mardi 16 août 2016

Gauche/droite ?

J'ai toujours pensé (et je continue de penser) que la pensée politique se divisent en deux : la gauche et la droite, qui portent chacune des idéologies (au sens noble du terme) différentes.

Il y a d'un côté la droite qui considère que ce qui est premier, c'est l'individu. La société fonctionne bien si chaque individu est libre de mener ses propres projets (économique, personnels, etc...). La société est pensée comme seconde, comme l'addition d'individus. Le "Je" précède le "Nous". 

A gauche on considère au contraire que c'est la société, le collectif (classe sociale, groupe, ethnie...) qui est premier. L'individu ne peut s'émanciper que dans une société juste, à tendance égalitaire. Les lois, règles, normes collectives permettent à l'individu d'être ce qu'il est vraiment et lui garantir de s'émanciper. Le "Nous" précède le "Je".

Cette différence idéologique se justifie parfaitement de manière intellectuelle. Il existe des penseurs, des philosophies, des idéologies, tout aussi respectables des deux côtés. Il n'existe donc pas, intellectuellement, de supériorité d'une vision sur l'autre. 

Mieux, je continue de penser que ce tiraillement, cette "lutte" entre ces deux pôles politiques est nécessaire et doit être recherchée, pour le bien de la société. 

Je crois donc à l'alternative Gauche/Droite, à sa nécessité pour la démocratie et au-delà pour le bien commun. La Gauche et la Droite, ce n'est pas pareil, et c'est très bien car c'est dans l'alternance de l'une et de l'autre que se construit une société équilibrée.

Enfin, ça c'est pour la théorie. Car dans la réalité, les choses sont bien plus compliquées avec une Gauche (auto désignée) qui s'en prend aux individus (les chômeurs, les terroristes,...) et oublie l'analyse des causes et donc de proposer des solutions collectives ; et une Droite (auto désignée) qui elle aussi brouille les pistes en demandant un Etat plus fort, plus protecteur...

Localement quand je vois comment se font les positionnements politiques des uns et des autres, je suis encore plus troublé. Tout se passe comme si nos élus s'étaient partagés les rôles : à droite on parle économie, sécurité, commerce; à gauche : culture, logement et transports en commun. On a donc des comportements quasi-pavloviens des uns et des autres qui sur-réagissent dès que le camp d'en face parle de tel ou tel sujet sensé être de sa chasse-gardée.

Il est alors déconcertant de voir un élu comme moi qui décide de ne pas s'enfermer dans ce genre de cases prédéfinies. Oui je parle de sécurité et demande une présence policière plus massive notamment la nuit dans nos quartiers. Oui je parle d'activité commerçante, d'avenir économique. Oui je parle de culture et je me permets d'interroger certains partis-pris. Oui, je défends le logement social mais aussi le logement intermédiaire. Les cases sautent et ca ne plait pas beaucoup...

Bref, je suis un ni-gauche ni-droite puisque je parle des sujets de gauche ET des sujets de droite... Mais n'est-ce pas cela faire de la politique ?

Au fond je crois que faute de questionnements personnels suffisants, faute de réflexion, on voit trop souvent la gauche et la droite se comporter de la même façon et avancer les mêmes idées et les mêmes solutions. Bref, globalement et à juste titre, les citoyens disent : "gauche et droite c'est pareil !" Il faut bien reconnaître que de là où je suis c'est très souvent vrai...

Alors j'en suis arrivé à cette conclusion un peu bancale : Oui je pense qu'il existe dans toute société une opposition idéologique entre la gauche et la droite, que cette opposition ne doit pas être un combat à mort puisqu'au fond personne n'a raison ou tort (même si chacun peut et doit défendre ses opinions) mais qu'elle doit être réelle pour permettre aux citoyens de se faire leur propre opinion. Pour lutter contre le FN, il ne faut pas des listes "arc-en-ciel" ou des unions sacrées. Elles ne font que le renforcer. Il faut au contraire un antagonisme clair (ce qui ne veut pas dire "extrême") mais respectueux et constructif.

Entendez-moi bien cela ne signifie pas : plus à gauche ou plus à droite. Non juste plus réfléchi, plus construit et plus cohérent. La logique d'ensemble d'un discours, d'une parole publique, soutenue par un comportement adéquat : voilà l'antidote aux extrémismes.

Mais en même temps je crois que les partis politiques actuels ont tué le clivage gauche/droite par leur manque d'idées et le comportement de beaucoup de leurs membres. A nous autres, conscients de cette dérive, de reconstruire autre chose. Quelque chose qui permette au citoyen de se ressaisir de la chose publique, de comprendre les enjeux et les solutions possibles sur tel et tel problème, de se faire son opinion selon ses convictions. Non plus des oppositions stériles, stéréotypées, souvent de façade, mais des débats légitimes sur la meilleure façon de préparer un monde plus beau, plus juste et plus fraternel pour nous-mêmes et nos enfants.

Ce qui conduit au fascisme, ce n'est pas la confrontation des idées dans un cadre républicain. C'est au contraire l'effondrement des idées, la fin de la confrontation politique. La nature ayant horreur du vide, ce qui fait le jeu du FN ce sont les comportements des partis politiques actuellement en place qui donnent l'impression d'une même politique menée par les mêmes individus (on change juste les noms), sans alternative possible.

Il ne faut pas craindre l'alternative (réfléchie, rationnelle et constructive). Craignons au contraire l'effacement des antagonistes, les fusions sans contenus, les discussions entre partis ou entre élus car ce sont eux qui mènent la politique à la déroute et ouvrent la voie aux extrémismes de tous bords.

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