mercredi 8 juillet 2015

Capucins: dire la vérité et assumer


J'ai assisté lundi soir à la réunion publique du maire avec les riverains des Capucins. Je remercie les habitants qui m'ont fait part de cette réunion à laquelle aucun conseiller de la minorité n'avait été convié, marque d'une volonté forte de la part de la majorité d'associer tous les Annéciens à ce projet....

Habituellement, par respect pour les organisateurs, je m'abstiens d'intervenir oralement dans ce genre de réunion. J'estime que chacun a le droit de défendre ses idées même si ce ne sont pas les miennes. Pourtant lundi je n'ai pu m'empêcher de prendre la parole pour rétablir quelques vérités que je vous livre ici. Elles portent sur des remarques faites par les Annéciens présents qui savent tous, tout le mal que je pense de ce projet de bétonisation et de privatisation du parc des Capucins.

Modèle économique ou choix politique ?

M. le maire a commencé en évoquant la problématique financière du coût d'acquisition des Capucins (4.9 M€) et en disant qu'il fallait faire du logement pour récupérer ces sous. Il appelle cela un "modèle économique" (en tant qu'économiste ce n'est pas la définition que je donne à cette expression, mais passons). En gros il faudrait que la ville fasse au pire une opération financière blanche, voire gagne de l'argent.
J'ai simplement rappelé que la ville avait DEJA payé cet ensemble CASH (en 2014) sans aucun emprunt. Il ne s'agit donc pas, comme le prétendait M. Poles, de savoir comment on "allait se le payer" puisque c'est déjà fait, mais de savoir si on faisait le choix politique de sauvegarder ce parc.
Je ne supporte pas ce genre d'affirmation péremptoire (d'ailleurs reprise bien maladroitement par l'architecte qui sortait ainsi de son rôle) qui donne l'impression au citoyen que nous n'aurions pas le choix. On pouvait faire un autre choix, et d'ailleurs je l'avais proposé dans le programme que j'ai porté aux élections : conserver le parc et l'ouvrir au public. Cette négation des choix politiques, le fait de ne pas assumer ses choix, ont deux effets : ne pas dire la vérité aux citoyens en manquant de courage; et faire monter les extrêmes qui promettent aux citoyens que, eux, ils peuvent faire autrement.

D'ailleurs, nous avons bien acheté le parc Saint Joseph (oui dans l'échange de terrain, le prix d'achat du parc est bien soustrait au prix de vente de Balleydier. Prétendre qu'on l'aurait presque eu gratuitement relève là aussi de la manipulation. En vendant le terrain Balleydier à un promoteur privé, sans échange, nous aurions pu récupérer 3M€ de plus au moins) pour le conserver en l'état.

Il faut construire du logement

Oui il faut densifier les villes car nous avons besoin de logements. Ce n'est pas moi, qui me bat sur ce terrain depuis bien longtemps, qui dirait le contraire (mais quel type de logements ?). Cette densification doit aussi s'accompagner d'espace verts de respiration et de lieux de vivre ensemble. Mais alors pourquoi ne pas construire dans le parc Saint Joseph lui aussi constructible, alors que cette partie de la ville est déjà bien pourvue en parcs (Jardins de l'Europe, Paquier, Trésums, petit Paquier)? Pourquoi cette concentration des parcs en vieille ville ? Pour conforter la carte postale ?  Pourquoi ce "deux poids, deux mesures"? Les habitants de Courier/Romains n'ont-ils pas droit eux aussi à un parc ? Pourquoi ce double discours sur les logements ? Au passage, je ne suis pas un responsable politique aussi manipulable que certains semblent le penser. On n'achète pas mon silence en nous vendant quelques logements sociaux (même si cette problématique est très importante). Certains pensent encore que parce qu'on est de gauche on ne regarde que cela.... c'est à mourir de rire.

Parc fermé

La majorité, relayée là encore par l'architecte, prétendent que le parc des Capucins n'est pas connu. Il était fermé donc il ne manquera à personne... a-t-on même pu entendre... Mais le parc de Saint Joseph est lui aussi clôt. Pourquoi vouloir l'ouvrir alors ? Le parc des Haras aussi était clôt, et on l'a bien ouvert. Tout cela c'est de la volonté politique, surtout qu'il existe une servitude de passage vers la rue Chaumontel. Ce sont de faux arguments mensongers pour éviter d'assumer courageusement ses choix. 

Parties privatives ouvertes, jardin partagé, verdure

Pour ceux qui connaissent le quartier de la Mandallaz, ils savent que les cheminements publics ouverts, du style des cheminements entre les immeubles qui seront proposés sur le projet des Capucins, ne sont jamais investis par le public. La place piétonne (derrière l'hotel) au coeur des immeubles à la Mandallaz, pourtant publique, est toujours vide .Les allées surélevées entre les immeubles auxquelles on accède par des portillons: idem. Car comme l'a très justement dit une Annécienne dans la salle, il n'y a aucun intérêt à se balader entre des immeubles. C'est de l'habillage de communication pour dire "regardez tout l'espace ouvert au public" mais en réalité cela ne fonctionne jamais.
De la même façon, un jardin partagé est bien un espace privatisé pour 3 ans par une 50aine de personnes (dans ce cas), protégé par des dispositifs de type barrières et portillons.
On nous propose un espace où on pourra "déambuler" (mais ne pas s'arrêter) en remontant le long de la chapelle et du couvent jusqu'au fond avant de revenir par l'autre côté. Voilà la vérité. Ce n'est ni un jardin public, ni un parc.
Quant aux promesses de verdure, j'ai rappelé ce que me disait Bernard Bosson a propos des esquisses du pôle d'échange des bus de la SIBRA. Les architectes avaient vendu à l'époque une réalisation de type "savane arborée"... je vous laisse juge de ce rendu... Il faut toujours se méfier des discours qui enjolivent trop et appuient sur un verdissement de façon trop insistante. Ils cachent souvent une réalité bien différente.

J'ai enfin terminé en rappelant, notamment au promoteur qui faisait déjà des plannings de réalisation, que le conseil municipal ne s'était pas encore prononcé sur ce projet. Comme beaucoup d'Annéciens, je regrette que le maire présente un projet tout ficelé où la seule chose que l'on peut choisir c'est la couleur des murs. La concertation n'existe pas. Cette réunion était de l'information.

J'ai rappelé mon opposition totale à ce projet qui ne prend pas en compte les attentes des habitants et la vie de ce quartier. Je vous tiendrai informé à la rentrée des actions (car oui nous allons nous mobiliser) que nous envisageons de mener contre la destruction de ce dernier espace naturel de centre-ville.

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