dimanche 8 mai 2016

Centre des congrès : l'incompétence au pouvoir

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Revenons un peu sur le rapport et les conclusions de la commission d'enquête concernant le projet de centre des congrès sur la presqu'ile d'Albigny.

Il est temps à présent de rentrer dans le dossier lui-même. Il est effrayant tant il pointe du doigt l'amateurisme, les dysfonctionnements, et pour tout dire (car il faut appeler un chat, un chat) la nullité du projet porté par la C2A.

Evidemment, cela n'est pas une surprise pour moi qui me bat depuis Octobre 2010 contre ce projet sur tous ces éléments de fond (et pas dans une posture politicienne qui est celle des promoteurs de ce projet). Mais l'ampleur de l'incompétence des porteurs de ce dossier est ici clairement mise à jour. Ce n'est pas un "peut mieux faire", c'est un "n'a pas le niveau". Certes, on peut toujours avoir de l'ambition pour sa ville ou son agglomération. Il n'y a rien de fâcheux là dedans, bien au contraire. Mais encore faut-il avoir les compétences pour mener à bien cette ambition. Or, après les 30 millions d'euros d'argent public dépensés en pure perte (où sont les retombées promises ???) pour la candidature des Jeux Olympiques 2018, le dossier du centre des congrès aujourd'hui si sévèrement jugé par l'enquête publique et par la population a lui aussi apporté son lot d'argent public dilapidé en pure perte. 

M. Rigaut a-t-il les yeux plus gros que le ventre ? Est-il atteint de ce syndrome de la folie des grandeurs qui lui font oublier toute maîtrise de soi, tout bon sens ? Une chose est sûre: M. Rigaut rêve beaucoup... avec l'argent des autres, mais il n'a visiblement pas les compétences pour mener à bien ses rêves de grandeur.

Quelques extraits des conclusions du rapport d'enquête publique:

Pour commencer la plus invraisemblable et la plus problématique : "La nécessité du projet n'est pas démontrée" !!!!! Depuis 5 ans et demi on nous balade avec un projet dont la commission d'enquête dit : que sa nécessité n'est pas démontrée !! Je vous laisse méditer sur cette phrase tellement vraie et tellement forte.

Poursuivons sur l'amateurisme : "la plupart des études sont obsolètes ou citées de manière tronquée", "les perspectives de développement sont aléatoires", "l'argumentaire du maître d'ouvrage est grevé d'incomplétude", "les incertitudes concernant le développement du marché du tourisme d'affaires sont pour le moins peu encourageantes", "l'intégration dans le tissu urbain est extrêmement subjective" (ils n'ont pas dit juste "subjective", mais bien "extrêmement subjective"!), "les éléments financiers ne permettent pas de se faire une opinion raisonnable sur le cout prévisible du projet",  "le cout financier et humain des expropriations est élevé", "le cout du batiment est très élevé au regard de ses performances énergétiques", "les lourdes incertitudes qui pèsent sur le projet constituent un véritable risque pour les finances de la C2A", "les chiffres communiqués ne sont pas homogènes", "les éventuels surcoûts liés à l'emplacement du projet en bord de lac ne sont pas évoqués", l'"accessibilité de la ville d'Annecy présente de graves lacunes difficilement remédiables", "les préconisations de la loi littoral ne semblent pas respectées", "l'impact environnemental et paysager du projet est extrêmement prégnant".

Oui vous avez bien lu ! Et la commission d'enquête finit (en réalité elle commence même, ce qui est un signe fort) sur le manque de concertation avec la population : "La commission constate un grave déficit de concertation avec la population sur ce sujet".

Tout est dit. MM. Rigaut et Accoyer ont pondu un dossier pourri. Ca on le savait déjà. Mais c'est mieux quand c'est une commission d'enquête qui le dit car quand c'est Denis Duperthuy, ils ricanent. Ce qui est effarant c'est l'enfermement de ces deux personnages dans leur délire. Incapables d'écouter avec respect (moi je me souviens du mépris et des élus faisant le brouhaha pendant mes interventions à l'agglo, ou bien encore des interviews de M. Rigaut à des journaux disant que les opposants s'opposent c'est bien normal ils n'ont que çà à faire, mais que le dossier ira au bout et sera même fini pour 2020 !) pétris de leurs certitudes, isolés dans leurs tours d'ivoire, entourés de courtisans et de lèche-bottes qui forment leurs cours et qui les flattent, ces deux-là viennent une fois de plus de ridiculiser Annecy.

