samedi 16 juillet 2016

Tuerie de Nice : Deuil national

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C'est avec une immense tristesse et une certaine colère que j'ai appris ce qui c'était passé à Nice le soir du 14 juillet. Encore une fois, un cinglé barbare avait décidé de semer la mort et la désolation derrière lui.

Je veux adresser toutes mes pensées et mon soutien aux victimes, à leurs familles et amis, aux blessés. Annecy est historiquement si proche de Nice que ce drame raisonne ici en Savoie avec un écho particulier. Oui, depuis ce funeste soir nous sommes tous Niçois.

Je veux saluer aussi les forces de l'ordre qui ont permis d'arrêter ce barbare dans son crime horrible. Ainsi que tous les policiers et gendarmes investis depuis dans l'enquête et la recherche de la vérité. Un mot d'affection aussi au corps médical qui a dû gérer un drame sans précédent avec un professionnalisme de tous les instants.

Choisir ses mots et attendre

Personnellement, dans l'attente des résultats de l'enquête, je préfère ne pas donner de qualificatif à cette tuerie. Peut-on parler d'attentat comme le font certains politiques depuis 2 jours, je n'en suis pas certain (pour quelle cause ?) ? De terrorisme ? Ce mot revêt un caractère si anxiogène qu'il vaut mieux l'utiliser avec parcimonie, dans l'attente des résultats de l'enquête.

Je trouve que depuis ces événements tragiques, horribles, nous connaissons un emballement politique et médiatique qui me font peur. Parce que cet individu était d'origine tunisienne, on a tout de suite pensé au terrorisme islamiste, sans plus de preuve que son nom, un mode de tuerie soit disant encouragé par Daech... On a hystérisé la population et renvoyé cet acte odieux au terrorisme islamiste.

Bien sûr, je ne connais pas plus d'informations que ce que la presse en dit. Je comprends que, pour trouver une logique à ce qui n'en a pas, on cherche à se raccrocher à des raisons qui nous paraissent évidentes : tuer par radicalisation islamiste, même si c'est une horreur monumentale, on peut le comprendre.

Mais s'il s'agissait d'un acte d'un déséquilibré isolé ? Faut-il, sans réfléchir plus avant, se jeter dans des fausses solutions (j'entends déjà parler les politiques d'état d'urgence, d'interdiction du voile islamique, de guerre contre le terrorisme...) alors qu'il s'agit peut-être d'autre chose ? Cette hypothèse nous fait encore plus peur, car on ne lui trouve aucune logique. C'est pourquoi collectivement on préfère la balayer d'un revers de main pour se convaincre qu'il s'agit de terrorisme islamiste...

Pourtant nous avons déjà eu au moins un précédent : le pilote de la German Wings qui s'est suicidé avec des dizaines de passagers en 2015. Là aussi au début on a tout entendu sur la piste terroriste... qui a fini par faire pschitt.

J'ai confiance en la justice de mon pays pour qu'elle trouve les "motivations" de ce monstre. En connaissant les origines du mal nous pourrons chercher un remède. Tout cela demande un peu de temps et de sang froid. Nous finirons par avoir sans aller plus vite que la musique. Et j'ai depuis hier un profond mépris pour tous ceux qui se sont engouffrés dans les formules faciles, les solutions sécuritaires, la stigmatisation.

Essayer de comprendre l'incompréhensible pour arrêter ces massacres

Au-delà de ces solutions qu'il faut absolument trouver pour mettre fin à ces carnages, il faut aussi relancer le travail sur la réflexion grâce à la raison (et non l'affect et l'hystérie). Il y a plus d'un siècle, Emile Durkheim avait publié un livre intitulé : "Le suicide" dans lequel il énonçait l'idée que le suicide est un acte social, révolutionnant totalement la vision collective de cet acte. Il nous faudrait aujourd'hui un grand penseur qui réfléchisse à ces suicides meurtriers recouverts d'une justification religieuse ou non. Pourquoi au moyen-age le suicide n'existait pas, puis est apparu le suicide individuel (seul dans son coin) et maintenant le suicide meurtrier (les bombes humaines, les déséquilibrés qui finissent toujours par se faire descendre) ?

L'Histoire nous montre que l'être humain évolue, même dans le pire, même dans le mal. On a vu apparaître les serial killers. On a vu les terroristes engagés (OLP, IRA...). On voit aujourd'hui des terroristes radicalisés en Syrie (Charlie Hebdo, Bataclan...). Et peut-être aussi des déséquilibrés qui ne veulent pas mourir tout seuls. Pourquoi ?

On peut se dire que ce sont des fous, qu'il faut sortir de la société des hommes (c'tait la logique de le déchéance de nationalité par exemple). On peut aussi se dire, sans rien enlever de leur barbarie, de leur inhumanité, qu'ils sont souvent le produit de nos sociétés, et que quelque chose s'est déréglé dans nos sociétés qui a libéré une nouvelle façon de créer le mal (quel rôle de la violence sur les écrans par exemple ? etc...). N'existe-t-il pas des liens, finalement, entre ces tueries sur les campus américains, et ces attentats ? Pourquoi ces jeunes veulent-ils mourir, et mourir avec d'autres ?

Poser ces questions ce n'est pas chercher des excuses à ces barbares. Loin de moi cette idée. C'est commencer, peut-être, à ouvrir la voie qui permettra : plus jamais çà ! Loin des slogans et des responsabilités toutes faites.

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