lundi 15 septembre 2014

Retour vers le futur

Bienvenue en 1997.

En 1997, j'avais 17 ans. Au gouvernement, L. Jospin venait d'être nommé premier ministre et M. Aubry était la femme forte du gouvernement en tant que ministre du travail.
En Angleterre, T. Blair devait premier ministre et allait mener une politique économique libérale.

En 2014, j'ai 34 ans. Au gouvernement français, M. Valls s'inscrit dans les pas de Blair, avec 20 ans (et 2 crises économiques libérales) de retard. En politique française, M. Aubry ressort du bois pour prendre la tête des frondeurs.

Vision socialiste gauchisante des années 70 vs solutions néo-libérales des années 80. Voilà vers quoi, en quelques semaines, semble s'orienter le débat à gauche. Chacun dans son camp, caricatural, pour affronter l'autre.

En 20 ans, n'a-t-on rien imaginé de plus "perfectionné", de plus "réformateur" que les vieux débats du siècle dernier ? Le PS doit-il choisir entre des solutions gauchisantes de redistribution d'un argent que nous n'avons plus, ou bien les solutions néo-libérales qui nous ont conduit dans la crise économique actuelle ?
Qu'a-t-on fait pendant 10 ans dans l'opposition (2002 - 2012) si c'est pour reprendre le fil de 1997 ? La réalité n'a-t-elle pas évolué depuis ?

Les débats actuels me font presque honte. Entre des prises de paroles caricaturales d'un exécutif qui ne sait plus à quelle (sacro-sainte) croissance se vouer (attendre la croissance d'un côté alors que de l'autre on disait vouloir aller "chercher la croissance avec les dents", comme un sentiment d'inversion des valeurs entre droite et gauche), et les prises de paroles toutes aussi caricaturales de frondeurs qui se disent opposés à la politique menée mais s'abstiendront lors du vote de confiance de demain (que signifie au fond une abstention sur ce genre de vote ? Rien, on est pour ou contre. Mais voter contre c'est perdre sa place et ses indemnités), le débat ne vole pas bien haut.

C'est la complexité du monde actuel qui est niée dans ces débats. On utilise des vieilles recettes pour des problèmes qui se posent dans un contexte bien différent (mondialisation, Europe, internet, voyages, loisirs...). Je croyais qu'être réformateur, c'était justement partir d'une analyse sérieuse de la réalité pour mener une politique pragmatique qui nous conduise à un idéal différent. Dévier le cours de l'Histoire en nous projetant vers l'avenir à partir du présent. Certains ont oublié l'idéal. Les autres ont oublié l'analyse sérieuse de la réalité.

Je suis triste de ce spectacle. Triste parce qu'il ne parle pas à l'intelligence des citoyens, mais propose de part et d'autre des solutions caricaturales qui ont toutes montré leurs limites par le passé.
Que faire ?


Il existe pourtant d'autres voies, intermédiaires. Il faudrait juste que tous ces politiques ouvrent parfois des livres et s'inspirent des nouvelles idées, des nouvelles solutions. Le débat actuel m'afflige car d'une certaine manière il montre l'inculture de la classe politique française (gauche et droite confondues).

Alors, à tous ceux qui m'interrogent sur ce que je pense de tout cela, je réponds : j'attends qu'on passe aux réalités et aux idées de 2014 et qu'on change enfin de siècle dans la classe politique française. Je n'ai pas de conseil à donner à personne. Simplement je voudrais leur dire : ouvrez-nous un avenir. Faites-nous voir ce que sera la France de 2050. Faites-nous rêver un avenir possible et alors nous nous mettrons en route pour construire ensemble ce futur. En 1997 j'avais 17 ans. Aujourd'hui j'en ai le double...

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