samedi 2 juillet 2016

Révision du PLU d'Annecy

Depuis plusieurs mois, la ville est engagée dans une révision de son Plan Local d'Urbanisme (PLU), document qui fixe les règles pour l'urbanisation de notre ville pour environ les 10 ans qui viennent.

C'est donc un chantier important. Certes, à Annecy, les enjeux ne sont plus de savoir si tel ou tel terrain devient constructible ou non puisque notre ville (à moins de bétonner le Semnoz) est déjà totalement urbanisée.

Il n'empêche que ce nouveau PLU doit porter des enjeux forts en termes de développement durable, de mixité sociale, de mixité générationnelle, de mixité fonctionnelle (mêler commerces, habitats, services publics), d'innovations et d'expérimentations (avec des "nouveaux matériaux" écologiques, de nouvelles manières de faire de l'autopromotion, etc...), de mobilités (transports en commun, piétons, vélos...), en matière d'attractivité touristique et économique (possibilités d'implantation d'hôtels, de commerces...).

Dès lors, l'enjeu porte principalement sur la densification de la ville, la fluidité de sa traversée et la protection des espaces verts et naturels.

J'ai porté en commission "urbanisme" cette vision de la ville du XXIe siècle, respectueuse de son environnement, de son histoire mais aussi résolument tournée vers l'avenir et le bien vivre ensemble.
Il faut dire que l'écoute de la part de Mme Tarpin, maire-adjointe à l'urbanisme (qui a porté le projet), a été d'une grande qualité. Dans l'ensemble, le projet actuellement porté et voté au dernier conseil municipal va, sur bien des points, dans le bon sens.

Néanmoins 3 points ont attiré mon attention et ont motivé une abstention lors du vote. Nous espérons que ces points pourront être améliorés au moment de l'enquête publique qui aura lieu à l'automne afin de, peut-être, valider ce PLU définitivement en décembre prochain.

1) Le nouveau PLU imposera aux promoteurs immobiliers 30% de logements sociaux sur tout nouveau programme immobilier à partir de 4 logements. C'est une bonne chose. La règle, qui jusqu'alors n'était pas écrite et subissait trop d'exceptions, sera cette fois-ci claire. Néanmoins, nous savons que la loi imposera 25% de logements sociaux d'ici à 2025 pour notre ville (nous sommes actuellement à 20%). Pour atteindre cette obligation légale, un cabinet d'étude a calculé qu'il faudrait construire 60% de logements sociaux dans tous les programmes neufs d'ici à 2025. Le double ! Dans un esprit constructif de compromis nous avions avancé le chiffre de 40%. Je rappelle que plus de 70% des Annéciens sont éligibles au logement social, que leur rareté est un handicap( le principal !) pour notre économie. Faire du logement social, c'est assurer notre prospérité économique et garantir à nos enfants de pouvoir rester au pays. 

Nous regrettons cette vision très stigmatisante des logements sociaux encore porté par la majorité. A Novel-Teppes, 48% des logements sont sociaux. pour autant aucun habitant ne voudrait quitter ce quartier. Comme quoi, quand ils sont bien faits, les logements sociaux ne sont pas porteurs de troubles mais de bien-être et d'une vie de quartier dynamique.

Je renvoie d'ailleurs à cette vidéo crée par l'agglomération (on se demande bien comment on peut affirmer que la C2A finance 40% de logements sociaux quand aucune commune ne retient ce taux dans ses documents d'urbanisme... les paroles et les actes !)


2) Le passage de zone Uc en zone Ub (permettant une plus grande densification) d'une partie du bout de l'avenue de France, devant les actuels bureaux de l'ONF et sur Sainte Bernadette. Si l'on comprend la nécessité de mettre en adéquation le zonage de cette partie de l'avenue avec la réalité des bâtiments existants (des immeubles) on sait que le changement de zonage sur cette partie de la ville est porteuse d'interrogations. En effet, l'implantation d'un potentiel nouveau centre des congrès sur la presqu'île pose des problèmes de stationnement. Tout le monde le sait et les commissaires-enquêteurs ont d'ailleurs largement souligné ce point dans leur rapport. Seule l'agglomération nie cette évidence.

Or, il existe un plan B que M. le maire a confirmé lors du dernier conseil : construire un parking en ouvrage sur cette partie de la ville pour garer les congressistes. Soit un parking silo (aérien) devant les bureaux de l'ONF; soit un parking en ouvrage (enterré) sur l'actuel parking de l'église Sainte Bernadette. Seul problème : le coût de ce parking (qui se chiffrera en dizaines de millions d'euros) n'est évidemment pas compté dans le coût actuellement annoncé (54 millions d'euros disent-ils) du centre des congrès. Il y a tout lieu de penser que ce futur parking sera payé par les Annéciens EN PLUS du centre des congrès. Heureusement que celui-ci ne verra jamais le jour là-bas !

3) J'ai regretté que derrière les belles paroles, les faits soient parfois forts différents. Le parc des Capucins, véritable joyau de verdure et de sérénité en plein coeur du quartier dense des Romains-Courier, n'a pas bénéficié d'une protection (on sait que la ville veut bétonner). J'ai demandé que ce parc soit classé en zone Uv dans sa configuration actuelle pour le sauver et le protéger, tout comme le sera le parc des Soeurs de Saint Joseph par exemple. Il n'y a aucune raison de défavoriser les Annéciens des Romains par rapport à ceux du centre-ville.

Je vous tiendrai évidemment informé des dates de l'enquête publique à laquelle chaque habitant peut participer en faisant part de ses remarques.

Un PLU offre des perspectives. Il dessine la ville pour les 10 années à venir. C'est un moment important qu'il ne faut pas rater.

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