jeudi 29 janvier 2015

Halle des producteurs locaux aux Haras

Nous portons ce projet de Halle des producteurs locaux depuis plusieurs mois et nous l'avions inscrit dans notre projet municipal. Cette halle doit pouvoir trouver sa place dans le manège (bâtiment au nord du tènement, parallèle au boulevard du lycée) qui est un bâtiment parfaitement adapté à l'accueil de stands de producteurs locaux (à moindre coût).


On imagine un espace consacré à la mise en valeur de nos produits régionaux, dans une optique de vente directe des producteurs aux consommateurs. Une sorte de marché couvert. L'objectif est de donner un coup de fouet aux circuits-courts, tout en privilégiant l'agriculture locale. Le mode d'organisation de cet espace pourrait d'ailleurs être discuté à plusieurs car pourquoi ne pas réfléchir à une "union" entre consommateurs et producteurs, sur le modèle des AMAP ou des coopératives?

L'enjeu est d'importance et c'est pourquoi il lui faut un lieu emblématique. De plus, c'est le genre d'activité ouverte à tous qui permettrait d'animer toute la journée l'espace des Haras et ainsi de le rendre effectivement ouvert à tous les Annéciens. Je dirais aussi que l'Agri-culture, c'est aussi de la culture, c'est notre patrimoine. Nous avons la chance localement d'avoir des filières agricoles d'excellence couronnées de labels (AOP, AOC...). C'est un atout touristique qu'il faut valoriser.

L'enjeu numéro un, c'est la structuration à l'échelle du bassin de vie d'une filière agricole locale. La campagne annécienne doit pouvoir nourrir une partie de la population des villes. C'est un enjeu fort de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports. En offrant un lieu de débouché privilégié à ces productions nous sécurisons les recettes des agriculteurs en payant leurs produits au juste prix. Cette démarche leur offre de la lisibilité financière et des moyens pour regarder l'avenir plus sereinement.

Le deuxième enjeu est, pour Annecy, de jouer son rôle de capitale d'un territoire en recréant de l'attractivité à la fois commerciale et touristique. Un tel lieu doit devenir le "temple" des produits savoyards, avec des animations, des expositions, des informations... autour de notre patrimoine gastronomique. Un lieu populaire, mais d'excellence à la portée de tous. Une telle carte serait un atout touristique de plus attirant notamment nos voisins italiens ou suisses. Annecy doit avoir un lieu qui soit le fer de lance de ses produits locaux. Rien de tel qu'un bel écrin (les Haras) pour mettre en valeur un tel bijou (nos savoirs-faire), à la porté de de tous.

Enfin le troisième enjeu, c'est la nécessité d'avoir un Haras vivant et populaire, ouvert à tous. Il faut donc y installé aussi des activités qui fonctionnent toute la journée et draine du passage. Il ne s'agit pas de créer, comme le propose la majorité actuelle (en reprenant au passage les mots qui étaient les nôtres lorsqu'elle parle de "Halle gourmande", mais pas le fond de l'idée puisqu'elle voit sa halle gourmande comme une espèce de restaurant très haut de gamme, servant des produits locaux pour une clientèle très aisée, rien à voir avec notre projet) de faire du business pour personnes riches (Tiens d'ailleurs cela me rappelle le programme de l'UMP de 2008... comme quoi M. Rigaut se laisse facilement convaincre par ses amis !). Il s'agit d'offrir une activité qui a du sens, dans un lieu extraordinaire, pour les Annéciens ordinaires. On pourrait d’ailleurs, de manière plus modeste, adjoindre à ces produits agricoles quelques objets d'artisanat local.

Cela fait des années que moi, l'urbain, petit-fils d'agriculteurs, je me bats pour le respect de nos paysans. Que ce soit pour la protection des terres agricoles, la nécessité de construire une cuisine centrale d'agglomération afin de structurer une filière de production locale, ou bien encore en me battant contre la destruction des terres du Treige, je crois que les politiques ont des outils pour aider ce secteur d'activité économique. Ce sont des emplois mais aussi l'entretien de nos paysages et la beauté de nos montagnes. Nous pouvons agir dans leur intérêt et dans le nôtre, celui des gens simples, qui veulent, malgré leurs revenus modestes, pouvoir manger sainement.

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