lundi 22 décembre 2014

Pourquoi je n'ai pas voté le budget de l'agglo ?



Jeudi 18 décembre, le conseil d'agglomération était appelé à débattre du budget et à voter.

Ce budget 2015 est présenté avec une hausse modérée des dépenses de fonctionnement accompagnée d'une hausse significative des recettes des impots, impossible sans hausse des taux. L'estimation est de faire passer la taxe d'habitation de 6.47 à 6.66% et la taxe foncière (part interco) de 0 à 0.40%. Cela représente une hausse moyenne d'environ 20 euros par ménage.

La question n'est pas d'être pour ou contre les impôts, comme a essayé de le faire croire M. Billet dans son intervention (certainement pour mieux faire oublier son revirement sur la question du tunnel du le Semnoz, lui qui est soit-disant contre, mais l'a voté ce jeudi. Les girouettes, tournent toujours avec le vent... ou avec la soupe), mais à quoi vont servir ces impôts.

Il y a déjà plusieurs mois, j'avais écrit un article intitulé : "Finances de l'agglo : le mur en 2016", dans lequel j'expliquais qu'il ne serait pas possible de se payer un centre des congrès sans augmenter les impôts. Nous y sommes déjà ! Donc la question est bien : augmenter les impôts, ca se discute, mais pour se payer quoi ? Moi je dis non à un nouveau centre des congrès à Albigny ainsi qu'à un tunnel sous le Semnoz, donc non aux impots qui accompagnent ces investissements.

Je suis également intervenu pour rappeler ma position déjà explicitée au Débat d'Orientation Budgétaire le mois précédent : je suis contre le hausse de la taxe d'habitation et je préfère qu'en contre partie on diminue la Dotation de Solidarité Communautaire (DSC) reversée aux communes de 2 % (inscrits au budget) à 5%. Le résultat est quasiment identique. Mais c'est une double question politique :
- d'abord arrêter d'empiler le mille-feuille administratif. Si l'agglo voit ses ressources augmenter cela DOIT se faire au détriment des communes. On ne peut pas vouloir garder ses recettes communales et continuer à augmenter les recettes intercommunales. L'avenir est à l'agglo pas aux communes.
- Il faut donner à l'agglo les moyens de son développement, quand on sait que la population augmente et vieillit chaque année.

C'est pourquoi je n'étais pas favorable à une baisse des dépenses de fonctionnement (d'ailleurs sur quelles dépenses?) mais à leur juste maîtrise. Il nous faut continuer à accompagner l'accueil des population nouvelles, l'aide à nos ainés, nos structures sociales, culturelles et sportives... tout en contrôlant rigoureusement l'usage de l'argent public.

J'ai d'ailleurs fait remarquer que plutôt que de taper sur les services, les élus pourraient aussi se regarder le nombril. Alors que la réforme des collectivités territoriales à réduit le nombre de conseillers communautaires quasiment par deux (tous indemnisés), la dépense consacrée aux indemnités des élus a diminué que de 10%. La raison, on la connait: plus de vice-présidents et conseillers délégués au bureau (le bureau représente plus de la moitié du total des élus !) et un président qui, sans vergogne, n'a pas hésité à augmenter son indemnité. Les élus doivent montrer l'exemple, en particulier le premier d'entre eux. Je rappelle au passage que les simples conseillers eux ont eu (et j'en suis ravi) une augmentation de 0% d'un mandat à l'autre.

Concernant les investissements, je suis intervenu pour dire mon opposition au percement d'un tunnel sous le Semnoz inscrit pour 680 000 euros (les études !) en 2015, ainsi que du centre des congrès (encore 2 650 000€ pour 2015!). Je préférerais, en ces temps de crise, que les investissements en faveur de l'activité économiques soit plus concrets et plus orientés vers les besoins de notre bassin de vie.

J'ai regretté l'absence d'investissements en faveur des économies d'énergies (dépenses de fonctionnement qui pourtant continuent à augmenter) pour réduire notre facture énergétique et alléger ainsi nos dépenses.

Enfin concernant le logement, le montant annuel dévolu au logement social reste désespérément scotché à 1.5 millions d'euros/ an alors que les besoins sont énormes. Quant à l'enveloppe consacrée aux acquisitions foncières pour réaliser de nouveaux logements elle est de 350 000 euros pour 2015. Pas de quoi répondre aux besoins de logements des habitants.

Bref, rien dans ce budget ne répondant aux enjeux d'avenir (investissements économiques, économies d'énergie, logements...), j'ai voté contre un budget écrit par des politiciens élus depuis 1977, qui sont restés campés sur leurs certitudes d'alors et n'ont pas vu que le monde avait changé.

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