vendredi 12 décembre 2014

Rénover l'école Carnot en 2015

Je lis dans la presse de ce matin, l'appel au secours lancé par le secteur du bâtiment, notamment aux élus locaux. Les mises en construction de nouveaux chantiers sont effectivement en chute libre, ce qui fait peser un gros risque sur l'emploi local. Le secteur du BTP est un moteur de notre économie haut-savoyarde, pourvoyeur de nombreux emplois. C'est aussi l'un des derniers secteurs à jouer le rôle d'ascenseur social dans notre société.

Il faut saluer ici le sens des responsabilités de ce secteur économique qui aujourd'hui alerte les décideurs politiques, avant qu'il ne soit trop tard. Alors essayons de répondre favorablement (dans la limite de nos capacités financières) en tant que collectivités locales, à cet appel à l'aide.

D'autant que les besoins ne manquent pas, notamment en matière de logements, et plus précisément de logements sociaux, point que je porte fortement à l'agglomération.

Alors que nous allons entrer dans une semaine politique consacrée aux votes des budgets de la ville et de l'agglomération pour l'année prochaine, cet appel rejoint un certain nombre des sujets que j'ai soulevé au moment des différents débats d'orientations budgétaires le mois dernier.


J'ai notamment porté au nom de mon groupe, la nécessaire inscription sur ce budget de l'éco-rénovation de l'école Carnot, y compris en s'endettant pour cela. Pourquoi ?
- D'abord parce que cette rénovation de la plus ancienne école d'Annecy a été trop souvent annoncée et toujours repoussée pour d'autres projets (à mon avis moins importants)
- Cette éco-rénovation aura des effets durables sur le coût de fonctionnement et viendra donc réduire les dépenses futures de chauffage notamment.
- L'école primaire est la responsabilité première de la ville, bien avant d'autres chantiers. Nos enfants ne doivent pas être les victimes de la rigueur budgétaire. En investissant dans une école, on investit pour l'avenir.
- La ville, dans le budget qui va nous être présenté, ne joue pas le jeu du soutien à l'économie locale. Alors qu'il est prévu (théoriquement car cela signifierait que nous réalisons bien en 2015 tous les investissements inscrits, ce qui n'arrive jamais, nous réalisons effectivement entre 70 et 80% des investissements inscrits au budget) un emprunt de 2 millions d'euros pour équilibrer les investissements, le budget prévoit aussi un remboursement de capital des anciens emprunts de 1.6 millions d'euros. Cela donne donc un emprunt net réel de seulement 400 000 euros pour 2015. Bref, au mieux une stabilité, voire une baisse de notre endettement.
- Dans un contexte où les taux d’intérêt sont très bas (comme le souligne d'ailleurs une lettre envoyée aux maires par le préfet de région), où l'investissement privé flanche, il est du ressort de l'investissement public de prendre raisonnablement le relais et sa part au maintien de l'activité économique en attendant la reprise de la croissance. C'est ce que nous a enseigné l'économiste Keynes.
- La rénovation d'une école peut se faire à crédit. Cette école rénovée n'a aucune raison d'être payée uniquement comptant, par les Annéciens d'aujourd'hui. En empruntant, on  étale le coût de cette rénovation sur plusieurs années et on fait supporter ce coût à plusieurs Annéciens d'aujourd'hui comme de demain. Les économies d'énergies réalisées pourraient d'ailleurs en grande partie venir couvrir le coût de l'emprunt.

La rénovation en 2015 (bien sûr les travaux s'étaleront sur plus d'une année) d'une école primaire est une obligation (pour nos enfants, pour le climat, pour l'emploi) et une décision de bonne gestion financière de la ville. C'est pour cela que je continuerai de la porter au moment du vote du budget lundi soir. C'est je crois une réponse (qui doit être complétée par d'autres, notamment à l'agglomération en ce qui concerne le logement social dont la demande est si criante sur notre bassin de vie) qui va dans le sens d'un début de réponse au secteur du BTP, et à la préservation de l'emploi.

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