jeudi 16 avril 2015

Fusion des 13 communes : l'hallali

Après de multiples exemples dont les plus "fameux" restent les Jeux Olympiques 2018, le stade de l'ETG à Seynod, et bientôt le projet de centre des congrès, voici que le maire d'Annecy est en train de  rater le projet de fusion des 13 communes de l'agglomération.

Il est aujourd'hui clair que la fusion des 13 communes n'est plus à l'ordre du jour que dans la tête de notre maire qui continue à chercher son "grand projet" pour laisser sa trace dans l'histoire d'Annecy. En effet, de nombreux maires des communes de l'agglo font clairement savoir qu'ils y sont opposés.


Quand on "foire"* autant de projets d'envergure, c'est plus qu'un concours de malchance, c'est un problème de méthode. Et ce problème est clair et s'appuie sur un double constat :
- l'autosuffisance de M. Rigaut qui croit qu'il peut décider de tout, tout seul, l'exemple du rappel à l'ordre de M. Monteil concernant la participation du Conseil Départemental au financement du centre des congrès en est l'illustration.
- la méfiance vis-à-vis des habitants (et de leurs élus) qui fait que la concertation n'existe pas.

Concernant le projet de fusion à 13, depuis le début je suis sceptique sur sa réalisation, alors que j'ai exprimé publiquement mon entrain et mon soutien pour un projet de fusion des communes urbaines (à 4 ou 5 avec Cran-Gevrier, Seynod, Meythet, Annecy-le-Vieux). Il faut parfois regarder la réalité en face et écouter les élus et les habitants des communes périurbaines. Leurs réalités ne sont pas identiques aux nôtres. Alors que nous parlons rénovation urbaine, ils parlent expansion de population, par exemple. C'est normal. Et il n'y a là ni chauvinisme de clocher, ni égoïsme. Nous sommes des urbains, ces choses peuvent peut-être nous échapper, mais il faut savoir écouter et entendre.

M. Rigaut n'a jamais réuni les présidents de l'ensemble des groupes du conseil municipal par exemple, pour dialoguer avec nous sur ce point et porter une parole unie des élus d'Annecy, nécessairement plus forte, comme il ne l'a jamais fait pour les JO2018. C'est que M. Rigaut ne sait pas travailler avec les autres et qu'il veut les honneurs pour lui tout seul en tenant les oppositions à distance (élus réfractaires, ou cityens). Il n'a jamais compris que nous étions aussi des représentants des habitants et que notre parole pouvait avoir un intérêt, même quand je lui tends la main pour cela. Car je suis convaincu que parfois, il faut savoir mettre nos différences de côté pour défendre ensemble l’intérêt supérieur de la ville.

L'échec annoncé de la fusion des 13 communes est aussi le fait du manque d'implication de la population. M. Rigaut pense que tout se décide depuis le château. Or, un projet de fusion doit d'abord être un projet de la population, porté par la population. Nous sommes mi-avril, la décision de fusionner doit être prise avant fin juin... La population, malgré l'annonce très tardive d'une consultation internet (pour laquelle les élus de gauche ont largement contribué à ce qu'elle se mette en place), a été tenue à l'écart. M. Rigaut a peur des citoyens, incapables selon lui de se faire une opinion sur un sujet si complexe. Pourtant, je reste persuadé que l'appui de la population était acquis et qu'il aurait pu être un formidable accélérateur.


Dans la conduite de projet, M. Rigaut a oublié que piloter ne signifie pas "qui m'aime me suive", que l'animation doit impliquer les élus ET la population, que la négociation nécessite le respect et l'écoute, que l'anticipation ne peut pas être uniquement basée sur une carotte financière aussi grosse soit-elle, et que l'organisation ne peut se décider seul avec quelques membres des cabinets.

Le plus dramatique au fond, c'est que M. Rigaut n'apprenne pas de ses erreurs passées et continue avec la même méthode qui échoue à chaque fois. C'est que ces convictions sont ancrées au plus profond de lui-même. M. Rigaut ne réalisera pas son grand projet pour rentrer dans l'histoire parce qu'il ne sait pas choisir ses alliés. Nous lui offrions une possibilité de dialogue et de travail, sincère mais exigeante pour Annecy, il a préféré l'accord facile avec M. Accoyer qui aujourd'hui sabre son projet de fusion à 13 communes et qui demain, si le besoin s'en fait sentir, n'hésitera pas à abandonner M. Rigaut en rase campagne au sujet du centre des congrès.

Mais M. Rigaut n'est pas la victime de ses amis, il les a choisi, par confort personnel. Est-ce cela être élu ? Choisir le confort ? Je ne le crois pas.

Vous aurez notamment compris que l'interview donnée mardi par M. Accoyer à la presse et dans laquelle il fixe ses "conditions" à la fusion marque, pour moi, un tournant. En cherchant à vendre comme seul projet politique à cette fusion la baisse des dépenses et donc des services publics, M. Accoyer enterre le projet de fusion à 13. Car ces conditions sont inacceptables. Nous ne nous lancerons pas dans une fusion de communes avec comme objectif premier, affiché et revendiqué, d'offrir moins de services aux Annéciens. Cette fusion doit être un plus, pas un moins.

Malheureusement, l'heure de sonner l'hallali de ce projet de fusion à 13 est venue.


* J'utilise le verbe "foirer" certes populaire mais qui regroupe bien dans mon esprit les deux sens du terme : 1) rater lamentablement, 2) faire du battage médiatique avec du vent (faire la foire).

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