mercredi 22 octobre 2014

Pour une fusion Savoie / Haute-Savoie

La réforme territoriale en cours de discussion au Parlement fait beaucoup parler. C'est normal, car derrière la géographie se cachent des enjeux importants et une question clé : celle de l'avenir de chaque territoire.

La fusion de Rhône-Alpes avec l'Auvergne est actée. Chacun sait que cet assemblage un peu improbable n'avait pas mes faveurs. Mais je salue l'intelligence, le volontarisme et la justesse que mettent les deux présidents de régions à organiser ce regroupement pour le bien des habitants.

La négociation entre le Parti Radical de Gauche (PRG) et le gouvernement pour son maintien ou non dans la majorité a conduit le Premier Ministre à renoncer à la suppression des conseils généraux (en tous cas à une partie d'entre eux, les "ruraux" sur un critère encore mal défini). Personnellement, je regrette cette reculade.

Enfin cette réforme crée des métropoles, comme celle de Lyon qui aura, à n'en pas douter, un poids particulier au sein de la future région Rhône-Alpes-Auvergne.



C'est dans ce contexte que les présidents des conseils généraux de Savoie et de Haute Savoie ont annoncé leur intention de créer une collectivité territoriale à statut spécifique, nommée Savoie Mont-Blanc. Plusieurs députés des deux départements ont déposé un amendement allant dans ce sens. Je soutiens cette initiative et je m'associe à cette démarche visant à fusionner nos deux conseils généraux. 
Pourquoi ? Depuis plusieurs décennies, les deux conseils généraux ont créé une entente devenue depuis l'Assemblée des Pays de Savoie pour gérer en commun quelques compétences. L'Université de Savoie offre aujourd'hui des filières d'enseignement d'excellence et des laboratoires de recherche reconnus internationalement. L'orchestre des Pays de Savoie est l'un des plus côtés en France. Le comité interdépartemental du Tourisme "Savoie Mont-Blanc" offre aujourd'hui une puissance de feu en termes financiers pour la promotion du tourisme de nos deux départements qui fait pâlir d'envie bien d'autres territoires. Enfin, la Marque "Savoie" défend et promeut les produits fabriqués chez nous.

Certes, tous ces moyens pourraient parfois être mieux utilisés. Mais ce que j'en retiens c'est qu'ensemble nous sommes plus forts. Plus forts pour porter des projets communs. Alors pourquoi pas élargir ces compétences, en fusionnant les conseils généraux ?

La Savoie et la Haute-Savoie partagent une longue histoire commune, une identité et une culture. C'est aussi cela qui fait le charme de notre territoire et son attractivité. C'est important de savoir qui l'on est quand on veut porter nos savoir-faire, nos produits, nos atouts à l'international. Certains me diront qu'au-delà de cette unité, la réalité actuelle fait que la Haute-Savoie est plutôt tournée vers Genève et la Suisse, alors que la Savoie regarde vers Grenoble et Lyon. C'est vrai. Et c'est une chance! Notre territoire a toujours été une terre de passage et de mélange des populations. Ne surnommait-on pas le duc de Savoie, le "portier ds Alpes" ? Nos deux départements n'ont pas vocation à se refermer sur eux-mêmes, mais bien à s'ouvrir sur ce large espace commun que sont les Alpes et l'Europe. Le risque d'une ouverture sans gestion, sans prise en compte des problématiques locales, sans pilotage, c'est l'évaporation, la disparition et au final le rejet de toute forme d'ouverture. Je veux que nos territoires profitent de cette ouverture et s'organisent pour en tirer le meilleur profit (tourisme, industrie, agriculture, culture, sport...). Qu'ils accompagnent les gagnants de la mondialisation mais aussi les perdants, les laisser-pour-compte en mettant en commun par exemple la compétence "Social"

Ma plus grande crainte est qu'il a fallu plus de 30 ans à la région Rhone-Alpes pour se faire "accepter" de ses citoyens, et devenir une réalité "factuelle" et encore... En élargissant avec l'Auvergne, il faudra de nouveau des années pour qu'on apprenne à travailler ensemble sur des problématiques devenues très (trop) disparates entre Chamonix et Aurillac ou bien encore entre Moulins et Valence. C'est un formidable challenge mais qui est aussi porteur de nombreuses lourdeurs et d'inévitables lenteurs, quelque soit la volonté et l'intelligence des acteurs politiques.

Si d'autres territoires veulent avancer plus vite ensemble, je crois qu'il faut leur laisser cette possibilité. Les deux Savoie sont aujourd'hui prêtes à avancer plus vite ensemble, non pas contre tel ou tel. Au contraire. Comme Lyon, la future collectivité Savoie Mont Blanc, aurait un poids particulier, et une voix plus forte en Rhone-Alpes-Auvergne.

Je ne suis pas dupe des arrières-pensées politiciennes des uns ou des autres. Mais je crois qu'à un moment donné, il faut aussi savoir se mettre au-dessus de la mêlée et imaginer l'avenir de nos enfants. La fusion des départements savoyards, membres actifs de la région Rhone-Alpes-Auvergne, est une chance. Elle permettra à notre territoire de sortir de son enfermement (et de se querelles localo-locales) pour devenir un acteur plus performant de son avenir, ouvert sur Rhone-Alpes-Auvergne, ouvert sur les Alpes (Suisse, Italie, Autriche...), ouvert sur l'Europe (carrefour européen) et ouvert sur le monde.

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