vendredi 29 juillet 2016

La folie nous guette-t-elle ?


Ce que j'entends à la radio et la télé depuis quelques jours m'effraie beaucoup. D'abord il y a ces tueries et ces attentats effroyables qui nous glacent le sang par leur sauvagerie, leur "facilité" d'action et leur imprévisibilité. La société française est mise sous pression.

Puis il y a les discours politiques, qui m'ont laissé quelques jours sans voix tellement j'ai eu du mal à croire ce que j'entendais. Au nom de la sécurité de chacun qui est un droit de l'Homme évidemment non négociable et dont le rôle de l'Etat est de la garantir, certains politiques disent n'importe quoi. Vouloir emprisonner tous les fichés S (quels sont les critères pour être fichés S? près de la moitié des fichés S ne le seraient pas pour terrorisme, alors pourquoi ? Un indépendantiste pacifique corse est-il fiché S? Un activiste écolo? Un militant d’extrême gauche ?) par exemple, ou bien encore ôter aux juges la capacité d'appréciation des capacités de réintégration d'un jeune radicalisé, c'est sortir des valeurs de la République.

En démocratie, grâce à la liberté de conscience et d'expression, on ne peut heureusement pas emprisonner quelqu'un pour ses opinions politiques ou religieuses. L'Histoire nous a enseigné les dérives possibles quand on ouvre cette boite de Pandore. De même l'instauration d'un état policier avec peines de prisons automatiques est l'inverse de la démocratie. Alors oui, il peut y avoir des ratés. Un juge peut se tromper et remettre en liberté un individu qui, de toute évidence, n'avait rien à faire dehors. Ce juge devra rendre des comptes à sa hiérarchie et aux citoyens. Mais pour autant, doit-on remettre en cause la séparation des pouvoirs et la capacité d'appréciation des juges ? Je ne le crois pas.

De même si les services de renseignements font leur travail (et ils le font bien, il faut le saluer) en créant des fiches de signalement et de surveillance, celles-ci ne peuvent à elles seules entraîner une confiscation de liberté? En démocratie on ne condamne pas les pensées, on condamne des actes.

Le terrorisme est en train de faire vaciller la société française, de l'apeurer, créant ainsi les conditions à des solutions extrémistes et populistes, quitte à revenir sur les valeurs de la République et de la Démocratie (certains s'en prennent même à la Constitution). C'est exactement ce que cherchent les terroristes : nous faire peur, provoquer des réactions épidermiques, saper les bases de la République et nous diviser.

S'il nous faut, et c'est extrêmement nécessaire, aménager notre arsenal policier et juridique à cette nouvelle réalité qu'est le terrorisme, il faut le faire en ayant en tête, toujours, nos Valeurs et nos Principes républicains.

Je vous signale également cet article très intéressant de Courrier international sur ce que veut l'Etat islamique. http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-que-veut-vraiment-letat-islamique?

Personnellement, n'étant pas un spécialiste, cet article m'a aidé à comprendre beaucoup de choses. Ce qui éviterait peut-être de tout miser sur les forces de sécurité (traitement à court terme éminemment nécessaire mais insuffisant) pour élaborer aussi des politiques de moyen terme pour éradiquer le terrorisme chez nous et ailleurs dans le monde.

1 commentaire:

  1. Merci de savoir raison garder dans la folie ambiante !

    Pour continuer à réfléchir : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160331.OBS7480/la-strategie-de-la-mouche-comment-quelques-terroristes-font-trembler-les-grandes-nations.html

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