vendredi 22 avril 2016

Macron : une autre voie ?

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Nous sommes maintenant à un an de l'élection présidentielle. Ma famille politique de cœur, la gauche, est bien mal embarquée. Les raisons chacun les connait : la politique menée depuis plusieurs mois par l'exécutif est contraire aux engagements de campagne, et elle est illisible (deux pas en avant, un en arrière...).

Je ne souhaite pas faire plus avant le procès du quinquennat Hollande, cet homme pour lequel j'ai passé des dizaines de soirées à tracter en 2011-2012, à informer. Mais je suis intimement convaincu qu'il ne peut être le candidat de la gauche en 2017, sinon ce sera la catastrophe. Son niveau d'impopularité est tel que je ne vois pas comment la courbe pourrait s'inverser d'ici à un an.

Cette absence de leadership incontesté (parce qu'incontestable) ouvre bien évidemment des appétits. Je viens de lire l'interview qu'à donner Emmanuel Macron au Dauphiné. Ce garçon est intelligent et, je le crois, sincère et honnête.

Au fond, Macron persiste et signe : c'est un libéral, un libéral de gauche. Pas seulement un libéral économique (qui croit mordicus  au marché et la régulation par la concurrence), mais un libéral tout court au sens anglo-saxon du terme. Là où un Valls est libéral économique mais autoritaire et conservateur sociétalement (sur les stupéfiants, la réforme des institutions et la 6e République, l'ordre, la sécurité, l'immigration...) Macron offre un visage plus aimable, celui de la liberté et de la responsabilité individuelle.

Vous savez que le libéralisme économique n'est pas ma tasse de thé. Je n'ai jamais cru à l'auto-régulation des marchés et surtout que celle-ci pouvait aboutir au bonheur maximum. Je crois au contraire que l'Etat a son rôle à jouer. Mais je ne suis pas non plus des Mélanchon et autre gauchistes dont le seul crédo est : ne rien changer. La société évolue et les technologies aussi. Vouloir rester à la machine à vapeur, ce n'est pas possible. Il faut s'adapter, être imaginatif (je pense notamment mais pas seulement au débat sur Uber par exemple). Les aspirations des gens aussi évoluent.

Mais le libéralisme autoritaire, actuellement incarné par Valls est encore moins ma tasse de thé. Ce pays a besoin de changement, d'une "mise à jour" (un peu comme en informatique) qui conserve et augmente les droits des personnes, mais qui sache aussi s'adapter aux réalités actuelles tout en cherchant à les infléchir. Je regrette que la gauche actuelle n'ait rien fait (ou si peu) sur des questions sociétales importantes comme : le suicide assisté, la procréation pour tous, la légalisation de certains stupéfiants, la place du travail dans la vie de chacun, etc... Oui, le véritable clivage a changé de nature. Il n'est plus entre gauche et droite, mais entre conservateurs et progressistes. Et on trouve de ceux-ci et de ceux-là à gauche comme à droite, j'en fais bien souvent l'amer constat au conseil d'agglomération... ou dans des discussions comme la fusion des communes où l'enjeu n'est pas le progrès que cela pourrait amener, mais la conservation des pouvoirs de quelques-uns.

Je continuerai à combattre les penchants ultra-libéraux de la politique économique de Macron, mais j'avoue que son interview au Dauphiné ouvre une voie libérale (au sens anglo-saxon) qui existe ailleurs (prenons l'exemple de Justin Trudeau actuel premier ministre canadien), mais pas en France, qui se rattache à une tradition philosophique ancienne et qui, par cette intelligence et la cohérence du débat, rend le personnage sympathique et... rafraîchissant.

Sa méthode : faire le constat de l'existant, proposer des solutions en transparence AVANT les élections puis appliquer ses solutions une fois au pouvoir est une bonne méthode. C'est celle que je me suis efforcée de mettre en place à Annecy en écoutant entre 2013 et 2014 les Annéciens, en allant à leur rencontre, puis en rédigeant un programme complet de nos propositions pour que les Annéciens sachent ce que nous allions faire, et enfin aller aux urnes. Ce qui tue la politique, ce sont ces campagnes pleines de promesses dans tous les sens, puis une fois au pouvoir de faire autre chose (Hollande, tout comme Rigaut sont des exemples de ce type de politiques).

A suivre donc avec un œil tout aussi critique sur certains aspects, mais peut-être avec une vision moins caricaturale qu'avant.

1 commentaire:

  1. Je n'ai plus confiance aux politiques de mon pays mais en Macron, je trouve l'intelligence et l'habilité de François MITTERRAND qui en a piégé et anéanti plus d'un sauf le pire gauchiste Jacques CHIRAC. Mais, n'est-il pas le poisson pilote de François Hollande qui veut échapper aux Primaires. Par contre, les barons de la gauche et de la droite sont K.O. Une preuve de plus que la lutte des classes n'est plus mais, la lutte pour les places, OUI.

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