dimanche 19 octobre 2014

Tourisme en Haute Savoie



J'ai assisté hier, à l'invitation de mes amis socialistes du pays du Mont-Blanc et en particulier Annie Laffin, à une journée sur le Tourisme en Haute Savoie.

Deux tables rondes ont été organisées le matin, avant une restitution des débats l'après-midi et une intervention très riche et instructive de Michel Destot, grand amoureux de la montagne, député de l'Isère et ancien maire de Grenoble.

J'ai animé la table ronde sur la thème "Tourisme et Emploi". Les questions concernant les saisonniers (logements, déprécarisation...), les salariés (CDIsation, formation, perspectives d'évolution...), les entreprises et la filière touristique (communication, difficultés administratives, visibilité, simplicité, aide à l'embauche...), le rôle des collectivités locales... ont largement été abordées et discutées. Des experts nous ont éclairés sur l'innovation actuellement en marche dans ce secteur : CDI emploi-formation pour hostellerie de plein air, Groupent d'employeurs mixte (collectivités locales/entreprises) pour déprécariser l'emploi, émergence de nouvelles formations, numérisation du secteur...

Loin d'attendre tout d'en haut, les acteurs du secteur se prennent en main pour imaginer des solutions à leurs problèmes. Il faut aussi saluer le travail mener par certaines collectivités pour offrir par exemple des conditions de vie décentes aux saisonniers. Dommage que d'autres restent encore à la traîne.

La seconde table ronde avait pour thème : "Tourisme et Environnement". Les problématiques de transports, de pollution de l'air, d'engorgement des routes, de dessertes ferroviaires, de tri des déchets, d'impact du changement climatique sur le ski, de pollution visuelle avec le mitage du territoire, de maintien d'une agriculture de qualité, de pollution sonore... ont largement été évoquées et discutées. Loin des idéologies du "tourisme pas bien pour l'environnement", ces discussions ont mis en évidence l'obligation de préserver notre environnement pour nous-mêmes et pour nos touristes.

Michel Destot a replacé la thématique dans une perspective plus politique. Il a rappelé que si la France est bien la première destination touristique mondiale, elle ne se place qu'en 3e position pour le chiffre d'affaire (l'argent dépensé par chaque touriste) et en 7e position pour les gains de parts de marchés à l'international. Il a rappelé l'importance, dans un monde concurrentiel où de nouvelles destinations ski ouvrent régulièrement sur tous les continents, de rester à la page. Le ministre des affaires étrangères veut que le nombre de touristes visitant la France passe en 2020 de 83 millions à 100 millions. Il faudra donc s'équiper et s'organiser pour aller capter une partie de ces touristes. C'est un enjeu capital en termes de rentrées d'argent et de balance commerciale pour le pays.

Mais pour cela, il faut s'organiser collectivement et changer de mentalité. Le tourisme qui arrive "tout cuit", c'est fini. Il faut se battre pour attirer les touristes. La carte postale ne suffit plus.

J'ai rajouter la nécessité de se réorienter vers une autre politique touristique plus qualitative. Il ne faut pas oublier les touristes français qui font aujourd'hui encore la majorité de nos visiteurs. Ceux-là, il faut les fidéliser et pour cela il faut qu'ils aient envie de revenir, et qu'ils restent plus longtemps. Il faut donc diversifier l'offre touristique, avec le ski oui, mais aussi un tourisme patrimonial, culturel, géologique, environnemental, agricole... Que fait un touriste en hiver s'il pleut ? Il s'ennuie et cela lui donne l'impression d'avoir perdu de l'argent, de ne pas en avoir eu pour son argent. Développer les alternatives au tout ski, voilà l'enjeu. Il nécessite une concertation entre les acteurs, le développement de packages touristiques complets et diversifiés, un investissement des collectivités locales.

Le tourisme peut être un formidable projet de territoire, s'il allie les intérêts touristiques aux intérêts des habitants locaux. Des exemples ? Développer les transports en commun, c'est bon pour les touristes, c'est bon pour la nature, c'est bon pour les haut-savoyards. Développer un tourisme culturel (musées....) c'est bon pour les touristes, c'est bon pour nous. Accompagner et encourager le développement de l'agrotourisme et le tourisme vert (Bauges...) c'est bon pour les touristes, c'est bon pour les agriculteurs et c'est bon pour nous.

Je remercie les organisateurs de cette journée si riche et si motivante. Merci aux "petites mains" qui nous ont permis de passer une journée parfaite.

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