Ce dossier doit être abandonné immédiatement. Il faut arrêter les frais. Cette claque que viennent de prendre MM. Accoyer et Rigaut (mais je pense aussi à tous les élus qui ont suivi avec consentement et bienveillance depuis des années) doit les ramener sur terre. Sinon je prédis un recours au Tribunal administratif contre la DUP gagnant (car je vois mal comment une commission d'enquête dont les membres sont nommés par ce même tribunal, ne l'a pas consulté, notamment sur les aspects de la loi littoral, avant de rendre son rapport).

Et maintenant ?

1) D'abord arrêter les frais ! Vite.

2) Puis demander des comptes car ces élus qui dépensent l'argent public sans vergogne pour des projets bâclés doivent répondre de leur gestion auprès des citoyens. Si certains semblent déjà appeler à la mansuétude et au pardon, ce ne sera pas mon cas. Et ceci pour une raison bien simple : depuis des années j'alerte sur la nullité de ce projet. Je dis qu'il faut arrêter les frais car il n'est pas solide juridiquement, financièrement et environnementalement.

J'ai suffisamment alerté et mis en garde. J'ai offert des portes de sortie (comme le fait de saisir le tribunal en amont sur les notions de constructibilité). Ces élus doivent payer l'addition de leur arrogance et de leur incompétence. C'est quand même nos impôts qu'il dilapident sans scrupule. Faudrait-il leur pardonner ? Leur dire : "Oh ce n'est pas grave. Quelques millions ce n'est rien". Ne comptez pas sur moi. Car moi, je ne mélange pas tout : chaque dossier est indépendant et ce n'est parce que demain nous formerons une commune nouvelle qu'il faut absoudre toutes les fautes du passé. Et puis ne nous trompons pas de cible. Ceux qui ont porté ce dossier ce sont les politiques (MM. Accoyer et Rigaut) pas le Préfet (qui certes le soutient de façon incompréhensible mais n'en est pas l'instigateur). Je n'ai pas peur de me fâcher avec ces deux incompétents (c'est d'ailleurs déjà fait depuis longtemps), je n'ai pas à jouer les grands seigneurs du pardon, car je n'ai rien à négocier avec eux, ni place ni pouvoir. Leur incompétence mérite simplement leur départ et leur remplacement, pas leur absolution.

3) Et puis, une fois ce dossier soldé et les comptes payés, il faudra enfin se remettre au travail. Car oui, le tourisme d'affaire a des besoins. Nos professionnels, commerçants et hôteliers ont besoin que les collectivités se penchent sur leurs difficultés qui sont réelles. Remettons-nous autour d'une table pour discuter des VRAIES demandes, des VRAIS besoins du secteur. Des solutions existent (je les ai déjà largement portées) concernant d'autres lieux, d'autres aménagements... Il faut les travailler avec sérieux.

Trop de temps a été perdu par l'aveuglement de nos élus qui souhaitaient d'abord assouvir leurs égos avant de répondre aux besoins du tourisme d'affaire. 7 années pour rien ! Il faut savoir reprendre le chemin du dialogue et de la concertation pour trouver ensemble les solutions à l'amélioration du tourisme d'affaire qui est et reste une activité à accompagner, à soutenir et à promouvoir.

2 commentaires:

  1. Bonjour, je suis votre blog depuis quelques temps et je souhaite vous remercier pour votre action pertinente, parfois envers et contre tous. Heureusement qu'il y a des "garde fous" comme vous pour nous faire réfléchir sur le bien fondé des actions de nos élus.
    Bien cordialement.

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  2. Merci à ceux et celles qui ont planché pour décortiquer ce projet et en sortir tous les aspects les plus farfelus avec un oeil d'expert. Ce travail a permis aux moins avertis mais non moins lucides d'avoir des arguments solides pour dénoncer ce projet fou et dévoreur de finances publiques. Oui, si les élus que rien n'arrêtent, étaient mis face à leurs responsabilités et devaient rendre des comptes lorsque de tels projets portés en vers et contre tout au risque de mettre en quasi faillite les collectivités : la gueguerre des egos serait moins vaillante !

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