dimanche 23 novembre 2014

Expulsion du camp Rom d'Annecy

Depuis plusieurs semaines, des Roms se sont installés illégalement sur le terrain des anciens abattoirs, terrain en friche, propriété de la ville d'Annecy.

Cette installations fait suite à l'évacuation l'été dernier de 3 camps situés sur plusieurs communes de l'agglo par les forces de l'ordre, sur décision de la préfecture. L'installation de ces 3 camps faisait elle-même suite à l'errance de ces populations sur l'agglo. Ce n'est donc pas une question nouvelle: depuis des mois ces populations sont baladées d'un point à un autre sans qu'aucune solution ne soit trouvée.

On peut débattre à foison de la question des Roms, des causes de leur émigration de Roumaine et de Bulgarie, de la politique migratoire de l'Europe, de Schengen, etc, etc... Les réponses ne sont pas simples.

On peut aussi faire le constat que pour certaines de ces familles, le mode de vie sédentaire occidental est très loin de leur culture et engendre des problèmes de compréhension et d'intégration. Je ne nie pas non plus les infractions et autres délits (vols, dégradations...) commis par certains des membres de ces communautés. Je redis d'ailleurs que nul n'est au-dessus des lois et j'encourage les victimes de ces méfaits à porter plainte systématiquement. Cela pose aussi légitimement un problème au voisinage. Tout comme la vue sur un bidonville au pied de ses habitations.



Mais au milieu de cette description négative (qui existe et qu'il serait malhonnête de nier), il faut aussi souligner que 70 enfants sont aujourd'hui scolarisés dans nos écoles (conformément à la loi). Ces enfants, qui n'ont rien demandé, sont avides d'apprendre et de progresser. Chaque matin, ils doivent se rendre du camp de Loverchy vers leurs écoles respectives. Parfois, ils font un crochet par la Croix Rouge pour une douche. Il faut souligner le travail effectué par toutes les associations et les citoyens qui essayent de rendre ce quotidien moins difficile. Si certains méritent parfois des légions d'honneur, je crois que c'est parmi eux qu'on pourrait les trouver.

Il y a quelque temps, la mairie (propriétaire du terrain) a déposé plainte pour occupation illégale. La justice lui a donné raison. Aujourd'hui le préfet a été saisi pour mettre à exécution l'expulsion de ce camp. Les rumeurs disent que cette évacuation serait prévue cette semaine.

Personnellement, j'ai dit mon scepticisme et ma franche opposition fasse à cette expulsion pré-hivernale qui ne résoudra rien et qui au contraire aura pour effet d' "éparpiller" ces populations sur le territoire, les rendant ainsi plus vulnérables et plus difficiles à suivre. Certes, je le redis la vie dans ce camp n'est pas la panacée et il existe des risques sanitaires réels. Mais ceux-ci seront encore plus importants pour des individus isolés.

La bonne solution n'est pas l'expulsion avant l'hiver qui augmenterait la fragilité et la vulnérabilité de ces personnes et particulièrement des enfants, encore traumatisés. Au passage, l'annonce par voie de presse depuis plusieurs jours de cette expulsion est venue augmenter inutilement la peur de ces populations.

Je propose plutôt que l'on passe un marché, un accord temporaire.
D'abord la préfecture doit recenser les personnes vivant dans ce camp et leurs situations. Celles qui ont vocation à rester et à s'intégrer doivent se voir proposer un parcours d'insertion. Celles qui ont reçu des obligations de quitter le territoire doivent repartir.
Ensuite, l'agglomération, travaillant de concert avec la préfecture, devrait travailler à une première étape dans le logement d'insertion (type village d'insertion comme cela se pratique ailleurs, et pas nécessairement un appartement social). Dans l'attente, les personnes vulnérables doivent pouvoir être accueillies dans des conditions dignes, via le 115 ou autre. Mais cette solution ne peut pas tout, le 115 étant déjà saturé. Il s'agit de laisser passer l'hiver à celles qui n'auront pu être accueillies sur le terrain des abattoirs en permettant l'installation de toilettes chimiques (qui réduiront les nuisances pour les riverains) garantissant un minimum de dignité. La mairie s'engage alors à ne pas les expulser immédiatement.
Ces populations s'engagent à suivre de manière assidue et sérieuse le processus d'insertion proposée. Un code de bonne conduite peut également être conclu au sein du camp et aux abords.

Cet accord doit pouvoir être valable jusqu'à fin mars. Ensuite on sait que la chantier du centre de production horticole doit commencer et il faudra que ces populations quittent les lieux (à une date déterminée par avance, faisant ainsi retomber la peur de l'expulsion). Ce temps de répit doit permettre à chacun d'avancer et de trouver des solutions durables.

Voila ce qui, je crois, serait une solution humaniste et digne. Elle offre la possibilité du dialogue et de la recherche de solutions pérennes entre tous les acteurs plutôt que l'expulsion qui verra refleurir, rapidement mais en recommençant de zéro pour ces personnes, en plein milieu de l'hiver, d'autres bidonvilles sur l'agglo.

Travaillons à des solutions de long terme, pas à des mesurettes qui ne font que déplacer les problèmes d'un quartier à l'autre, d'une commune à l'autre. Sans angélisme, ni idéologie sécuritaire.

1 commentaire:

  1. vos solutions à peine évoquées vont dans le bon sens.
    Les politiques ne sont pas à la hauteur et sont aveugles en général, ils se drapent souvent dans un angélisme coupable.
    Ces populations doivent faire un choix primordial ne pas se servir de la délinquance pour nourrir un espoir d'enrichissement démesuré par rapport à leur situation. Il est inadmissible de voir des voitures de dizaines de milliers d'euros pour des gens qui ne travaillent pas. Ceci ne doit plus exister car c'est le révélateur de vols sous-jacents de trafics et de traite d'êtres humains.
    Les pouvoirs politiques doivent donc ériger des aires d'accueil propres avec confort sanitaire y installer des éducateurs s'assurant que les contraintes claniques disparaissent, que ces personnes ne soient pas instrumentalisées par des pseudos chefs.
    Interdire cette notion de chef de camp qui n'est autre qu'une façon de dominer les autres membres et souvent les contraindre à des actions illicites.
    Ils faut casser les liens de subordination qui exixtent dans leur système de clans.
    Etablir un contrôle strict sur les relations entre membres du camp.
    Interdire les entrées aux étrangers du camp. Eviter les sorties nocturnes qui sont les révélateurs des actions illicites de la nuit. (vol, prostitution).
    Ces populations ne sont pas des anges s'ils veulent vivre en France on doit les contraindre pour qu'ils abandonnent un peu de leur idéal de vie et qu'ils s'imprègnent un peu du nôtre, c'est par là que passe l'intégration et bien sûr par la scolarisation des enfants et l'accompagnement des adultes pour l'assimilation d'un minimum de notre langue.Quand à la quête d'un travail c'est une autre histoire mais il y a des pistes à investiguer (manoeuvres, jardiniers, ouvriers agricoles, mécaniciens, employés en cuisine, employés en ménage,).
    Il faut aussi qu'ils admettent de ne pas rechercher le profit à court terme pour repartir au pays.!!!!!!!!

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