samedi 22 octobre 2016

Solidarités entre territoires ?


Lors de la dernière réunion des 202 conseillers municipaux, Jean-Luc Rigaut nous a exposé sa manière de voir la future organisation territoriale et la répartition des compétences entre agglo et communes.

Pour lui, l'agglo va devenir le lieu de discussion et de décision des schémas d'organisations (SCOT, PLU Intercommunal, schéma gérontologique, schéma préservation de la qualité de l'air, schéma des mobilités...). Mais l'agglo n'aura aucun moyen de les mettre en oeuvre. Ce sera aux communes d'agir. C'est elles qui doivent avoir les moyens de faire (d'où, selon lui, la nécessité de fusionner).

Dit comme cela, un peu rapidement, cela semble assez clair et ne pas porter à discussion. Pourtant c'est là une vision dangereuse pour nos territoires. C'est une vision qui tourne le dos à des décennies de construction intercommunale en revenant sur les moyens accordés aux interco.

Pendant des décennies, le législateur a souhaité donner un poids et un pouvoir de plus en plus important aux intercommunalités, y compris avec des moyens financiers. Cela pour permettre une plus grande solidarité entre les communes et une meilleure répartition des ressources, pour apporter un service public de qualité à tous les habitants.

En limitant le rôle des interco à des discussions sur des schémas d'organisation, qui seront (ou pas !!! Quelles sanctions??? on le voit sur le logement...) appliqué par les communes, on rétrécit le rôle des interco à de simples assemblées de discussions, sans réel pouvoir. Des sortes de commissariats aux plans, sans moyens d'actions.

On crée surtout une rupture forte de solidarité entre les territoires, puisque les communes riches pourront mettre en oeuvre les décisions (qu'elles auront en grande partie imposé aux autres) alors que les plus petites ou les plus pauvres peineront. On organise la perte de solidarité entre les communes.

Nous savons depuis longtemps que M. Rigaut ne comprend rien à la Haute Savoie. Lui qui ne voit que ce département à l'aune de son regard urbain ne sait pas les liens affectifs qui lient nos territoires. Son idée d'un pôle métropolitain autour des grandes villes (Annecy, Chambéry, Aix-les-Bains) va d'ailleurs dans ce sens : celui de laisser de côté les petites communes, créant ainsi une ségrégation territoriale.

La Haute Savoie ce n'est pas les villes contre les campagnes. Ce n'est pas les gros contre les petits. Ce n'est pas les riches contre les pauvres. La Haute Savoie c'est un ensemble cohérent, subtil de ruralité et d'urbanité, de partage et de solidarité. C'est d'ailleurs cela que viennent chercher les touristes et les entreprises qui s'installent chez nous.

Vous voulez un exemple ? Dans la future agglo, nous allons créer un réseau de bus à deux vitesses : la zone urbaine (correctement desservie) et la zone rurale. Sur les investissements communautaires : le centre des congrès et les voies urbaines d'un côté, et quoi pour les autres ?

Pas étonnant que beaucoup d'élus de ces "petites communes" rurales s'interrogent à nous rejoindre. Qu'auront-elles à gagner dans cette manière de voir l'avenir qui semble réserver une place au soleil pour les gros qui pourront ainsi écraser les petits ?

Ce n'est pas ma vision de l'avenir de nos territoires. Des communes n'avanceront pas CONTRE les autres, mais AVEC elles. Si les communes veulent se renforcer ce n'est pas pour affaiblir les intercommunalités. Au contraire, l'intercommunalité doit devenir le lieu de la solidarité entre les territoires. Et pas seulement dans les slogans... "Une agglo attractive et solidaire". Mon oeil.

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