mardi 27 septembre 2016

Conseil municipal d'hier soir

Le conseil municipal d'hier soir aura duré moins de 2 heures, questions diverses comprises pour 31 poins à l'ordre du jour.

Une rapidité qui s'explique par l'absence de grands sujets. Comme je l'avais dit, cette rentrée politique sera terne, molle car les vrais débats, les grands enjeux ne se décident plus en conseil municipal, mais à 6 maires, dans le cadre des discussions qu'ils ont sur la fusion de communes.

Les conseils municipaux sont mis sur la touche et nous assistons spectateurs aux décisions prises.

Un exemple ? Hier soir je suis intervenu en questions diverses sur la décision du Maire d'armer la police municipale. Mon propos n'était pas de parler du fond. C'est une perte de temps puisque le maire a décidé tout seul, sans nous concerter, de prendre cette décision.

C'est l'illustration même que, pendant qu'on nous fait voter sur des points techniques sans intérêt, les vrais débats ont lieu ailleurs. Certes, c'est le pouvoir du maire de prendre ces décisions. Mais j'estime pour ma part qu'un débat aurait pu avoir lieu et une discussion être menée plutôt que d'apprendre cela par la presse.


Au fond, comme je l'ai dit à M. Rigaut, ces 6 maires n'ont pas compris ce que cela signifiait d'être maire. Oui, le maire est le chef de sa majorité (qui n'a recueilli que 45% des voix à Annecy...). Oui cela lui donne quasiment tous les pouvoirs et il peut donc faire ce qu'il veut. Mais, pour moi, un maire c'est plus que cela. Pour devenir un vrai maire, il faut savoir se dépasser, transcender sa propre appartenance politique pour réunir tous les Annéciens et être leur porte-parole à tous. Cela se construit dans un dialogue et un respect continu et soutenu avec les minorités qui, elles aussi, portent l'avis des citoyens. Etre un vrai maire, c'est savoir que l'on peut faire ce que l'on veut sans dialogue, mais c'est choisir la voie de l'union, du rassemblement pour pouvoir ensuite porter à l'extérieur une voix plus forte car plus rassemblée.

Un vrai maire, c'est celui qui sait qu'il peut se passer de ses minorités et décider seul, mais qui ne le fera pas. Car au long terme et pour l’intérêt général des habitants, il considère que ces minorités ont des choses à dire qui méritent d'être écoutées car elles enrichissent les débats et peuvent améliorer les décisions prises. Un vrai maire doit choyer ses minorités car il sait qu'il peut les écraser, mais il ne le fera pas car pour lui, leur opinion compte même si chacun sait, et c'est normal, que c'est bien lui qui a la fin tranchera.

Au regard de la manière dont les décisions sont prises depuis un an dans le cadre du projet de fusion des communes, je suis au regret de constater (et l'exemple de l'armement de la police municipale en est la caricature) qu'aucune concertation n'a lieu avec les minorités (pas un rendez-vous, pas un appel téléphonique). On convoque les conseils municipaux pour maintenir l'illusion démocratique mais on décide ailleurs.

Ces maires ne sont pas des vrais maires, ils n'ont pas compris quel était leur rôle. Ils jouent les chefs de majorité et ignorent les minorités convaincus de détenir à eux seuls la science infuse et la réponse à toutes les questions. Cette manière de faire cache la peur du débat et de la contradiction. Ce sont de petits maires qui portent un projet bien trop grand pour eux, d'autant plus rabougri qu'ils le lisent uniquement par le prisme des intérêts de leurs petites majorités.

Au passage, j'ai demandé combien allait nous coûter cette décision. M. Rigaut m'a répondu que l'évaluation des coûts allait être menée. Dit autrement, il a pris une décision politique sans savoir combien allait coûter au contribuable...

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