dimanche 13 mars 2016

Inquiétudes et défiance légitimes

Afficher l'image d'origine

Quand on voit comment est gérée la commune, avec le Maire et ses quelques aficionados autour de lui qui font la pluie et le beau temps, tenant à distance les autres élus, des minorités çà va de soi (malheureusement) mais aussi de la majorité...

Quand on voit comment est gérée l'agglomération, avec ses quelques maires qui décident de tout, tous seuls (je rassure tout le monde je sais combien ils sont, et que tous les maires ne font pas partie du cercle), avec des arrangements politiciens de bas étage (et après on accuse les oppositions de faire de la cuisine politicienne !!! franchement on se fout de nous), on pensera au centre des congrès, mais j'ai aussi d'autres réalisations en tête...

Quand on observe comment est gérée le projet de fusion des 6 communes, avec là aussi des maires "leaders" et des maires "suiveurs", une mise à l'écart de la population et des élus minoritaires...

Quand on voit comment a été gérée le redécoupage des intercommunalités, avec déni de démocratie, arrangements politiciens, égos surdimensionnés de certains qui veulent créer leur baronnie locale...

Je me dis:
- Que l'image donnée par notre ville, Annecy que j'aime tant, à l’extérieur est désastreuse. On me parle d'Annecy comme celle qui veut "bouffer" les autres, les "écraser". On me parle des ambitions personnelles de notre maire, des méthodes de gestion autoritaires (bien qu'enrobées de marshmallows) de notre président d'agglo... et j'ai mal pour nous. Mal pour notre image, mal parce que je sais que cela ne reflète pas la mentalité annécienne. Oui, Annecy est le chef lieu et doit tenir son rang, mais pas au détriment des autres, pas en voulant écraser, piétiner.
L'un des arguments de ceux qui veulent "fusionner à tout prix avec n'importe qui, pourvu qu'on soit plus gros" c'est de dire on pèsera plus lourd, on sera plus fort. Cette vision guerrière, conflictuelle en dit long sur la manière dont, eux-mêmes traitent les "petites communes" déjà de l'agglo, alors oui, les nouveaux "arrivants" des EPCI voisins ont de quoi être inquiets : Bienvenue dans la C2A où ici tout est magouille entre amis, où les gros imposent leurs lois et où le débat démocratique n'existe pas, la population est tenue à l'écart. Bienvenue dans le royaume magnifique de MM. Rigaut et Accoyer !

- Que nous sommes loin des avancées démocratiques de Mitterrand, du temps où l'on parlait de décentralisation et de principe de subsidiarité. Aujourd'hui c'est le Préfet qui dirige et qui conduit une politique de REcentralisation, pour créer des baronnies locales. Plus d'indemnités, plus de pouvoirs pour nos potentats locaux. Qu'est-ce que cette démocratie qui impose à des élus représentants leurs populations de rentrer dans une communauté d'agglo alors qu'ils avaient dit "NON"? Sous prétexte d'économies budgétaires et de pseudo-efficacité du service public, on construit des "machins" impersonnels et qui s'éloignent de plus en plus des citoyens pour garantir aux détenteurs de ces pouvoirs une impunité totale. 

- Que chacun aura bien compris les intérêts pécuniaires et de carrière des défenseurs de ce "big-bang" institutionnel local, les uns parce qu'ils ne sont attirer que par les indemnités, les autres parce qu'ils n'ont aucune idée pour l'avenir, les troisièmes parce qu'ils pensent déjà au basculement politique de 2017 et cherchent à se faire bien voir des barons LR locaux pour se voir offrir une bonne place dans le futur... Mais pour l'instant peu de choses transpirent sur l’intérêt pour les citoyens, les populations. Quand on voit que l'on va redonner des compétences pourtant essentielles de l'agglo vers les communes, que l'on déconstruit ce que l'on avait construit, que cela va à l'encontre de ce qu'il faut faire, mais que certains ne sont plus à une contradiction près, expliquant d'un côté qu'il faut fusionner pour être plus fort (pour eux et leur pouvoir !) et de l'autre côté qui portent un dépeçage des compétences intercommunales, on se dit qu'on vit dans un monde de fous.

