mercredi 16 novembre 2016

Transfert des compétences "Culture et sports"

Lundi la majorité du conseil municipal a voté le retour des équipements culturels et sportifs de la C2A aux communes (ex.: piscines, patinoires, Bonlieu, Brise Glace...). Ces structures seront à partir du 01 janvier gérées de nouveau par les communes.

C'est un retour en arrière auquel je suis résolument opposé. On a mis des années à avoir un début de politique de gestion de ces équipements commune et aujourd'hui tout est remis en cause par égoïsme communal.

Pourquoi ce retour en arrière ?

Souvenez-vous ! Lorsque les "petites communes" de l'agglomération ont refusé de fusionner avec Annecy... Or un projet de création d'une nouvelle piscine était évoqué, du côté d'Epagny-Metz-Tessy... La réaction d'élus et de maires parmi ceux qui vont fusionner a été directe : Ils ne veulent pas fusionner, on va leur faire payer ! Résultat : retour des équipements sportifs aux communes comme cela s'ils veulent une nouvelle piscine, ils devront se la payer tout seul ! Ce ne sera pas l'agglo qui payera.

Voilà le niveau du débat politique sur notre bassin de vie ! Ou est l'intéret général ? Celui de nos enfants, de nos concitoyens qui ont du mal à obtenir des créneaux pour les cours de natation ? La construction d'une nouvelle piscine sur cette rive du Fier est une nécessité. Mais non, "on va les faire payer !"

Rigaut nous dit que la nouvelle agglo se concentrera sur les compétences obligatoires (économie, aménagement du territoire, environnement). C'est faux, elle gérera aussi les équipements et la politique des personnes âgées. Pourquoi ? Par électoralisme et clientélisme. Sinon pourquoi refuser l'intégration des équipements de la petite enfance, communautaire sur d'autres communautés de communes qui vont nous rejoindre ?

Rigaut nous dit que les politiques culturelles et sportives doivent être "de proximité" et donc être aux communes. C'est vrai, mais c'est déjà le cas ! Ce sont les communes qui définissent leurs politiques culturelles et sportives depuis toujours. L'agglo ne gérait que les EQUIPEMENTS culturels et sportifs. Ceci avait un sens, celui de la coopération (des équipements utilisés par des habitants de plusieurs communes), de la coordination (pour planifier les constructions de manière cohérentes), et de la solidarité (les communes riches participaient aux financements d'équipements sur le territoire de communes plus pauvres). Maintenir les équipements dans la nouvelle agglo ne changeait rien sur leur gestion mais présentait de nombreux intérêts. Au lieu de quoi on se recroqueville sur les égoïsmes communaux (appelés "nationalisme" quand il s'agit de pays).

Rigaut nous dit que l'esprit de la loi ce n'est plus l'intégration (la mise en commun de compétences) au niveau intercommunal, mais au contraire, la désintégration. C'est faux. Dans ce cas, l'agglo deviendrait un "machin" qui dicterait les orientations globales et les communes seraient là pour les mettre en oeuvre. On a connu historiquement, dans de nombreux pays, cette division entre ceux qui pensent et ceux qui agissent. Ca n'a jamais fonctionné. Car il arrive toujours un jour où ceux qui sont sensés agir n'ont plus les moyens de le faire et alors la belle mécanique s'enraye. Cela revient à dire que l'agglo n'a plus qu'un rôle consultatif. Elle se désarme pour agir et mener ses propres politiques.
Cette vision est totalement absurde et fausse. Ce n'est pas l'esprit de la loi NOTRe contrairement à ce que dit M. Rigaut. Au contraire, la loi pousse à l'intégration pour faire ensemble, au niveau intercommunal, ce qu'il est plus efficace de faire à ce niveau. Construire et gérer des équipements culturels et sportifs a un impact sur tout un bassin de vie et pas seulement sur le territoire d'une commune. Ces compétences doivent rester de compétence intercommunale.
M. Rigaut fait croire qu'un nouveau modèle est impulsé, notamment à Annecy, qu'un nouvel esprit plane sur la répartition des compétences. Ce nouvel esprit, bizarrement ne soufflerait qu'à Annecy nulle part ailleurs, où les intercommunalités continuent de s'intégrer. La baronnie d'Annecy est en bonne voie.

M. Rigaut porte une vision passéiste et rétrograde de ce qu'est une agglomération. Fer de lance d'une vision technocratique et égoiste des instituions, il rejette ainsi toute forme de solidarité territoriale.

Je porte une autre vision : celle non des représailles et des coups rendus, mais celle du pragmatisme et de l’intérêt général. Je m'oppose sur le fond au choix fait par ceux qui portent ce retour en arrière du temps d'avant le district, des années 1980. Les gens vivent, travaillent et ont des loisirs sur un territoire plus global. Ils doivent, fraternellement et en solidarité, participer collectivement de la réalisation des grands équipements culturels et sportifs. Ils ont pour cela des élus, élus au suffrage universel qui siège en conseils communautaires non pour délivrer des feuilles de route, mais pour agir dans l’intérêt collectif.

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