jeudi 4 février 2016

Le maire s'attaque à présent au Fier



Depuis plus de 25 ans, les terrains de l'entreprise Ceccon et de M. Ceccon situés aux bords du Fier, sur le secteur des Iles, font l'objet d'un "emplacement réservé" dans notre PLU (et avant dans le POS).
Cela donnait donc la possibilité, pour la ville, de les racheter afin de réaliser enfin le projet porté depuis des générations et tous les maires avant l'actuel : réaliser un vaste parc public en bord de Fier !

Voilà ce que l'on peut lire dans notre Plan Local d'Urbanisme (PLU) actuel:
"Le Fier ne touche que sur une petite portion le territoire communal à son Nord-Ouest. Il constitue néanmoins le second plus grand ensemble naturel de l’agglomération d’Annecy en terme de superficie. Ses berges ont su conserver un aspect naturel bien que le profil du cours d’eau soit aujourd’hui loin de sa dynamique naturelle : son lit a aujourd’hui cinq fois moins d’espace de divagation qu’il y a un demi siècle. Il est protégé des apports d’eau résiduaires par un égout collecteur périphérique recueillant les réseaux secondaires. Son aménagement est pris en compte par la communauté d’agglomération dans le cadre d’un projet de réhabilitation du site avec des priorités vers une ouverture au public maîtrisée. Les rives du Fier et les espaces boisés situés dans son proche environnement constituent un site à potentiel fort de loisirs pour accueillir les habitants de l’agglomération et qui nécessitera la mise en place de liaisons qualitatives avec cet espace."

Plus loin :
"Afin de favoriser l’appropriation du fier par les Annéciens, l’ouverture au public des berges du Fier devrait être intégrée dans la trame urbaine en tant qu’élément de polarité. "

Enfin :
"Le Semnoz, le lac et les berges du Fier sont les trois grands ensembles naturels d’intérêt écologique sur la commune.
Les berges du Fier, sur la partie annécienne, ne sont pas aménagées pour l’accueil du public. Elles ont conservé un aspect « sauvage », bien que le profil du cours d’eau soit aujourd’hui loin de sa dynamique naturelle. Actuellement peu accessible et sans points de repères particuliers, le site situé près de zones d’habitation va probablement être davantage fréquenté suite à son aménagement. Les espaces naturels restants sur la commune étant très limités, l’intégration des berges aménagées du Fier dans le réseau des espaces verts et naturels annéciens constitue un enjeu fort pour la ville."

Ces quelques extraits, que je n'ai pas inventé puisqu'ils sont dans notre PLU voté en 2006 (M. Rigaut était alors 1er adjoint de M. Bosson), n'ont jamais été remis en cause. L'objectif est clairement affiché : créer un grand parc aménagé en bord de Fier pour tous les Annéciens.

Pour en avoir le cœur net, j'ai demandé à rencontrer notre maire honoraire, M. Bosson, pour me faire confirmer cette orientation générale sur l'avenir des rives du Fier. Et effectivement, depuis son père, la ville a, petit à petit, acquis tous les terrains en bord du Fier. Cela a nécessité constance et vision car les politiques d'urbanisme se construisent dans le temps, au fur et à mesure des opportunités de successions, de ventes...

La majorité municipale, en 2004 (alors que M. Rigaut était premier adjoint je le rappelle), avait émis une position unanime pour confirmer la nécessité de racheter les terrains Ceccon au moment où cette opportunité se présentera.

Pendant des décennies, ces terrains ont fait l'objet de tensions, parfois fortes, entre les propriétaires et la ville. D'un côté nous avions la famille Ceccon qui souhaitait valoriser son patrimoine (après avoir fait des affaires très florissantes notamment dans les Travaux publics grâce à son quasi-monopole sur le gravier et donc le béton) et de l'autre une ville et ses maires qui avaient une vision de l’intérêt général pour les Annéciens et de l’intérêt écologique de ce lieu, véritable corridor écologique situé dans une forêt plate de plus de 800 000 m² en plein coeur d'agglomération, UN VERITABLE TRESOR, ayant vocation à devenir ce "Central parc" de notre aire urbaine.

Ces tensions ont parfois été houleuses. Les intérêts financiers étant si importants... Mais la ville n'a jamais cédé, s'accrochant à son rêve et à l’intérêt général. 

Telle était la situation jusqu'à lundi soir. Car lundi soir, le maire actuel a décidé de ne pas poursuivre cette politique en refusant de préempter les terrains Ceccon comme le lui permettait l'emplacement réservé. Certes, le prix demandé (28 millions d'euros) par l'entreprise était trop élevé, mais le prix de France Domaine (9 à 11 millions d'euros) était raisonnable et un arbitrage juridique nous aurait été favorable. Mais le maire n'a pas voulu négocier. Il a donc laisser partir un espace de près de 6 hectares, qui va vraisemblablement faire l'objet à présent d'une vente avec (grosse) valorisation financière pour la famille Ceccon.

Lundi soir, le maire a donc tourné le dos au travail minutieux et de longue haleine mené par ses prédécesseurs. Il a poignardé dans le dos le projet d'un parc pour tous les Annéciens en bord de Fier. Il a trahi les valeurs d'Annecy, lui qui se présentait comme leur grand défenseur au moment des élections. 

Quand une majorité n'a plus de vision, plus de valeurs, à opposer à des intérêts privés, la tension cesse, par KO du politique et de l’intérêt général. M. Ceccon peut savourer sa victoire sur la ville (et sur ses anciens maires), il a gagné ! Bravo l'artiste.

M. Rigaut nous démontre de nouveau qu'il n'est pas le véritable maire d'Annecy. Il ressemble de plus en plus à une mauvaise marionnette aux mains des promoteurs et des bétonneurs. Annecy est devenue Ceccon-ville, Bouygues-Land, Vinci-city. En quelques années, M. Rigaut s'est attaqué aux rives du lac (avec son monstrueux projet de centre des congrès), au dernier parc naturel situé en cœur de ville en décidant la bétonisation du parc des Capucins et maintenant il dépose les armes devant ses amis bétonneurs et leur sert une belle valorisation financière et renonçant à ouvrir les rives du Fier aux Annéciens.  

En termes de protection des espaces naturels, M. Rigaut aura tout saccagé. Il ne reste que le Semnoz "comme grand espace naturel à intérêt écologique sur la commune " comme le dit le PLU. A quand un grand projet de bétonisation pour parachever le tableau noir d'un mandat qui restera dans les mémoires comme celui du Béton et du virage à 180° par rapport à ce qu'étaient les politiques menées jusque là à Annecy ? (J'oubliais presque les projets liés aux JO2018 sur le Semnoz...)

Oui, M. Rigaut laissera une trace dans le paysage annécien, la trace du "gris béton". Je ne suis pas sûr que ce soit pour l’intérêt des Annéciens...

Pour tout cela, pour défendre l’intérêt des Annéciens et une certaine vision de l'avenir, du vivre-ensemble et de ce que doit être un engagement politique au service du bien commun, avec mes collègues du groupe, j'ai voté CONTRE l'abandon des rives du Fier, contre la destruction de plusieurs décennies de travail minutieux pour ouvrir les rives du Fier au public, contre cette politique de petit comptable rabougri menée par la majorité actuelle qui n'a aucune vision pour l'avenir d'Annecy.

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