Oui, les inquiétudes sont légitimes quand on regarde ce spectacle de l'extérieur et que l'on se voit obligé d'y entrer. Oui, ce spectacle montre le peu d’intérêt porté à la population plutôt qu'à leur pouvoir et porte-monnaie de certains élus. Oui, cette tambouille a de quoi dégoûter et refroidir car ici ce qui règne c'est la caste des copains, si possible le plus déconnectés possible des citoyens pour avoir le moins de compte à leur rendre.

Cette vision guerrière, à la hache, au pas de charge de ces projets me fait peur. Va-t-on, en étant plus gros, lever des cohortes de soldats pour faire la guerre à Genève, à Chambéry, à Lyon, à Grenoble... Quel est le véritable enjeu de ces fusions, la carotte financière étant tombée et les économies d'échelle, hypothétiques, sinon le pouvoir de certains ? La méthode utilisée est toujours la même : copinage, opacité et cercle restreint (sans la population).

Je n'ai pas toujours les mêmes opinions que certains élus ruraux de notre département, c'est vrai. Mais je les respecte profondément et je veux bien croire que si l'image de l'urbanité qu'ils ont est celle des tambouille politiciennes annéciennes cela leur fasse très peur, eux qui sont habitués à parler avec leurs populations et à agir dans son intérêt.

3 commentaires:

  1. Oui, mais que faire? "On ne change pas une société sans violence" disait un anarchiste. A voir le monde politique d'aujourd'hui on peut penser qu'il avait raison. A moins que ce ne soit Madame de Stael qui disait: "l'ordre social et la paix du monde reposent sur la patience et la résignation des pauvres". Courage Monsieur Duperthuy!!!

    RépondreSupprimer
  2. Cette critique de ce qui se passe à Annecy est bien légère. Elle n'explique pas que l'on assiste au même phénomène partout en France.
    Je comprend la question "Qu'est-ce que cette démocratie qui impose à des élus représentants leurs populations de rentrer dans une communauté d'agglo alors qu'ils avaient dit "NON"?" Eh bien c'est la loi de 2010 et celle de 2015. L'une sous Sarkozy, l'autre sous Hollande.
    La constitution d'énormes métropoles d'affaire, de méga régions, d'intercommunalités de plus en plus grandes, vise l'éloignement des citoyen-ne-s et de leurs besoins de ces institutions. Ce processus ne peut que conduire à constituer des baronnies locales, terrains propices à des individus épris de pouvoir personnel.
    Le processus de d'obligation pour les communes à intégrer une intercommunalité date de la loi de 2010 qui donne au Préfet, représentant de l’État, des pouvoirs étendus . En effet malgré le recueil de divers avis c'est le Préfet qui arrête la carte des intercommunalités, par décret et il peut ainsi imposer à une commune d'intégrer une intercommunalité. A l'époque les communistes avaient vivement réagi, s'étaient opposés à la loi et avaient organisé des manifestations d'élus et habitants. Les communistes n'étaient pas seuls, socialistes, écologistes, avaient vivement contesté ce pouvoir exorbitant des Préfets.
    Par la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015 ce dispositif a été repris intégralement pour imposer la constitution d'intercommunalités de plus de 15.000 habitants (article 35). F. Hollande, le gouvernement Valls, les députés socialistes et écologistes l'ont voté.
    En ignorant cela la critique n'est pas seulement insuffisante, elle est dangereuse. Elle fait croire que notre problème serait des individus. La solution pourrait alors de remplacer des élus de droite peu recommandables par des élus de droite qui le seraient davantage.
    Or notre problème est la reprise des politiques de la droite par l'actuel groupe de socialistes qui gouverne la France. Et l'issue est alors l'élaboration d'un projet de transformation progressiste de notre société, comprenant un bon de la démocratie dans l'entreprise comme dans la cité. L'élaboration simultanée des conditions garantissant qu'une majorité politique de rassemblement de la gauche et des écologistes qui partage ce projet, le mettra bien en œuvre (à la tête de l’État comme des collectivités locales).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Attention aux amalgames,le problème de fusion des 6 communes urbaines du grand Annecy est différent de l' intercom. Dans cette fusion - dilution des communes c'est bien en terme de pouvoirs et de suprématie de quelques élus qui veulent écraser les autres que le problème se pose...et toutes les communes de France ne sont pas sur un schéma de fusion loin s' en faut. Je citerai tout près de nous l' agglo d Annemasse qui travaille sur la mutualisation des services sans passer par la fusion / disparition des communes au profit de la ville centre.

      Supprimer