samedi 11 juillet 2015

Détermination et pragmatisme


La proposition faite par le Premier Ministre grec Alexis Tsipras aux créanciers (validée par le parlement grec) ouvre la porte à une sortie de crise en Europe.

Parti d'un rapport de force très défavorable, Tsipras et le peuple grec auront réussi à rééquilibrer les forces en présence en obtenant un compromis plus intéressant pour tous. Pour les grecs, il y aura des sacrifices comme la hausse de la TVA, des impôts sur les sociétés, des modifications d'âge de la retraite... Ces modifications peuvent être vues comme des reculades sociales (ce que ne manqueront pas de faire certains) mais aussi comme des harmonisations fiscales. Qui peut comprendre que la Grèce ait un taux de TVA de 13% alors qu'il est de 20% en France par exemple? En remontant son taux à 23% nous assistons à une harmonisation. Idem pour les impôts sur les sociétés.

En contrepartie, la Grèce obtient une renégociation de sa dette. Cela ouvre enfin le débat sur les dettes européennes, c'est une excellente chose. Il obtient aussi une durée de financement plus longue (3 ans au lieu de 6 mois) et un montant plus important. Des conditions nécessaires à un redémarrage de l'économie grecque. Car le plus important est que l'économie grecque s'améliore pour relancer l'activité et pouvoir enfin rembourser les dettes.

Alexis Tsipras aura incarné la détermination des peuples à faire plier la finance. Il porte fièrement ses idées et les défends avec conviction. Cela montre que la politique a toujours son importance et qu'elle peut renverser des rapports de force. La détermination ne peut être efficace que si elle est sincère, ancrée sur des valeurs fortes.

Alexis Tsipras nous montre aussi que, dans un monde ouvert, mondialisé, les contingences extérieures, la réalité ne peuvent être négligées. Il faut aussi savoir être pragmatique et faire des concessions bonnes pour l'avenir. Cela risque de décevoir beaucoup de personnes de gauche radicale ou d'extrême gauche qui voyaient en Tsipras le nouveau Che Guevara. Non, la Grèce n'organisera pas le grand soir. Tsipras est un réformiste bien dans ses convictions, sûr de ses arguments, qui va au combat pour renverser des montagnes et changer le cours de l'Histoire. Une fois le rapport de force rééquilibré, il négocie.

Chez nous, ceux qui se proclament de gauche se regroupent généralement en 2 camps :
- ceux qui attendent le grand soir dans leur salon ou dans des discours sans lendemains et font la morale à tous ceux qui ne pensent pas comme eux, voire à ceux qui essaient de faire des choses, de gagner quelques points de ci de là.
- ceux qui se proclament de gauche et s'alignent systématiquement sur les propositions de leurs adversaires, de peur de perdre le peu qu'il leur reste encore. On fait semblant de ne pas être d'accord au moment des élections, et puis tout rentre dans le rang.

Et puis il y a ceux qui, bien dans leurs idées et leurs valeurs, les défendent et les assument mais qui savent aussi que le progrès se construit avec des successions de petites avancées, de petites victoires. Au final, ce sont les citoyens qui jugeront qui a amélioré leur quotidien à Annecy par exemple.

Bien connaitre la réalité, juger des marges de manœuvre possibles, pousser son avantages dès que possible, voilà la méthode qui est la mienne. Elle suppose rigueur et honnêteté. Elle est souvent moins facile à expliquer que les "ya qu'à" "faut qu'on", mais je reste convaincu qu'elle est la seule possible, et la plus efficace. C'est certes de la stratégie politique, mais c'est aussi tout simplement la stratégie de la vie. J'en ai acquis la conviction en rédigeant ma thèse de doctorat il y a maintenant quelques années.

C'est le chemin qui est le nôtre à Annecy : détermination et pragmatisme et qui nous permet de construire une alternative crédible et utile aux Annéciens pour l'avenir.

1 commentaire:

  1. C'est le réalisme, face aux rapports de forces économiques qui sont devenue européen, dans le cas présent de la communautés Européenne. Mais aussi le rapport de force de L'Europe (5 % de la population du monde) face à la puissance des pays émergents. (La France 0,8 % de la population du monde).
    Quels frondeurs peut m'expliquer le contraire ?

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