mercredi 6 juillet 2016

Le bling-bling à Annecy, c'est fini ?

Deux informations se télescopent dans l'actualité annécienne : d'abord l'annulation du festival de Musique classique qui avait lieu en Aout ; puis la rétrogradation (à titre conservatoire) de l'ETG en CFA.

Bien sûr ces deux situations sont très différentes. Mais elles illustrent néanmoins une réalité plus difficile à avouer pour la majorité : elles montrent toutes deux la fragilité du mandat de M. Rigaut, ou plutôt son gout pour le bling-bling. 

Car que nous disent-elles : voilà 2 situations, deux organisations qui ont grandi trop vite, brassé des centaines de milliers d'euros, et qui aujourd'hui s'avèrent être des feux de paille.
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On a bâtit sur du sable, des châteaux en Espagne. Et la marée est arrivée qui a tout emporté.

Ma collègue Evelyne Marteau a utilisé la fable de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf, elle a bien eu raison.

En 2008 se tenait la dernière édition d'un festival de musique classique initié à l'origine par une professionnelle locale et portée vaillamment par une association locale. Mais la mairie avait décidé que cet événement n'était plus adapté. Elle l'a donc laissé tomber (à tel point qu'à cette dernière édition aucune élu, à part moi, n'était présent pour soutenir le "Annecy Festival Estival et Académies"). Certes, tout festival a besoin de se régénérer, de se moderniser, d'évoluer, mais de là à couper les vivres...

En 2010 se tenait la première édition d'Annecy Classique Festival, dont seul subsistait le directeur artistique. L'arrivée d'un mécène russe avait redonné l'envie à la ville de soutenir la musique classique... Bien sûr, au-delà du nom, beaucoup de choses ont changé. Certains ont tout de suite voulu donner une dimension EXTRAordinaire, internationale à ce festival, pourtant encore bien fragile. Les roubles ont fait tourner les têtes. Annecy allait devenir Bayreuth. Il ne restait pas grand chose de l'esprit associatif des débuts. Certes, le professionnalisme et la qualité des concerts offerts ne souffrent aucune discussion. Mais tout cela allait trop vite, trop grand...

La ville était évidemment ravie de ces paillettes. Pourtant rapidement les signaux d'alerte ont été enclenchés. De 10 jours à ces débuts, le festival est descendu à 7 jours, puis 5 jours pour finir sur une édition 2016 qui aurait dû durer 3 soirs... Le mécène avait d'autres priorités, il s'est retiré progressivement. L'issue était prévisible si certains avaient préféré ne pas se cacher la réalité. Lorsque l'année dernière j'ai refusé d'assister au festival pour montrer mon opposition à la rallonge de 50 000 € accordé par la ville au festival sur injonction de celui-ci, c'est que je savais bien que ce ne serait que le début.

Oui, les annéciens ont pu profiter d'un festival exceptionnel pendant 6 ans. Il faut d'ailleurs remercier les employés du festival pour leur travail et leur souhaiter "tout de bon" pour l'avenir. Mais est-ce cela une politique culturelle ? Tout parier sur des événements bâtient sur du sable plutôt que d'accompagner la reconversion d'une association locale et l'aider à grandir petit à petit ?

De même pour l'ETG "Evian Thonon Gaillard" (où est Annecy?) dont l'épopée en ligue 1 nous a tous fait rêver. Mais dont la célébrité était basée sur des investisseurs financiers, venus de loin, qui eux aussi ont pris la poudre d'escampette quand la tempête est arrivée. Combien d'argent ont été engouffré dans la rénovation du stade d'Annecy ? Quand on se souvient même que le maire avait prêché la construction d'un nouveau stade à Seynod... Là encore les paillettes ont fait tourner les têtes. On était invité en tribune VIP, on buvait du champagne à la mi-temps, c'était la fête... Mais le bel édifice s'est écroulé car bâtit sur du sable.

Là encore personne ne regrette d'avoir vécu cette belle aventure. On a espéré, on a eu peur, on a vibré avec nos roses. Mais la même leçon doit être tirée de cette expérience : le plus sûr, le plus solide, c'est encore d'investir sur des "petits" clubs locaux, ceux qui créent le lien social, ceux qui batissent sur du dur, à force d'abnégation et de persévérance pendant des années, pour monter des équipes solides et durables. On ne batit pas une politique sportive sur du bling-bling, c'est pourquoi j'ai toujours refusé la construction d'un nouveau stade. On la construit en accompagnant pas à pas, année après années, des clubs locaux. Et dire que certains voulaient rénover le stade et lui retirer sa piste d'athlétisme...

Oui, il y a des choses en matière culturelle et sportive qui se sont faites à Annecy. Ces éléphants blancs, dopés à coups de milliers d'euros, ont fait tourner les têtes et nous ont éloigné de l'essentiel : la nécessité de garder le cap, celui de l’intérêt général qui doit être le guide des élus, parfois loin des paillettes et des cocktails, auprès des associations et des clubs locaux. Cela doit servir de leçons à tous pour l'avenir.

3 commentaires:

  1. Certes l'attrait des paillettes résonne toujours comme un chant des sirènes mais dans ces deux cas, ce qui m'interpelle le plus c'est d'observer qu'il s'agissait de développements exogènes. Alors au moment où Savoie-Mont-Blanc tente un démarche de marketing territorial en mettant en avant les capacités de nos ressources endogènes pour nos futurs développements, je reste optimiste...

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  2. On pourrait parler du projet de ludothèque.

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  3. Et l'aéroport dans lequel le Département injecte des millions d'Euros pour faciliter le déplacement ou divertir une poignée d'utilisateurs fortunés (et majoritairement étrangers...)
    Pour info, notre page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/STOP-au-d%C3%A9veloppement-de-lA%C3%A9roport-dAnnecy-425914347605521/

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