lundi 7 juillet 2014

Pour que la Bosnie ait un avenir européen

Je me suis rendu deux fois à Mostar (Bosnie Herzégovine), en 1999 et en 2000. J'étais alors en vacances en Croatie et j'avais profité du passage par le couloir maritime de la Bosnie pour quitter l'autoroute et remonter jusqu'à cette ville.


Je garde un souvenir très contrasté : d'un côté une ville magnifique, logée le long de sa rivière entourée de montagnes avec un quartier historique éblouissant de beauté. D'un autre côté, alors que nous étions quelques années à peine après la guerre (1992-1995), cette vision d'une ville coupée en deux. Sur une rive les quartiers majoritairement chrétiens, en partie en reconstruction, sur l'autre rive les quartiers plutôt musulmans où les impacts de tirs restaient largement visibles. Les églises faisaient encore face aux mosquées dans un sentiment de cohabitation plus ou moins serein.


Bien sûr, depuis, cette ville martyre a certainement beaucoup évolué.


Mais la Bosnie reste un pays pauvre, un peu oublié au cœur de l'Europe et de cette région des Balkans. Imaginez un pays qui en réalité regroupe trois "républiques" : la fédération de Bosnie-Herzégovine, la république serbe de Bosnie (à ne pas confondre avec la Serbie), et le district de Brcko (neutre, géré par l'ONU). Un pays, 3 présidents de la République, 3 constitutions !

Cette réalité est l'héritage des accords de Dayton, accords négociés par les occidentaux pour mettre fin à la guerre de Bosnie. Ces accords devaient doter ce pays d'institutions temporaires, le temps que les choses se calment. Aujourd'hui, c'est cette même organisation institutionnelle que l'Union Européenne juge non conforme pour permettre à la Bosnie de candidater à un processus d'intégration à l'Union! C'est incompréhensible.


Alors que la Croatie et la Grèce sont déjà membres de l'Union ; la Macédoine, le Monténégro, la Serbie (qui depuis traine des pieds pour rester fidèle à son allié russe) et l'Albanie (depuis le mois dernier) sont reconnus comme candidats officiels à l'adhésion ; la Bosnie qui a pourtant déposé une demande a vu celle-ci rejetée pour des raisons institutionnelles.


La pétition suivante demande à ce que l'Union Européenne fasse, pour la Bosnie, une petite exception : qu'elle autorise ce pays à entrer en négociation en vue d'une adhésion (ce qui ne veut pas dire devenir membre demain matin!) et que ces questions institutionnelles ne soient pas un prérequis mais fassent partie du processus d'adhésion. Ainsi l'Union pourra aider à trouver des solutions que les bosniens seuls, empêtrés dans des rivalités communautaristes, auront du mal à trouver.


http://onemillionforbosnia.eu/


Plusieurs raisons plaident pour que l'on soit plus tolérants avec la Bosnie. D'abord son positionnement géographique au cœur de l'Europe, mais aussi et surtout la dette morale que nous avons, nous européens, envers ce pays. Nous avons laissé faire un véritable génocide en Bosnie sans intervenir dans les années 1990. Ce pays compte sur nous. Sa jeunesse veut tourner la page et rêve d'un avenir européen, stable et pacifié.  Moi je signe parce que l'Europe c'est d'abord cela: savoir faire de son ennemi d'hier, son partenaire d'aujourd'hui, promouvoir la paix et ouvrir à tous un espace de paix et de stabilité !

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