dimanche 30 novembre 2014

Projet des Trésums : symptôme d'une démocratie locale à l'agonie

Le conseil d'Etat vient de rendre son verdict concernant les recours engagés contre le projet immobilier des Trésums (avec l'architecte C. de Portzamparc). Il a confirmé la légalité du permis de construire. Les travaux vont donc pouvoir commencer.


Dire la vérité pendant une campagne électorale

Pendant la dernière campagne pour les élections municipales, avec mon équipe, je n'ai pas souhaité prendre part à la polémique sur ce sujet (vous ne trouvez pas, dans notre programme, une ligne sur ce projet, hormis un point sur lequel je reviendrai en fin d'article). La discussion ne pouvait plus être politique, elle était désormais juridique puisque le dossier était entre les mains du tribunal.

Alors qu'une liste dite "divers droite" (en réalité, pour parler clairement, une liste "fourre-tout droite extrême") a leurré les Annécien-ne-s en leur faisant croire que l'on pouvait arrêter ce projet (ce qui en dit long sur le sérieux du suivi des dossiers), j'ai refusé de rentrer dans ce débat d'arrière-garde et de tenir des promesses infondées aux électeurs.

Je n'ai pas souhaité, comme l'a fait M. Rigaut, faire des promesses démagogiques et électoralistes en promettant de revoir et redessiner les toitures des bâtiments, alors que chacun savait que ce n'était pas possible. Soit le conseil d'Etat validait le projet et alors le promoteur le réaliserait tel quel, sans aucune modification qui ralentirait les choses. Soit il rejetait  le projet et alors, il fallait repartir d'une feuille blanche. Dire qu'on allait modifier, n'avait aucun sens et a contribué à prendre les électeurs pour des imbéciles.

Je regrette que des Annécien-ne-s se soient laissés bernés par un cheval de bataille politique qui n'était plus un sujet d'actualité depuis longtemps. Cela a conduit à l'élection de conseillers municipaux sur un malentendu et une tromperie.

Etre honnête et dire la vérité, ne pas faire de surenchère démagogique, voilà la ligne que je défends et que j'ai portée avec mon équipe. Cela n'est pas toujours simple car les électeurs préfèrent parfois croire aux chimères. Mais j'en suis fier.

Le rôle de l'élu en matière d'urbanisme

N'allez cependant pas croire que je sois fan du projet qui va se réaliser, ni de l'absence de concertation qui l'a entouré et que j'ai de nombreuses fois dénoncée. A mon gout personnel, ce projet n'est pas beau et il n'a rien de "futuriste". C'est au contraire un projet marqué du sceau des années 80 et peu avant-gardiste, notamment d'un point de vue écologique. Mais je suis un élu responsable, et je sais que mon goût personnel ne doit pas être la base de mes prises de décision pour l'intérêt collectif car les goûts et les couleurs...

Le travail de l'élu n'est pas de faire de l'architecture, c'est le travail des architectes en concertation avec la population. Mon travail est de penser l'urbanisme c'est-à-dire l'aménagement de la ville pour le bien-être des habitants. Et sur ce point, il reste un vrai sujet à traiter : celui de la place des classes populaires et moyennes au sein de ce projet.

Le statut de la maison de retraite : vrai combat à mener

Le projet ne compte que 20% de logements sociaux pour les Annécien-ne-s modestes. Nous sommes loin des 30% lancés comme un slogan par la majorité. Ce point important m'avait conduit à poser, en son temps, cette question: les Annéciens modestes n'ont-ils pas droit à la vue sur le lac ?
Alors, certes, la mairie répond que le projet comporte 30% de logements sociaux au sens de la loi SRU qui, par une bizarrerie technocratique, permet de compter comme logement social toute chambre de maison de retraite, publique et privée.

Or, une maison de retraite privée (à min. 3000€/mois) va être créé le long du chemin du Tillier. Je ne considère pas qu'un tel tarif soit à la portée de tous. Et je demande (comme cela était inscrit p.13 de notre programme, c'est le point dont je vous parlais plus haut) que la gestion de cette maison soit confiée au public, à la C2A. Quelle différence ? Un tarif qui peut aller du simple au double avec un coût pour les familles compris entre 1700 et 2000€/mois dans le public contre plus de 3000€/mois dans le privé. Pour moi, cela compte !

Voila le seul combat qui vaille la peine d'être mené concernant le projet des Trésums, aujourd'hui comme en Mars dernier. Tout le reste n'est que stratégie politicienne, promesse électoraliste ou méconnaissance des dossiers, symptôme de tous les excès de certaines campagnes électorales.

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