mercredi 16 juillet 2014

Sauver l'agriculture locale pour mieux nourrir les Annéciens

Lors de la campagne des élections municipales de Mars dernier, j'ai défendu, avec mon équipe, un large programme visant à protéger l'agriculture locale.


Nous avions d'ailleurs rencontré les agriculteurs de l'agglo à ce sujet et co-construit plusieurs propositions. Des observateurs attentifs s'étonnaient de cet intérêt pour le monde agricole de la part d'un candidat à la mairie d'une ville urbaine. Pourtant, je crois que la clé, c'est justement le pacte gagnant-gagnant que nous devons sceller entre producteurs et consommateurs, entre ruraux et urbains. Issu du milieu paysan par mes grands-parents, je connais toute la richesse et la nécessité absolue de cette profession.


Notre plan de sauvegarde de l'agriculture locale (pour mieux nourri les Annéciens) était le suivant:


1) Protéger les terres agricoles, outil de travail des agriculteurs.


Pour cela, nous voulons que rapidement l'agglo se mette à construire un Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUI) qui protègera les terres agricoles en périphérie des villes afin de les soustraire à la pression immobilière des promoteurs. Un PLUI fixe les zones à construire, celles à vocation économique, les espaces naturels à protéger et les terres agricoles à garantir. Ce PLUI doit contenir, j'ai toujours défendu cette idée à l'agglo, des Zones Agricoles Protégées (ZAP) déterminées en concertation avec la profession. J'ai notamment redit cette conviction au moment du vote pour la création de la zone d'activités économiques de la plaine du Treige (Montagny-Seynod) en votant contre cette proposition.
Bien sûr, les documents de prospective urbanistique (Agglo 2030 et SCOT) doivent aussi mieux protéger les terres agricoles, ce qu'ils ne font pas assez. C'est pourquoi là encore j'ai voté contre et continue à contester SEUL les orientations urbanistiques prises par l'agglo.


En contrepartie de cette protection des terres agricoles et des milieux naturels, il faut continuer à loger la population toujours plus nombreuse. Nous devons donc densifier les villes existantes, c'est vrai, mais surtout construire du logement pour les gens d'ici, c'est-à-dire pour 75% des besoins, du logement social, pas de la spéculation immobilière. C'est pourquoi nous tenons à l'objectif de la loi des 25% de logements sociaux d'ici 2025. C'est faisable.
C'est aussi pourquoi je défends la suppression de l'aéroport de Meythet et sa reconversion en zone à aménager, et donc en réserve foncière (en partie, pas sur tout le terrain) de logements.


2) Garantir des débouchés locaux aux agriculteurs


Je suis intimement convaincu de la nécessité de relocaliser les productions agricoles au plus près des consommateurs. Mon crédo: la ceinture agricole annécienne doit nourri les Annéciens (et autres habitants de l'agglo) en priorité. Pour cela nous avons proposé trois réseaux de distribution:
- La création d'une Halle des producteurs locaux dans le bâtiment du manège aux Haras. Ce lieu central des Haras est la meilleure vitrine pour exposer nos savoirs-faire et notre excellence agricole et gastronomique. Le bâtiment du Manège se prête parfaitement à la création d'un tel marché couvert permanent ouvert à tous les Annéciens et garantissant par une charte des produits locaux de qualité en distribution directe. Il ne s'agit pas, comme l'ont véhiculé certains milieux bobo ou cultureux, de créer un supermarché aux Haras mais bien de rendre l'agriculture locale (et si possible écologiquement responsable) accessible à tous. Certes d'autres milieux culturels ont des besoins, je les entends. Mais je reste sur l'idée que l'agriculture locale est aussi l'image d'une culture et d'un art de vivre qu'il ne faut pas mépriser mais au contraire mettre en valeur.
- La création d'une cuisine centrale intercommunale qui contractualiserait avec les agriculteurs locaux pour leur offrir un débouché pérenne et une sécurité financière. Nos enfants et nos ainés, qui bénéficient des services de la cuisine centrale (près de 600 000 repas par an), ont droit à une nourriture de qualité, produite en grande partie localement. L'outil de la cuisine centrale intercommunale, avec ses capacités d'achat importante, permettrait de soutenir des exploitations locales et de créer de nouvelles filières (maraichage par exemple). C'est un outil de politique publique en faveur de l'agriculture locale puissant.
- Notre soutien aux AMAP et à toutes les formes d'agriculture qui permette un rapprochement entre les producteurs et les consommateurs.


3) Inciter au passage à une agriculture écologiquement intensive


L'agglo a en charge la politique économique de notre territoire. Malheureusement, parce que ses responsables ne connaissent pas grand chose à l'agriculture, la question agricole a toujours été écartée. L'agriculture ce ne serait pas de l'économie, mais des réserves foncières! Je plaide pour que l'agglo mette en place une réelle politique agricole sur son territoire. Il reste plus de 70 exploitations sur l'agglo qui doivent être accompagnées. Je sais que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas attendu la puissance publique pour modifier leurs manières de travailler et adopter des méthodes plus respectueuses de notre environnement. Beaucoup voudraient aller plus loin, ils me l'ont dit. Mais ils craignent les surcouts dans un monde où les exploitants ont régulièrement le couteau financier sous la gorge. C'est donc à l'agglo d'offrir les conditions de cette transition écologique pour aller vers davantage d'agriculture écologiquement responsable (bio ou écologiquement intensive). Ces conditions, parlons clair, ce sont notamment des facilités financières pour aider à l'investissement dans des méthodes nouvelles. Ce sont des programmes d'expérimentation (avec financements) pour de nouvelles manières de cultiver ou d'élever.


Notre agriculture est couronnée de nombreuses appellations, reflets de son excellence. Il ne faut pas s'endormir sur ces lauriers. L'agriculture du XXIe siècle devra s'adapter aux changements des consommateurs, de l'environnement. Les agriculteurs font tout ce qu'ils peuvent pour toujours avancer. Je ne suis pas de ceux qui les stigmatisent. Mais parfois ils ont besoin d'un coup de main. Ce coup de main, ce sont les débouchés garantis (halle des producteurs locaux et cuisine centrale intercommunale) et des plans d'aide à la mutation. On peut toujours renvoyer la balle à l'Etat ou à je ne sais qui. La vérité c'est que l'agglo a les compétences nécessaires pour mener à bien ce programme en faveur de l'agriculture locale, pour le bien de nos agriculteurs, des consommateurs citadins que nous sommes, et de notre environnement. L'agriculture est un des domaines d'excellence de la Haute Savoie, elle porte une image mondialement reconnue de notre territoire par ses produits et ses savoir-faire. A nous, politiques, de ne pas l'oublier.


Vous voyez, nous avions avec mon équipe une vision claire et précise sur ce point, qui regroupe largement celui de l'aménagement urbain de notre bassin de vie (si on rajoute nos propositions pour l'économie et les transports). Je continuerai à porter cette vision et à défendre ces propositions car elles me semblent aller dans le sens de l'avenir.

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