mercredi 11 mars 2015

L'avenir du couvent des capucins


Samedi soir, ce sont plus de 70 Annéciennes et Annéciens du quartier des Romains qui sont venu(e)s assister à notre réunion publique au sujet de l'avenir du site des Capucins (avenue de Cran). Cette présence forte est le signe de l’intérêt que portent les habitants à l'avenir de ce tènement, propriété de la ville depuis plusieurs mois et qui reste aujourd'hui désespérément clos.


Evelyne Marteau (conseillère municipale) a rappelé l'historique récent du site. Suite à l'alerte par des citoyens de la mise en vente de ce site par la confrérie des Capucins à un promoteur immobilier (le projet était connu de la mairie), les élus d'opposition sont montés au créneau en juin 2011 pour demander la préemption (le rachat) par la ville. Nous avions alors subi quolibets et sarcasmes de la part de la majorité. Après une forte mobilisation citoyenne (pétition, réunions...), la mairie avait fini par faire volte-face : ce qui n'était pas possible en 2011 est devenu possible en 2013 ! La ville a racheté le site qui est à présent propriété des Annéciens.

Avec ce rachat, nous avons gagné une chose essentielle : la conservation des bâtiments de la chapelle et du couvent. C'est déjà une grande victoire. Le parc quant à lui semble sauvé, mais il faut rester vigilant : des constructions d'immeubles sont toujours possibles le long de l'avenue de Cran et du Boulevard Replat.

Je suis ensuite intervenu pour faire l'état des lieux du site. Nous avons largement acté collectivement :
- la nécessité de rénover le foyer Saint Francois
- la destruction dès que possible de la maison à l'angle Avenue de Cran/ Boulevard Replat (utilisée actuellement par l'ordre de Malte)
- la possibilité de dissocier dans le temps (même s'il faudra un projet d'ensemble au final) la question des extérieurs (parc, verger et potager) de la question de la reconversion des bâtiments.

Pour nous, le parc doit être entretenu et ouvert au public dès que possible en s'assurant de deux prérequis (le temps de requalifier les bâtiments) :
- isoler les bâtiments du parc pour éviter leur accès au public (problème de squat)
- maintenir l'existant (notamment les arbres du verger) dans un bon état
- fermer le parc la nuit, comme cela se fait dans de nombreuses villes, afin d'éviter le bruit.

Annette Perrier et Alain Germani sont ensuite intervenus pour émettre des idées sur le devenir de ce jardin (jardins partagés ?, Vergers solidaires ? ...) et Evelyne est ré-intervenue pour défendre notre idée d'installer sur ce lieu une maison des associations, ouvertes aux habitants du quartier et de la ville.


Un débat nourri a ensuite eu lieu, et je veux saluer la qualité des interventions et des idées émises. Plusieurs personnes ont suggéré la création d'un jardin "de curé" ou d'un jardin des simples, d'autres d'un arboretum, d'autres d'un "conservatoire" des plantes traditionnelles... L'idée d'avoir une partie "potager" et "verger" (sur le devant de la façade du couvent) intelligent, instructif (avec panonceaux explicatifs par exemple) a été largement sollicitée. Sur la partie plus "verte" et arborée le long du bâtiment et du boulevard Replat, devant rester une partie plus "parc" pour la balade et la flânerie. 

Le débat s'est ensuite élargi au quartier et à l'intégration de ce projet dans ce qu'est ce quartier, c'est-à-dire un quartier délaissé par la mairie. L'avenue de Cran est largement à rénover (au passage c'était dans notre programme) pour la rendre plus "urbaine" et plus "verte". Plus qualitative. Nous sommes là en plein cœur de l'agglo! La concentration d'une pauvreté forte sur ce seul quartier a aussi été souligné et j'ai redit mon attention extrême aux questions de mixité sociale DANS TOUS LES QUARTIERS, et non pas des ghettos sur les parties périphériques, particulièrement à l'ouest de la ville. La question des stationnements a aussi été soulevée avec la présence de voitures tampons sur le quartier qui "bloquent" des places de stationnement pour les riverains alors que ces voitures se garent là pour aller à la gare ou au travail (ce sont les premières zones de stationnement gratuites).
Je connais ces réalités pour habiter dans un autre quartier (rue Dr Gallet) où le problème existe aussi. Je crois qu'il faut faire deux choses : 1) créer des parkings relais en périphérie d'agglo avec des transports en commun efficaces et 2) réfléchir à l'extension des zones de stationnement payant.


Le devenir des bâtiments a aussi donné lieu à des échanges nourris et intéressants. Sur la chapelle, j'ai redit à la présidente de l'association "Sauvons l'église des Capucins" (qui milite pour le retour de l'église au culte catholique, plus précisément traditionaliste) mon opposition à ce projet. L'église est propriété des Annéciens et doit donc trouver un usage ouvert à tous les Annéciens. Une vocation culturelle ouverte s'est rapidement imposée comme une évidence (salle d'exposition, de concerts...). Plusieurs idées ont été soulevées sur l'avenir du bâtiment du couvent : lieu pour la jeunesse, maison des associations, etc... 

J'en retiens les lignes directrices suivantes :  
- les habitants veulent un lieu vivant
- Ce lieu doit devenir une fierté du quartier et ouvrir le quartier sur la ville en attirant aussi les Annéciens d'autres quartiers voire les touristes. La possible perspective d'une reconstruction immobilière à l'angle de l'avenue de Cran et du boulevard Replat (à la place de la maison de l'ordre de malte) a été très largement rejetée car cela isolerait le parc du quartier au lieu de l'ouvrir.
- Les Annéciens souhaitent un lieu qui leur soit ouvert (pourquoi pas pour des vins d'honneur de mariage, baptême...) sans être privatisé.
- les habitants ne souhaitent pas un énième projet "m'as-tu vu", "pompeux", "paillette". Ils souhaitent que l'esprit de simplicité, de sérénité lié à l'histoire du lieu reste, ce qui d'ailleurs n'est pas opposé à la vie.

Le sentiment d'abandon de certains quartiers d'Annecy est toujours pour moi un crève-cœur. C'est pourtant d'abord là, dans ces quartiers, que sont les "vrais Annéciens", la vraie vie. Le sentiment d'être des citoyens de seconde zone reste fort. Nous devons lutter contre cela de toutes nos forces en intégrant dans nos quartiers des lieux de fierté et de vie pour tous. Nous devons penser aux Annéciens et sortir de la route qui nous est proposée par la majorité : celle du clinquant, des projets inutiles pour les Annéciens, pour revenir aux réalités, aux besoins des Annéciens, de tous les Annéciens. Beaucoup d'Annéciens sont des gens simples qui ne se reconnaissent plus dans l'orientation prise par les décisions politiques de la ville.

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