jeudi 16 juin 2016

Cinéma d'animation, où en est le musée international ?

Toute cette semaine, Annecy vit au rythme du festival du cinéma d'animation. Les séances de films succèdent aux rencontres, débats, rdv professionnels, etc... Le temps d'une semaine, Annecy devient le cœur d'une douce agitation à la fois culturelle et économique.

Si notre ville et son bassin économique ont su se hisser au premier niveau mondial de cette industrie, je continue de regretter que ce fleuron économique ne soit pas plus visible en dehors de cette semaine formidable.

Nous avons là un atout considérable qu'il faut mieux valoriser.

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Projet du musée de la romanité de Nimes (C. de Portzamparc) en cours de construction

En premier de cordée de cette industrie et de tous ses acteurs, il faut un élément phare, fédérateur qui fasse le lien entre les acteurs économiques, culturels et la population (locale et visiteurs).

C'est pourquoi depuis de nombreuses années je soutiens et porte le projet de créer un musée international du film d'animation. Je n'entends pas ce musée comme un lieu du passé (même s'il doit retracer l'épopée du cinéma d'animation) mais aussi et surtout comme un lieu du présent et du futur. Pour cela, il doit être partenarial et impliquer à la fois les acteurs économiques et culturels pour présenter au public les innovations et les avancées actuelles et futures.

Je regrette que ce projet soit devenu, de fait, une espèce de serpent de mer, qui ressort épisodiquement.

Avec mon équipe, nous avions porté le projet de l'implanter sur le terrain Balleydier, face à l'ancien hôpital (avec des parkings en sous-sol). Ce terrain, propriété de la ville, était idéalement situé, proche de la vieille ville et de ses commerces, mais aussi de Bonlieu, de Pathé (dans le cadre de l'organisation du festival). Au lieu de quoi, la majorité actuelle a préféré faire une promotion immobilière... C'est une absence totale de vision qui me peine.

Alors certes, depuis deux ans, 1 million d'euros sont inscrits au contrat-plan Etat-Région pour réaliser un musée du cinéma d'animation dans une partie (une partie de bâtiment) du Haras. Je crains que nous ne voyons naitre là un semblant de musée, un lieu à minima, vu uniquement comme un lieu figé présentant le passé de cette industrie, dans un espace confiné. Très franchement, la filière du cinéma d'animation mérite un grand et beau musée adapté aux muséographies modernes, résolument tourné vers l'avenir. Nous n'avons pas besoin d'un musée en fond de cour, dans une cave miteuse.

Ce musée doit devenir la locomotive visible et active de la filière tout au long de l'année, la vitrine de l'excellence annécienne. Présentant des expositions renouvelées, les techniques anciennes et modernes, il doit devenir un lieu pédagogique et culturel majeur (notamment pour nos enfants dans les écoles) et une attraction touristique de premier ordre.

Arrêtons de dormir sur nos acquis ! Voyons loin pour porter une filière économique d'avenir et un secteur touristique majeur. Et puis si on avait un peu réfléchi, peut-être que l'agencement de ce musée aurait pu intégrer l'organisation d'une partie du MIFA... plutôt que de prendre ce prétexte pour justifier la construction d'un nouveau centre des congrès...

Voir loin, pour préparer l'avenir c'est réaliser que ce n'est pas en ne faisant rien que nous resterons numéro un. Au contraire, il est plus que temps de reprendre la route de l'innovation (mais j'ai bien peur que les 3 prochaines années ne nous enfoncent encore un peu plus dans l'attentisme et les combines entre amis, avec la fusion des communes). Qui vivra verra !

1 commentaire:

  1. Bonjour M. Duperthuy,
    J'ai lu votre page sur le festival du film d'animation, si l'on partager une partie du contenu, je ne pense pas que le fait d'affirmer que les 3 prochaines années nous enfoncent encore plus dans l'attentisme et les combines entre amis soit absolument indispensable au débat. En effet si vous avez des éléments précis sur les combines entre amis il,faut nous les donner, entretenir la suspicion n'est pas acceptable pour une personnalité politique. La vie politique se crédibiliserait en évitant ce type d'argument qui ne fait pas avancer les idées .

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