lundi 16 novembre 2015

Attentats de Paris

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Que dire ? Il n'y a rien à dire face à l'horreur, à la barbarie absolue. Tuer des innocents non pour eux-mêmes mais ce qu'ils représentent, ce qu'ils sont : des individus qui vivent librement, s'amusent, vont à un concert, boivent un verre à la terrasse d'un café ; c'est la folie à l'état brut.

Je ne souhaite pas être long car nous avons tous ressentis la même chose, le même effroi. J'ai, comme tous les Français, une pensée chaleureuse et émue pour les victimes et leurs familles. Elles sont mortes parce qu'elles étaient nous : la France, sa devise (Liberté, Egalité, Fraternité), son mode de vie, sa démocratie.

Je veux aussi féliciter et remercier du fond du cœur le travail de nos forces de l'ordre qui se sont montrées une fois encore héroïques et d'une efficacité exceptionnelle. Je pense aussi aux services de secours, puis de santé qui ont montré tout leur professionnalisme.

Veut-on vivre avec cette peur de voir, tous les 10 mois, un ou des attentats viser la France ? En Janvier, en Novembre et puis quand encore ? Moi, je ne souhaite pas changer ce que nous sommes, avoir peur. Alors, oui, le mot est grave et les conséquences douloureuses mais des barbares, organisés, disposant de ressources économiques considérables nous ont déclaré la guerre. Non pas pour "agrandir" immédiatement leur territoire, ce n'est pas une guerre de conquête comme l'Histoire de France en a connu. Ce n'est pas non plus une guerre de succession monarchique, de querelle entre souverains, çà aussi on a connu. Non c'est une guerre contre nous tous, contre ce que nous sommes.

Personne n'aime la guerre. Personne, chez nous ne veut faire la guerre. Et pourtant... Pourtant elle est nécessaire car certains ont décidé de nous assassiner. Ils veulent faire tomber ce que nous sommes, petit à petit, nous rendre craintifs les uns des autres, nous diviser, nous amener à restreindre nos libertés... Si nous ne réagissons pas, ils ont déjà gagné car derrière les unités de façade le poison de la division, de la suspicion va se distiller inlassablement. Il ne faut pas être dupe et dans 20 ans ils auront fait de nous des étrangers à nos propres valeurs.

Il faut donc les combattre dès aujourd'hui, sans pitié, sans trembler. Cette guerre, pour rester ce que nous sommes avant qu'ils nous changent, elle doit se mener sur deux terrains.

D'abord le terrain extérieur, en Syrie et en Irak. Nous avons trop longtemps toléré l'horreur absolu des jeunes filles violées, vendues comme du bétail; des bébés exterminés, des populations égorgées et décapitées; des femmes lapidées, des hommes jetés du haut des immeubles... Ce sont nos frères, nos sœurs en Humanité que l'on a laissé tomber aux mains de la barbarie animale de ces fanatiques. Ces images hantent nos consciences depuis trop longtemps. Nous avons été trop longtemps tolérants et faibles, collectivement. Si nous sommes la Nation des Droits de l'Homme et en premier du droit de vivre, alors nous ne pouvons accepter cela. Tout le monde sait que de simples frappes aériennes ne suffisent pas. Alors, il faut avoir l'honnêteté de poser l'option d'une opération au sol pour aller débusquer et traquer ces assassins. C'est en reprenant ce territoire que nous couperons les vivres à ces fous et que nous arrêterons ces endoctrinements, ces formations, ces camps d'entrainement et surtout que l'on supprimera de la surface du monde cette espèce d'état barbare; une organisation publicitaire qui attire aujourd'hui tant de jeunes déboussolés du monde entier.
Certes, il faudra éviter les erreurs des Etats-Unis en Irak et d'abord agir sur mandat de l'ONU, en coalition, avec une solution de sortie de guerre pour offrir un avenir aux populations du Moyen-Orient. Mais on ne fera pas l'économie de cette guerre sur le terrain. 

Puis sur le terrain intérieur, il y a aussi du travail. Dans certaines prisons et dans ces pseudo-mosquées fanatiques où l'on radicalise des jeunes français, il faudra faire le ménage. Comment cela est-il encore possible que l'on apprenne que des prêches anti-républicains aient toujours lieu en France ? Oui il faudra criminaliser certains discours de haine, certaines pensées qui sont contre les valeurs de la République. Etre implacable contre les fanatiques.  En France; on aime le débat d'idées, c'est presque une spécialité. Qu'un communiste s'engueule avec un libéral, un athée avec un curé, cela fait partie de la vie, c'est normal. Mais avec ces barbares-là les idées tuent, l'idéologie devient potentiellement dangereuse pour nos vies. Il faut donc agir pour que la loi de la République passe et tranche sévèrement sur ses valeurs et en particulier en s'appuyant sur la laïcité. Et puis, il faut s'armer pour une guerre idéologique, redécouvrir nos fondamentaux : les Lumières, Hugo... pour se remettre bien en mémoire ce pour quoi nous nous battons : notre liberté. Elle faisait hier partie de notre quotidien sans que nous nous posions de questions. Elle est aujourd'hui mise en danger. Nous ne pouvons l'accepter, il faudra nous battre.

Personne n'aime la guerre mais j'aime encore moins l'idée de vivre demain dans un monde où ces attentats nous aurons contraints à tellement changer, par peur, par suspicion, par division, que nous ne serons plus nous-mêmes. C'est à nous de choisir ce que nous voulons pour l'avenir : changer sous la contrainte de ces barbares, au rythme de leurs attentats, ou bien changer (parce qu'il faut toujours changer) mais en accord avec nos valeurs et par volonté de devenir meilleurs ?

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