samedi 21 juin 2014

Fusion de communes : la mégalomanie en route

Après le projet du préfet de vouloir fusionner les 4 communes urbaines de l'agglomération (Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier et Seynod), projet dont j'ai dit que j'étais favorable à son étude, voici que M. Accoyer (Monsieur + : plus de béton, plus de voitures, plus de fusion...) propose rien de moins que de fusionner les 13 communes de l'agglo.


Une proposition d'un élu isolé, sans contenu ni réalité, sinon l'envie d'être le premier, l'envie inexorable du scoop médiatique !


S'il est intéressant et pour tout dire intelligent de réfléchir à une potentielle fusion des communes urbaines, c'est parce que leurs problématiques sont relativement proches. Les limites de ces communes sont d'ailleurs, sur le terrain, souvent difficiles à voir. Et puis, plus pragmatiquement, les niveaux de services à la population et leurs corolaires, les niveaux d'impôts, sont relativement semblables.


Mais vouloir fusionner Montagny-les-Lanches (environ 650 - 700 habitants) avec Annecy (52 000 habitants) cela a-t-il un sens ? Le moindre pâté d'immeubles annécien est plus peuplé que ces villages... Ces petites communes ont des réalités bien différentes des nôtres. Elles sont rurales, ou périurbaines, agricoles alors que les nôtres sont urbaines.


Je ne parle même pas des taux d'imposition. Le taux de taxe d'habitation d'Epagny est de 9.27% contre 15.72% à Annecy; celui de la taxe foncière d'Epagny de 6.17% contre 16.75% à Annecy. M. Accoyer est-il en train d'expliquer aux habitants d'Epagny (par exemple) que leurs taxes vont bientôt doubler grâce à la fusion de leur commune avec les autres de l'agglo ?


Franchement, tout cela n'est pas très sérieux. Et puis sachons tirer les leçons de l'exemple européen. A vouloir élargir trop vite, avec des pays économiquement, socialement très différents, l'UE s'est perdue en lourdeur, en gâchis financier et en inefficacité. Certains parlent même de créer une Europe à deux vitesses permettant aux pays d'origine d'avancer plus vite... Cet exemple rapporté localement montre bien qu'il faut respecter les identités des communes périurbaines (Poisy, Pringy, Metz-Tessy, Epagny, Meythet, Argonay) et celle des communes plus rurales (Quintal, Chavanod, Montagny).


Au passage, rien ne les empêche de fusionner entre elles.


Mais proposer la fusion des 13 communes, c'est une course à l'échalote, c'est vouloir (comme dans une cour d'école) savoir qui a la plus grosse. "Big is beautiful" disent les américains (théorie de la rationalisation de Chandler posant le modèle fordiste dans les entreprises, travail à la chaine et déshumanisation ; les références libérales de M. Accoyer ?). C'est même vouloir tuer toute réalité de fusion car chacun sait que cela sera impossible de mettre d'accord 13 communes.


Mon ouverture pour discuter sur la fusion des 4 communes urbaines s'accompagnera de toute façon de deux exigences, deux lignes rouges :
- un projet de vie commune pour la population qui comprenne des services publics de qualité. Il ne s'agit pas de s'aligner sur le moins-disant mais sur le mieux-disant.
- un renforcement significatif de la démocratie locale qui donne la parole à la population. Il n'est pas question de créer un "machin" dirigé par quelques élus qui se prendraient pour des barons locaux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire