissance de la commande politique pour certaines thématiques.
Je rappelle que la commune nouvelle doit réglementairement offrir le même niveau de service public à tous ses habitants.

Pour ce qui concerne le social, domaine dans lequel je suis investie, les habitants de la ville historique d'Annecy ont du souci à se faire. Le "bon niveau" de service public va largement se faire sur leur dos. Je n'oublie pas que chaque commune fusionnée apporte au pot commun, mais leurs contributions sont sans commune mesure avec celle de la ville d'Annecy.

Seniors : 
La commande politique est claire : déployer l'offre de service sur tout le territoire de la commune nouvelle sans augmentation de budget, sans augmentation de la masse salariale.
Concrètement, cela signifie par exemple que les capacités des restaurants municipaux dédiés aux personnes âgées resteront identiques mais que ceux-ci seront ouverts à tous les habitants de la commune nouvelle. Or plusieurs communes ne proposaient pas ce service. Au bout du compte, il y aura moins de place pour les "Annéciens historiques" qui ont largement contribué par leurs impôts à la mise en place de ces équipements... Il en est de même pour les activités physiques, culturelles, conviviales jusque là proposées.

Solidarité :
La ville d'Annecy est, de part son histoire, dotée d'un pôle social comprenant des assistant-e-s social-e-s et agents sociaux. En effet, une convention entre la ville et le département a délégué à la ville pendant 50 ans la charge du traitement social sur son territoire. Le Département a mis fin à cette convention en 2014, récupérant les locaux des PMS et une partie seulement de leur personnel. La ville d'Annecy avait choisi de conserver ces postes et de créer un pôle "Solidarités" pour préserver les compétences acquises, la fine connaissance de la réalité sociale vécue par les Annéciens. C'est notamment ce qui lui a permis de mener une Analyse des Besoins Sociaux en interne.
Là aussi la commande politique est claire : orienter les personnes vers les services sociaux du Département. Et cela ne sera pas sans incidence pour les "Annéciens historiques". A l'heure actuelle pour obtenir une rendez-vous avec un-e assistant-e social-e du département sur la commune d'Annecy, il faut attendre de 4 à 5 semaines ! Heureusement que la ville d'Annecy offre un dispositif complémentaire pour répondre à l'urgence. Cette orientation scelle en outre le devenir du pôle "Solidarités" de la ville d'Annecy : à terme, une disparition pure et simple !  De son côté le Département ne donne pas de signe de renforcement de son offre...

Conseil Communal d'Action Sociale :
Une commande politique on ne peut plus claire : création d'un CCAS à compétences réduites !
Pour l'heure, on ne sait quelles actions seront abandonnées : cours de vélo pour adultes pour accéder à la mobilité, cours de langue pour gagner en indépendance et s'intégrer... Il faut attendre la constitution du nouveau CCAS de la commune nouvelle pour en savoir plus.

Plus généralement, pour l'ensemble des thématiques, la commande politique de base est la même : pas d'augmentation de budget, pas d'augmentation de la masse salariale soit la dilution du niveau de service public historique d'Annecy sur le territoire de la commune nouvelle... Est-ce qu'avec autant pour tous, et même souvent moins (la non augmentation de la masse salariale signifie dans les faits le non remplacement de postes d'agents suite à leur départ en retraite) nous pouvons offrir un "bon niveau" de service public ? Cela dépend évidemment d'où on part, du niveau existant sur les communes avant fusion. 

On peut me reprocher de regarder un verre à moitié vide au lieu d'un verre à moitié plein. Il est certain que l'offre de service public va s'améliorer pour certains des citoyens qui vont rejoindre la ville d'Annecy (dont la majorité n'a jamais jugé bon de doter leur commune d'une telle offre de service public) mais j'ai été élue par 4200 Annéciens pour défendre une vision partagée de l’intérêt général des Annéciens et non par des Seynodiens, des Ancileviens ou autres. Ce sont aux Annéciens, au programme que j'ai porté avec mes collègues que je dois ma légitimité d'élue. C'est à eux que je rends des comptes. Ce sont eux qui m'ont mandaté pour défendre une certaine idée du service public, certainement pas pour démolir ce qui existait déjà."

1 commentaire:

  1. Rigaut est en train de liquider complètement l'héritage que lui ont laissé messieurs Bosson(s) et Fumex. Je dirais même qu'il racle les fonds de tiroir. Bonnes fêtes quand-même,à tous.

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