jeudi 5 mars 2015

A Annecy, des enfants dorment dans la rue

Hier soir, coup de fil des associations d'aide aux demandeurs d'asile. 29 personnes, ayant le statut de demandeurs d'asile se présentent à la permanence. Elles errent en ville depuis vendredi dernier, depuis qu'elles ont été "sorties" de leur hébergement d'urgence (principalement le centre G. Bonnet). Parmi ces 29 personnes, 17 enfants mineurs dont 15 sont scolarisés.

Ces familles sont arrivées du Kosovo. Elles ont déposé, dans les règles, une demande d'asile à la France, qui, conformément à la loi, doit leur offrir un hébergement et à manger durant l'instruction de leur dossier. Je rappelle que ces personnes ont interdiction de travailler avant d'avoir obtenu leur carte de séjour. Elles sont donc nécessairement vulnérables, sans ressources.

Après avoir pris quelques renseignements, il semble que le 115 (qui gère les hébergements d'urgence) soit submergé et ne puisse pas faire face à un afflux important de demandeurs d'asile en provenance du Kosovo. En effet,  la dernière décision du Conseil d'Etat, qui a retiré le Kosovo de la liste des pays "sûr", permet aux ressortissants de ce pays d'être éligibles au statut d'asile en procédure "normale" (environ deux ans pour traiter un dossier).

Il faut bien comprendre que le statut de demandeur d'asile est un statut particulier qui concerne des personnes venant de pays où leur intégrité physique ou psychique, leur sécurité, n'est plus assurée. Le Kosovo est sujet au chômage, à l'instabilité politique mais surtout à une insécurité qui menace certaines familles parce que d'origine, de religion, de groupes, minoritaires ou non acceptés.

La première question qui se pose, ce sont les critères de choix des familles logées ou non dans le cadre de cette pénurie d'hébergement. Je ne peux que m'étonner que des familles dont les enfants vont à l'école, soient du jour au lendemain renvoyées à la rue, pour faire de la place pour de nouveaux "arrivants". Je m'étonne aussi de la faiblesse du nombre d'hébergements disponibles alors qu'en parallèle, l'annexe du tribunal qui avait été réquisitionnée par la préfecture ne l'est plus.

Certes, la situation est "anormalement" tendue du fait de cet afflux. Mais l'Etat, par le biais de la préfecture, ne peut tolérer que des enfants soient les victimes de cette situation. Personnellement, je ne peux l'admettre surtout quand des solutions de réquisitions existent.

Cette nuit, la température est descendue en dessous de 0 degrés. Cette situation est humainement intolérable. Je demande à l'Etat et à la préfecture de prendre leurs responsabilités pour trouver des solutions à ces enfants et leurs familles, conformément à la loi. Je ne saurais tolérer que l'Etat qui est garant du respect de la loi et de l'ordre s'en exonère sur des sujets aussi importants. Le préfet a la possibilité de réquisitionner les locaux nécessaires si les places sont effectivement manquantes dans les structures actuelles.
Le Conseil départemental doit également agir au titre de la protection infantile qui est de son ressort pour protéger les enfants.

En cas d'immobilisme avéré de l'Etat et du conseil départemental, il reviendra au maire de se substituer à eux en sa qualité de responsable des populations vivant sur son territoire et au titre du maintien de l'ordre, pour trouver une solution avant qu'un drame ne survienne. Il sera toujours temps ensuite (et il faudra le faire) d'envoyer la facture à l'Etat car l'hébergement des demandeurs d'asile est de sa responsabilité exclusive.

Est-il utile de rappeler que les enfants ont des droits, notamment le "Droit à une alimentation, à un logement et à des soins médicaux appropriés" ? Je souhaite qu'une solution soit trouvée pour éviter à ces enfants de passer une nouvelle nuit dehors.

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